
Eh non, ce mois-ci, point de « Chronique de la sexualité extensive » proprement dite ! Je profite de ce bon vieux mois de décembre – frimas, célébrations, dépression : les trois mamelles de Dame Hiver – pour répondre à plusieurs questions qu’ont pu soulever mes précédentes livraisons dans « L’Autre Sexe ». Certains penseront que l’auteur de cette chronique s’est trouvé fort dépourvu face à la dead-line, cette impérieuse, qu’il était déjà à moitié entré en hibernation et totalement à court d’inspiration. Ils n’auront pas forcément tort. Ceci dit, alea jacta est à la va-comme-je-te-pousse, premier mail d’honorable lecteur sélectionné par l’aimable rédaction :
Une question de Jennifer D. (trokikkou264@ado-surf.fr) : lol le pusso ! c klair queue ta jamé couché avek 1meuf ! g pijé qedal a t vane et mé pin-ko non+ ! tro la looooose le mec !
Bon, les gars, allez, qui est-ce qui sélectionne les questions, là ? Un peu de sérieux, quoi, on n’est pas là que pour déconner. D’autant qu’au sens étymologique du terme, « déconner », c’est pas forcément ce que je vous souhaite trop couramment. Bisou sur le téton gauche, sans rancune et mail suivant.
Une question de Natacha S. (maitresse_domina_666@veryhot-mail.com) : (…) dites-moi, monsieur le trublion, seriez-vous exhib tendance narcissique ? Non content de signer de votre vrai nom votre aimable babillage (…) vous êtes le seul contributeur de ce site à trôner à visage découvert en plein milieu de la page d’accueil (…) ce que je pourrais comprendre si vous étiez joli garçon (…) mais là, franchement…
Chère Natacha, je dois avouer que ceci tient plus de la private joke au sein de la rédaction que d’une véritable volonté d’exposition de ma part. Au lancement du premier numéro, j’avais ironisé sur l’emploi par une partie de la rédaction de pseudonymes qui ne s’imposaient pas vraiment. Autant, quand il s’agit de protéger sa vie privée, je peux comprendre, autant, parfois, le choix de la dérobade nominale ne semblait pas s’imposer. J’ai donc, pour rire, lancer l’idée de non seulement signer de mon nom (quitte à raconter sur l’internet que ma vie sexuelle ressemble plus au lac Léman qu’à l’océan Atlantique un jour de tempête, attend assumer jusqu’au bout, sinon c’est moins drôle), mais également d’accompagner ma chronique d’une photo prise à l’arrache sur la web-cam domestique le jour même de la rédaction de la bafouille mensuelle. Juste histoire de marquer le coup et de me rappeler de la tête que j’avais le jour où j’ai dû me creuser la caboche pour trouver quelque chose de rigolo et de pas complètement stupide à raconter sur la question sexuelle. Ne croyez pas que c’est à chaque fois de gaité de cœur : de fait, la vue de ma gueule aurait plutôt tendance à me faire débander direct, mais il faut bien avouer que, par nature, je ne suis pas très porté sur les grands joufflus mal rasés et mal coiffés, alors je ne suis pas bon juge. Alors que pour d’autres chroniqueurs ou –niqueuses, par contre je ne dis pas. Par exemple, BOB, auteure des hilarants « meetocards du mois » (mi-hommes, meetocards, les dragueurs de l’ère numérique) que je vous invite tous à aller lire de ce pas, est très jolie en plus d’être redoutablement drôle. Monsieur R., quant à lui, est… aussi très drôle. En plus, tout de monde sait qu’il s’appelle Stéphane Richefeu et qu’il est, dans le civil, cadre supérieur chez HSBC. Alors, hein : bas les masques et les sous-vêtements ! Nous n’avons rien à cacher ! Bientôt les auteurs de l’Autre Sexe défileront en tenue d’Eve et d’Adam de la République à la Bastille. Comment ça : et puis quoi encore ?
Une question de Manuel G. (poin-g-danstaface@université-prolétarienne-autonome.fr) : Avant toute chose, laissez-moi vous assurer que, dans notre petit phalanstère, nous rions beaucoup de vos vigoureuses saillies comico-sexuelles. C’est très rafraîchissant tout ça, tant au niveau de la critique des idéalisations totalitaires de la pensée bourgeoise qu’à celui du renouvellement du concept d’érotisation raisonnée. Cependant, une question me taraude : l’expérience du sexe de groupe est-elle une étape indispensable à la juste libération des consciences, préalable indiscutable à toute révolution sociétale durable ?
Quand vous dites « sexe de groupe », vous pensez plutôt aux Beatles ou aux Rolling Stones ?
Une question de Pauline M., de Paris : Cher inconnu et pourtant si proche (…) depuis que je vous lis (…) je brûle de désir, le désir fou de vous sentir en moi et de me sentir enfin pleinement femme dans vos bras (…). Un mot de vous et je vous suivrais jusqu’au bout du monde, où le temps s’arrête autour des amoureux enlacés dans une valse sensuelle et sans fin (…). Prenez-moi, oh oui, prenez-moi, voyez comme je m’offre toute entière à vos baisers de braise. (…)
Euh, vous êtes sûr qu’il n’y a pas erreur sur le destinataire ? Non ? Bon. Alors il va falloir me soigner ce méchant style, hein, car je ne copule pas avec des bougresses qui se croient dans un roman d’Alexandre Jardin qui imiterait Marc Lévy qui imiterait Madelaine Chapsal. Non mais. C’est qu’on a sa petite fierté. Ceci dit, si vous voulez me voir en chair (grasse) et en os (épais), l’occasion se présente bientôt : le 8 décembre prochain, je participerai avec enthousiasme, allégresse et émotion (respectivement guitariste, batteur et bassiste du groupe) à la remise des Gérard 2008 de la télévision, en vraie vie à 22h au Théâtre Michel à Paris, et à la télé en direct sur Paris Première. Plus de renseignements par là : www.lesgerard.tv
Sinon, ce n’est pas tout ça, mais il faut que j’aille vous préparer un peu plus sérieusement la chronique du mois prochain, pour laquelle je mettrais en danger ma proverbiale moralité en devisant avec vous de pornographie, mais par le petit bout de… euh, de la lorgnette. Mr. R. m’ayant prêté une partie de son imposante collection de VHS allemandes et néerlandaises, je me dois d’aller de ce pas triturer ma libido, réveiller le grand dormeur, introduire ma grosse cassette dans ton petit magnétoscope, travailler au corps nubile l’adolescente batave et baveuse, ouvrir ma conscience à la pénétration intime du grand tout transcendant même que c’est mieux sans les dents, me peler le bâton de berger en attendant la décrue, régler les mensualités en retard de mon abonnement au « Petit Freudien Illustré (en couleurs, avec des schémas et même des flèches là où il faut) ».
Ou pas.
Et c’est ça qui est bien.
Benjamin Fau
