Un sous-marin militaire échoué sur les côtes bretonnes et reconverti en maison de passe ? Voici la bonne idée de Frédéric Ciriez, qui publie son premier livre « Des néons sous la mer ». Mais attention, ceci n’est pas un roman. On pourrait le qualifier d’enquête fictionnelle ou de fiction documentée, d’étude sociologique ou d’examen clinique, de point de vue halluciné ou de sonde gastrique. Ce livre est tout ça à la fois.
Les mots sont, un à un, choisis, avec force et justesse ; le ton volontairement doctoral rompt sous des salves d’humour délirium trémensant, bercé par une entêtante poésie anale*. Seuls les deux derniers mots semblent superflus, voire mensonger. « A suivre ». Oui mais, suivre quoi ? Cette vertigineuse et subversive submersion dans le bathyscaphe du stupre ne recèle pas de véritable récit, ou bien, l’embryon d’une histoire d’amour entre le héros et l’une des putains, qui surgit des dernières pages, et requérrait vraiment une suite, pour ne pas nous laisser sur la faim.
* Poésie anale : genre de poésie où le mot anus et tous ses dérivés ont une fréquence d’apparition supérieure à la normale.
N.B : Entêtante poésie anale : truisme de mauvais goût
