Dans son premier roman « Des néons sous la mer » par ailleurs chroniqué ici, Frédéric Ciriez a caché un vibrant hommage aux belles toisions touffues que nous ne pouvions pas ne pas relater dans cette rubrique ! Le voici donc, les amateurs apprécieront:
» L’Olympienne chargée de l’entretien pileux du hibou ses consœurs est Morgane. Fille de la forêt, elle connaît bien le langage des végétaux qui sortent du sol comme les poils du pubis, inexorablement. Même si Morgane ne possède pas de CAP coiffure obtenu dans un centre de formation agréé, elle dispose de compétences éblouissantes pour sculpter les cheveux du sexe, sans trop transformer la motte et ses frontières en un objet de culture policé, sans trop effacer la régulière biologie des cheveux de la terre sur la ruelle de chacune. Les Olympiennes ont donc toujours des poils, ce qui les distingue des cohortes de travailleuses sexuelles qui n’en ont plus, souvent pour de mauvaises questions d’hygiène, ou d’esthétique visuelle, comme si une croupe épilée de l’orée des fesses à l’étoile anale, des lèvres au sommet du pubis, scintillait plus qu’un beau ramage de hibou sombre, à la nyctalopie et à la dépravation naturelles, autonomes, ose parfois dire Morgane l’enchanteresse. »
