Il était une fois un jeune couple fraîchement créé, a priori hétérosexuels, a priori en ballade tout ce qu’il y a de plus courant, un dimanche après-midi d’avril, à Paris.
C’est sûr qu’on ne partait pas de nulle part.
Ce jour là nous avions décidé de rendre visite à sept étages d’érotisme sous toutes ses formes, populaire ou sacré, objets, photos, peintures, sculptures et autres, des quatre coins du monde aux maisons closes de Paris : au musée de l’érotisme, à Pigalle.
Et puis on en avait parlé, enfin, on s’en était raconté de bonnes à ce sujet en tous cas : de merveilleuses saloperies dans l’humidité et les remous de nos étreintes, qui nous projetaient toujours plus loin, entreprenants, essoufflés, vers du plus gros, nombreux ou poilus, et ça n’arrêtait plus. J’avais fini par comprendre que mon homme me voyait précisément faire n’importe quoi et pire que ça. Le petit salaud. J’aimais ça.
Restaient les questions que tout le monde se pose sur ces fantasmes partagés : on tente l’expérience ? que peut-on faire ? que ne doit-on pas faire ? On les avait effeuillées une à une, puis foutues à poil complètement, tournées et retournées afin d’y voir plus clair. Et puis c’en était resté là : salopes les questions hein, étant donné qu’on ne peut y apporter que peu d’éléments de réponse tangibles, finalement, tant qu’on n’a pas essayé.
Alors voilà, ce jour là, on est passés devant.
Oh regarde, on y va ?, mon dieu, attends, asseyons nous un instant, cigarette et verre de vin, qu’on examine la situation. Et une autre cigarette, et un autre verre, d’alcool cette fois. Et ainsi, de sérieuses questions en sourires coquins – plus perspicaces ces derniers, presque autant que l’alcool – l’excitation montait, et on a cessé tout à fait d’examiner. L’enthousiasme de l’inattendu, de l’inconnu, celui qu’on passe notre temps à oublier depuis gosses. Mais là on était bien adulte et ça nous transportait cette histoire-là, ça nous rendait un peu fous. On a d’abord entrepris de faire le guet à quelques mètres de l’entrée histoire d’observer ce qui se tramait autour du lieu, puis comme on n’y voyait pas grand chose et qu’on commençait à se sentir un peu ridicules aussi, on a traversé le boulevard et on a sonné. C’était pas compliqué en fait : sonner, se faire élire fréquentable par l’œil avisé du patron des lieux, payer une contribution à la vénérable structure organisatrice, se rendre au vestiaire, abandonner nos vêtements pour un paréo mauve, et puis c’était tout, on y était.
C’est assez curieux d’entrer dans un lieu où le sexe est a priori constitutif de la présence de chacun.
C’est écrit sur nos fronts en quelque sorte : nous là, qui descendons les escaliers en paréo, la serviette à la main, on veut du sexe. Qui sait, peut-être avec vous là, assis au comptoir ou sur les canapés, en pleine discussion ou en observation, parce que vous aussi, fichtre, vous voulez du sexe.
Et pourtant, dans un premier temps autour du bar, l’atmosphère différait peu d’un bar lambda où les gens sortent le soir pour se rencontrer. Seule une certaine occupation de l’espace nous a permis un premier et vague repérage entre couples et hommes seuls, principalement. Mais à part ça, quelques regards fuyants et peu de séduction ou de sensualité, presque comme si on n’était pas là pour ça. Et pourtant, des choses allaient bien se passer, tout le monde le savait. Mais pour le moment, c’était comme si elles se joueraient ailleurs, ou autrement. On veut tous du sexe a priori, mais on ne sait pas qui, quoi, comment, combien, y’a rien d’indiqué.
On s’est dirigés vers le hammam.
Pour s’y rendre, on est passé devant un espace avec canapé et grand écran où des gens, hommes et femmes, regardaient non pas un film de cul comme on pouvait s’y attendre, mais un match de foot.
Et puis le sexe a émergé.
C’est venu d’un seul coup, dans la luxuriante buée du hammam, on n’a pas bien su d’où ça sortait. Subitement, une brune au petit cul est descendue goûter la bite d’un homme assis là ; un autre s’est mis à la caresser, lui a relevé le bassin, puis l’a prise en levrette. Petit Attroupement, Début de Branlette Collective. Joli effet. Mais ça s’est curieusement terminé aussi vite que ça avait commencé, et ils sont partis.
Si furtive que l’aventure avait été, ça avait fait bander mon homme.
C’était la première fois que je le voyais réagir franchement à autre chose que ce que je lui faisais moi. Il m’a regardée, en se caressant la queue. Il était beau avec ses gouttelettes de sueur et d’envie partout sur le corps et dans les yeux. Il m’a entraînée vers les douches, caressé les seins et la croupe, retournée, posé mes mains sur le carrelage mouillé, puis pénétrée debout. On se croyait seuls et isolés par une petite porte plastifiée dans cette cabine, mais pas du tout : les yeux fermés, j’ai senti une main sur mon ventre, d’abord un peu timide, puis nettement moins alors qu’elle s’aventurait sur mes seins. Je n’ai pas ouvert les yeux, je ne voulais pas savoir qui et comment, surtout pas ; je sentais mon homme s’affairer familièrement derrière mon cul, m’empoignant des hanches aux épaules, et cette main étrangère me palper les seins. C’était délicieux.
Plus tard, au sauna cette fois.
Alors que je m’acclimatais doucement à l’atmosphère, allongée sur les caillebotis, j’ai senti une autre main, sur mes jambes cette fois, puis une autre et encore une, bref, je devinais deux hommes.
J’ai compris par la suite comment les choses se passaient : les hommes s’approchaient, tentaient un mouvement vers moi et si je ne me manifestais pas, cherchaient alors auprès de mon homme un signe d’approbation ou l’absence de signe de refus, et devenaient dès lors nettement moins hésitants. Je le percevais ça, le moment où ils y allaient plus franchement ; c’était bon, de sentir mon corps à la fois protégé et exposé par ces discrètes joutes masculines.
En tant que femme dans ces lieux, on se sent un peu reine.
On est regardée, convoitée. Ensuite, tout dépend de notre volonté. On calme ou débride le désir masculin. On l’apprivoise. Mon partenaire m’a confié ensuite avoir été un peu surpris par l’aisance de mes comportements lors de cette première sortie. Mais c’était assez simple, avec un homme comme lui. Il me connaissait, je lui faisais confiance. Et il semblait pleinement dans son élément, dans ce rôle de mâle dominant qui sort sa poule, se laisse aller tout en maîtrisant parfaitement la situation, prenant soin de moi et de mes désirs, dans un mélange d’autorité et de délicatesse. Je me laissais porter, je m’en remettais à lui, je n’avais plus qu’a ressentir. J’ai ce soir là approché une liberté et une spontanéité que je ne connaissais pas dans un autre lieu que l’intime : la liberté d’un être sexuel et rempli de désir. Sauna, hammam, bar, je me baladais en accentuant légèrement l’ondulation de mes hanches, croisant d’autres êtres de même nature, égaux et un peu complices, devant le Cul.
Le sauna, donc. Toujours allongée, les yeux clos, l’un d’eux a entamé un cunnilingus, d’abord un peu trop viril mais, après léger ajustement, plus que convenable et même surprenant ; tandis que l’autre continuait ses caresses un peu partout. Soupirs et petits gémissements : ça me plaisait bien. Mon homme s’effaçait un peu, mais sa main n’était jamais bien loin, plus souvent sur ma nuque ou dans mes cheveux.
Deux hommes, trois en tout, c’était pas rien.
Il fallait que je vois ça d’un peu plus près. Je me suis redressée, ai ouvert les yeux, embrassé mon homme à pleine bouche, posé ma main sur sa queue et croisé des regards. Puis, il l’a dit. J’ai Envie que Tu Les Suces. Pour une première, c’était mignon. Par la suite, il prendra de l’assurance et j’entendrai davantage des Suce-Les, point. Mais on n’en était pas là, pour l’instant il avait juste gentiment envie que je les suce, c’était moi qui voyait. Et comme c’était assez bien vu, je me suis consciencieusement affairée autour de ces deux sexes, de l’un à l’autre ou les deux ensemble, avec la bouche, la langue, les mains, de haut en bas et de bas en haut, petit travail sur la pression et la profondeur, mouvements circulaires ; je m’amusais. Je pouvais même m’occuper de mon homme en même temps. Deux mains et une bouche, c’est formidable.
Il faisait un poil chaud dans ce sauna, tout de même.
J’ai donc poliment réclamé une pause, et on est sorti rejoindre le bar pour se désaltérer. Je me souviens à cet instant avoir été étonnée : je venais d’approcher l’intimité de deux hommes, sans en avoir trace particulière sur la langue. Les bites et les couilles de là-bas n’avaient donc pas de goût. Dans ce genre de lieu, l’eau et l’humidité ambiantes étouffent les saveurs et odeurs. En outre, la mode est indéniablement au sans poil. D’après mon homme, ça peut même quelque peu bloquer l’excitation. A vrai dire, au delà de l’étonnement du contact avec ces corps aseptisés, j’y avais sans doute trouvé un certain confort, car je ne suis pas sûre d’avoir eu envie de les percevoir, ces effluves intimes.
De nouveau au bar.
Quand on revient dans la lumière après une première expérience de saloperie collective, on se sent un peu bizarre et on commande une coupe de champagne en souriant connement. Dans ce bar, rien n’avait changé depuis tout à l’heure. Douce lumière, même musique. On ne reconnaît pas les gens, on cherche des yeux la petite salope à la turlute du hammam et on ne la voit pas, on sirote son verre en observant autour de soi, on croise quelques regards fuyants, et il ne se passe pas grand chose. Assurément, si on souhaite prolonger l’excitation, c’est ailleurs.
Retour au jacuzzi : rien, sauna : rien, hammam, ah, hammam, si, un sursaut.
Pipe à la sauvette, fugace cunnilingus, Attroupement-Début-de-Branlette-Collective encore, un doigt ou deux, cinq-dix minutes en gros. Et puis, comme tout à l’heure, tout ça s’évapore dans les volutes d’eucalyptus. Intermède agréable, certes, mais un peu léger.
Mais que font-ils ? Où sont-ils ? Et là, ça y’est, on croit comprendre : on n’a pas saisi le truc, les jeux sont faits, ils sont tous en train de baiser comme des dingues et sans nous, aux fameux « coins câlins ».
Un couloir sombre.
De petites pièces étroites aux banquettes de cuir, avec petites fenêtres donnant sur le couloir, qu’on laisse ou non ouvertes, selon humeur plus ou moins exhibitionniste. Oh, des cris de femme. Un groupe d’hommes devant la lucarne, toutes queues dehors, plus ou moins extravertis. Je peux jeter un coup d’œil ? Un homme besogne un derrière d’un air plutôt sérieux, avec de grands coups de queue qui remuent les petits seins d’une femme de manière inouïe, et des cris, des cris. Un porno américain en gros. On va voir plus loin. Là, des petites fenêtres sont fermées, on entend des souffles et gémissements par endroit. Continuons. Merde, le bout du couloir. Pas d’autres coins câlins, si possible ouverts et accueillants ? Ah. Moi qui imaginais une grande fête de la baise, des corps nus et luisants emmêlés, l’air saturé de plaisirs libérés et de gémissements multiformes… un kaléidoscope de cul en somme, rien de tout ça. On est retourné sur nos pas. On n’a pas bien compris comment les choses se déroulaient.
Ce qu’on fait avec telle ou telle personne à certains moments de la soirée ne semble pas conditionner ce qu’on fera éventuellement avec elle un peu plus tard, en « conclusion » si on peut appeler ça comme ça. Il n’y a pas de règle apparemment. L’un des deux hommes que j’ai sucés dans le sauna, on ne l’a pas revu de la soirée, on n’a même pas discuté avec lui. On n’avait pas davantage discuté avec l’autre, avant de le croiser de nouveau dans les couloirs, au moment justement où on avait envie d’une « conclusion » avant de rentrer. Il nous a proposé de me masser. Ça fait courtois et respectueux le massage dans ce genre de lieux. C’est : bon, il se fait tard, je veux te baiser tu le sais, mais avant je vais aussi m’occuper de toi autrement.
C’est assez plaisant de se sentir ainsi, mi-dame, mi-pute.
Surtout avec l’homme en question, un bel homme noir assez doué pour la chose, assez sensuel. Après le cunni dont il m’avait gratifié tout à l’heure, respect. Ses grandes mains musclées ont parcouru mon dos et mes fesses avec beaucoup de science et je me suis laissée aller ; nous avons discuté, c’était une rencontre très agréable.
Puis est venu le moment où la conclusion s’est accélérée.
Mon homme m’a mis la tête au dessus de sa queue, a présenté ma croupe à notre ami, et c’était parti. En levrette, légèrement penchée. Au bout d’un moment, il y a eu un Défonce-La. J’ai dit : pas trop quand même… On a changé de position, classique missionnaire au bord de la banquette et notre ami a joui, assez vite, ça m’a un peu surprise. Ça avait duré quoi, une dizaine de minutes. On s’est mutuellement remercié de ce plaisir partagé et l’homme est parti.
Pour moi, c’était loin d’avoir été terrible à vrai dire. Ce qui l’était en revanche, c’est d’avoir vu ainsi mon homme, qui se caressait tranquillement devant sa putain généreusement confiée à un autre mâle, approchait de temps à autres sa queue de ma bouche ou me gratifiait d’une petite gifle sur les fesses.
Alors on a fermé la petite fenêtre.
Retrouvant notre intimité, il m’a corrigée comme il se doit, comme à la maison, et on a joui ensemble ; avec une petite vague de bonheur particulier, d’avoir partagé cette expérience. Et de savoir qu’on en tenterait bien d’autres.
Coup d’œil masculin sur cette escapade aquatico-érotique
Il y a peu de femmes dans ces endroits. Petite déception de mâle.
Fierté de frayer au milieu de la meute au bras d’une belle, de sentir que des yeux suivent nos pas. Mais bientôt, inquiétude devant ce que je crois être des rivaux, certains plus grands, plus forts et comme je l’apprendrais, bien mieux membrés ; ils sont de plus en plus nombreux et je comprends que les regards n’espionnent que ma compagne.
Je pourrais me recroqueviller mais celle qui me plait ne veut que me plaire ; ses caresses raniment mon excitation, ses baisers prennent le goût d’un salutaire champagne et ses mots ont l’intelligence qui libère. Nous ne continuerons qu’ensemble et nous continuons.
Hammam, première suée.
Une brune, cul de face, suce un homme. Toujours des yeux d’hommes partout. Je bande. Mais je n’ose encore chercher dans l’amour de ma belle la délicate démonstration publique d’une pipe. J’ai pourtant envie d’exhiber notre désir et sa soumission consentie de femelle. Nous nous contentons de la pudeur d’une cabine de douche, quand surgit par la porte une main velue d’homme mûr venue lui palper les seins. Je pourrais l’arrêter… Non, c’est l’occasion de passer la barrière : la main continue de fouiller, je poursuis ma cognée agrippé à sa croupe ; elle gémit, son premier cri : ma belle devient une putain, ma putain !
Sauna, deuxième suée.
Je ne réalise pas que des mains remontent ses jambes alors que je me laisse couler sous la chaleur. Deux hommes attendent d’obtenir de moi une approbation polie et curieuse. Mais quel étonnement de voir ma chérie écarter les jambes aussi aisément sous les coups de langue de ces inconnus. Petite blessure d’amour propre. Je ne suis pas dans le coup. Putain, je veux bien, mais garce, non !
Je me ressaisis. Elle mouille peut-être sous ces quatre mains mais elle ne veut pas se sentir seule. Elle m’attend. Et puis le vice vient en viciant. Je l’embrasse, je l’entoure, je l’emballe : « j’ai envie que tu les suces ». Sa tête part encapuchonner ces deux queues. Et la mienne de retrouver de l’audace.
C’est alors que je découvre la splendeur de la queue noire d’un de nos comparse. Qui n’a jamais vu sa femme sucer la tige épaisse et longue d’un athlète noir ne peut comprendre le sentiment mélangé d’excitation voyeuse et de dépit narcissique qui vous envahit. Je désire et je crains, ce qui fait flancher ma bite. L’air chaud insupportable met fin à ce jeu hasardeux.
Cette queue noire, je l’affronte pourtant de nouveau avant de quitter les lieux.
Nous nous retrouvons à trois dans ce petit réduit tapissé de rouge. Il a juste proposé un massage. Gentil garçon ! Mais j’avais déjà accepté de voir ma belle baiser cette bite énorme. Par lubricité probablement mais aussi par un étrange abandon : celui du mâle qui se résigne à ce que la plus belle queue du troupeau serve, comme par respect pour l’ordre de la nature.
Cet abandon me met en fait à l’aise et, moins soucieux de rivaliser, je participe à la fête. (Plus tard, le fait mesquin que cette « colonne d’ébène » se révélera finalement peu endurante m’a même permis de redresser la tête.) Peut-être que j’en veux même un peu trop maintenant, car au « défonce-là » lancé de bon cœur – auquel devait suivre une bordée d’autres salaceries destinées à parachever ma complicité avec l’autre mâle – ma compagne met un bémol. Tout cela se termine donc gentiment : notre ami jouit ; elle est ravie de sa première avec deux hommes ; moi, je suis content du chemin parcouru mais rêve déjà de saloperies plus escarpées.

excelent !
Vous en êtes un autre.
Excellent pseudo, excellent commentaire.
Grand prix de l’excellence 2010.
c est tentant.
vous avez l’adresse du es jours ousauna libertin?
il y peu etre des jours ou il y a plus de femmmes ou de couple plutot que des hommes