
L’image pas bandante du mois, c’est bien sûr l’affiche de la pièce « Ma femme s’appelle Maurice » reprise au théâtre des Nouveautés de Paris avec Georges Beller et Maurice Risch sous la direction de Jean-Luc Moreau. Quelques années après Chevalier et Laspalès dans les mêmes rôles, qui en avaient déjà fait quelque chose d’assez laid, Risch et Beller réussissent la prouesse non pas d’innover dans le répugnant – des vieux bonhommes en robes, perruques et maquillage, on a déjà vu ça mille fois -, mais d’en repousser les limites. Dans le registre du vieux travelo peinturluré qui fait rire l’homophobe aviné, on n’avait en effet encore rien vu d’aussi ignoble, pas même dans les vieux cabarets transformistes type « chez Michou » où la nostalgie tristoune qui se dégage de ce genre de lieux anachroniques permet toujours d’éprouver quelque compassion à l’endroit de ceux qui s’y produisent. Mais là, impossible d’accorder la moindre circonstance atténuante à ces vieux rats de théâtre de boulevard (au demeurant fort sympathiques) déguisés en rombières, l’image est intégralement répugnante et tout y participe, de la couleur des robes à l’outrance du maquillage en passant par les mines des duettistes. Face à une telle image, que l’on soit homme ou femme, difficile de ne pas éprouver, à moins d’être atteint de quelque paraphilie particulièrement exotique, un gel plus ou moins durable de toute pulsion libidinale.
