Un amour sans merci est la toute première parution dans la collection « Vertige Roses » des éditions Tabou, collection autoproclamée « de romans populaires », ce que la couverture très S.A.S. du livre ne démentit en effet pas. Mais attention, Un amour sans merci n’est pas un roman de gare pour autant, pas un roman à consommer mais plutôt à comprendre et intégrer, et donc à lire avec concentration et minutie. Du reste, Un amour sans merci n’est pas un roman mais un récit, celui de l’histoire d’amour SM tragique qu’a vécue l’auteur du livre, qui s’exprime à la première personne en ne travestissant que son nom civil au profit d’un pseudonyme d’écrivain. Une histoire vraie donc, vraie dans un sens qui outrepasse les limites de la véracité des faits qui ne constituent pas une fin un soi, mais plutôt une trame qui sert de point de départ à une longue et passionnante réflexion introspective et psychanalytique sur l’amour, l’engagement, la confiance, l’abnégation… mais aussi sur le SM, donné à voir sous un jour nouveau en révélant un maître aussi manipulé par son esclave qu’il la domine de ses sévices, un maître qui s’avère aussi fragile et vulnérable qu’il peut se montrer dur avec son aimée. Ce soucis de transparence et de vérité, associé à un style mâture et épuré, fait d’Un amour sans merci un livre important, un livre qui dit des choses sur l’époque, un livre apte à traverser les âges et offrir un témoignage précieux aux générations futures comme peuvent l’être ceux de Houellebecq, dont la forme du propos partage nombre de points communs avec celui de Gamberra. Peu d’auteurs peuvent se targuer de signer de tels livres, y compris chez les éditeurs les plus influents du sérail chez lesquels Gamberra aurait du être publié si le marché littéraire n’était pas entre les mains des couards. Car enfin, une femme qui se fait baiser par un chien, trop risqué… Grâce soit rendue aux intrépides éditions Tabou d’avoir donné vie à ce texte précieux.
