L’autre Sexe, mais qu’est-ce donc? Un repaire pour les créatures hybrides qui ne sont ni hommes ni femmes mais un peu des deux? Un pamphlet féministe hommage à Beauvoir? Un site pour évoquer les autres sexualités? En fait, c’est un mélange de tout cela.
Le but premier de L’Autre Sexe, c’est tout simplement de parler cul. Non pas comme il est d’usage de le faire derrière une bière entre copains ou copines, mais d’en parler de façon informative, pédagogique et éclairante, bref de faire du sexe un sujet qui justifie à lui seul qu’un média lui soit consacré. Un média qui occuperait enfin l’espace laissé béant par une offre uniformément répartie entre les sites porno conçus pour les hommes (et qui ne comportent de toutes façons qu’un matériel pornographique brut dissocié de toute mise en perspective) et les pages « sexo » des magazines féminins à usage exclusif des femmes, qui dispensent toutes les mêmes resucées de stéréotypes aliénants. A une ou deux exceptions près (dont l’indispensable Les 400 culs d’Agnès Giard, mais c’est un blog), nul n’a jamais tenté l’expérience d’un « magazine du sexe » qui ne serait pas un prétexte pour montrer des corps dénudés et vendre des sex-toys, mais bel et bien le postulat d’un projet journalistique qui s’assume en tant que tel. Nous nous lançons humblement dans l’aventure.
Ne nous en cachons pas: notre ambition est également militante. Parler cul, certes, mais d’abord en parler à tout le monde: les hommes, les femmes, les hétéros, les homos, les bi, les travestis et les transexuels, mais aussi les enfants, les ados, leurs parents et grands-parents, sans oublier les grosses et les gros, les pas beaux, les chauves, les nains, les handicapés et autres exclus du marché de la séduction. Parler à tous sans discriminer, chômeurs et patrons, strip-teaseuses et mères au foyer, athées et pratiquants, ni-putes ni-soumises, putes et soumises, dominatrices, fétichistes et paraphiles divers… tout le monde est le bienvenue dans nos pages, y compris les serviteurs passifs ou actifs des modèles dominants de la sexualité que nous entendons bousculer, pour ne pas dire combattre. Car qui dit militantisme dit combat, et le nôtre est bien résolu à se décliner sur tous les fronts: pornographie fascisante, sexualité consommatrice, uniformisation des codes de séduction, individualisme libertin, eugénisme, âgisme, hygiénisme, homo-phobie, bi-phobie, hétéro-phobie (les minorités ne sont pas exemptes de critiques)… la guerre à l’uniformisation sexuelle est ouverte.
Apôtres d’une sexualité joyeuse, nous en entendons toutefois la mener dans la bonne humeur et un esprit ludique de tous les instants. Loin de nous l’idée de donner des leçons, nous préférons pour faire passer nos messages le point de vue journalistique, neutre et correctement argumenté, à l’arrogance corporatiste. Du reste, nous ne roulons pour aucun groupe particulier et préférons nous inviter chez tous en voguant de l’un à l’autre, au gré des inspirations de la curiosité d’esprit et du plaisir des sens.
Ceci est le premier numéro sans doute imparfait d’un projet en perpétuel devenir. A l’heure de sa mise en ligne, de nouvelles rubriques sont déjà à l’étude, quelques collaborations en discussion pour enrichir notre humble équipe, force projets d’agrandissement envisagés. Nous comptons donc sur votre indulgence pour cette premier livraison, et espérons vous retrouver dès le mois prochain pour un numéro 2 plus fourni et consolidé. En attendant, n’hésitez pas à nous faire part de vos remarques, critiques et suggestion par email ou sur notre forum de discussion.
