Cher Jo,
J’ai appris aujourd’hui qu’il y a super longtemps, genre siècle dernier, pendant la guerre des bosch, vécut une autre Anna, qui a écrit un journal trop connu, mais elle était juive, et elle devait se cacher, rien à voir, moi je me cache pas mais je dois quand même te planquer sous mes tanga, pour parler de mes trucs intimes, car sinon mes parents feraient la gueule, s’ils apprenaient, surtout vu ce que je m’apprête à écrire, enfin tu vas voir. PATIENCE. Rien ne sert de Courir, mieux partir en Nike.
Chez moi c’est pas le 3e reich, mais presque. Tu verrais ma mère, toujours à fouiner pour voir si y’a pas des capotes qui traînent, elle fait style de rien mais je la vois venir, elle fait genre je range tes affaires, mais elle renifle partout comme un chien de la BAC, elle est trop chiante. L’autre jour elle a trouvé un préservatif dans la chambre de ce vieux pervers de Thomas, il a eu le droit au sermon du Pape.
Pour moi il s’est passé des choses cet été, faut que je te raconte. Des trucs inédits, « insolites » comme dirait Mme Pinia-Lopez, la prof d’histoire. J’aime bien ce mot parce que ça me fait penser à « insolente », et c’est tout moi. J’en ai parlé à personne, même pas à Sabrine, elle pourrait pas comprendre (elle peut tout comprendre, mais pas ça). Quelle est cette chose que même ma best friend ne peut pas comprendre ? Et bien je vais tout te dire, à toi, mon journal, mon Jojo, parce que toi, tu me jugeras pas.
Ca commence en fin d’année dernière, Katia et Lulu me demandent si je veux partir avec elles en Corse cet été, en colo « danse hip hop ». Ben tiens ! Je prends la tête au daron tellement grave qu’il finit par craquer du bulbe. Le 15 juillet, je suis à Calvi avec mes cops (j’ai piqué une douzaine de capotes à Thomas, il a rien calculé. Je savais pas encore que j’en ferais rien).
Arrivées la bas, c’est le dawa, on s’éclate comme des folles, mais y’a que des meufs. DEGOUTEE. Premier cours de danse, la prof est trop cool, vachement forte. Je la regarde, jsuis mal, mais motivée. Je galère un peu avec les pas, et là y’a une meuf qui me tape la discute, elle s’appelle Vanessa, le genre baggy et piercing au nombril tu vois, un peu masculine, mais super jolie.
Au bout de 10 jours, Vanessa traîne tout le temps avec nous. Je m’entends tellement bien avec elle que je me suis arrangée pour dormir dans la même chambre. Le soir, elle me raconte des histoires pendant des heures, elle me fait trop délirer.
Une nuit, on fume sur le rebord de la fenêtre, elle me parle de son père qui est mort d’une overdose de coke. On a piqué une bouteille de rouge dans le dortoir des gars, qu’ils ont pécho en ville. Je commence à être bourrée, elle se met à pleurer. Panique, je la prends dans mes bras. Là, elle me dit qu’elle doit m’avouer quelque chose : elle aime les filles.
Je dis rien, je suis sous le choc. J’ai un pressentiment qu’il va se passer un truc de ouf. Elle s’assoit sur le lit, elle me dit de venir, elle me demande si j’ai rien remarqué dans son comportement avec moi. Je dis que si. Je m’approche, je tremble comme si j’allais être déviergée. Elle s’approche tout près et… elle m’embrasse. Avec la langue ! Ca fait tout drôle, c’est tout doux, je sens ses seins contre moi.
Voilà, ça se termine là, parce que j’ai pas voulu aller plus loin. Jsais pas, je crois que c’est pas mon truc, enfin je sais pas mais là, j’ai pas envie de me poser la question.
Faut que je te laisse, ma daronne pique sa crise parce que c’est l’heure d’aller à table.
A plus, Jo.

That’s way more clever than I was ecpxeting. Thanks!