
Avec l’acomoclitisme, cette consultation devient glissante si j’ose dire.
De fait, elle glisse à la fois vers les limites et l’abus du terme même de « paraphilie ». En effet, avec l’acomoclitisme, il est particulièrement difficile de distinguer la pratique de sa perversion, et inversement. La définition stricte de l’acomoclitisme, c’est le fétichisme des pubis glabres. Le hic, que la pratique – l’épilation, le rasage ou à la rigueur un élevage de chèvres – n’est pas exceptionnelle. Aujourd’hui, elle se généralise à nouveau, comme à d’autres périodes de l’histoire (Egypte antique, monde gréco-romain, Moyen-Âge occidental pour partie, etc…). Du coup, distinguer le fétichiste de l’amateur ou du type qui s’en fout est à peu près impossible. Le seul acomoclitisme qu’on pourrait interroger, c’est celui d’une société, d’une pornographie ou de certains médias à la rigueur – à considérer qu’il s’agit effectivement d’une mode obsessionnelle, d’un fétichisme collectif et non d’une pratique culturelle comme autrefois.
Bref, pour cette consultation, votre gentil docteur a du mal à reconnaître son thermomètre. Il ne sait plus de la température de quel orifice il s’agit. A tout prendre, je plongerai donc dans les (bas-) fondements de l’individu comme du collectif – tête baissée. Cela ne va pas ressembler à grand-chose, mais cela donne à penser.
D’un point de vue historique, donc, un pubis glabre n’est pas du tout exceptionnel. Nombre de cultures le considèrent d’un bon œil d’un point de vue symbolique (en signe de pureté) ou médical. On raconte ainsi que Ramsès II imposait une épilation intégrale à son harem. Dans le monde musulman, dans la culture juive, à certaines périodes du Moyen-Âge chrétien, dans le monde gréco-romain, l’épilation est encouragée. Il faut d’ailleurs remonter à la préhistoire pour trouver les premières pinces à épiler. Autrement dit, la chasse au poil est contemporaine de la chasse au mammouth (ce qui d’un point de vue pileux n’est pas absurde, convenons-en). Mais dans ces cas-là, on ne parlera pas d’acomoclitisme. Car ce n’est pas le fait d’individus qui veulent voir les grandes lèvres de leurs partenaires à tout prix, c’est un mouvement collectif pris dans les méandres de la conscience collective. L’individuel, le collectif, la norme, l’écart : ou comment on passe du fétichisme à la culture.
Aujourd’hui, depuis le milieu des années 90, nous assistons à un bouleversement des représentations qui perturbe justement cette distinction claire entre la culture et le fétichisme. Ce n’est pas la résurgence ponctuelle d’une norme culturelle, c’est une normalisation par l’image d’une sexualité féminine qui impose (indirectement) les pubis glabres. Comme diraient certains de mes patients au comptoir de leur bistrot préféré, c’est encore un coup des fabricants de rasoirs. En fait non, mais laissons-les dire.
C’est la pornographie, les magazines féminines, Internet et les leaders d’opinions sexuels (si, si, cela existe) qui se retrouvent au cœur du poil et du pubis. Par une conjonction probablement hasardeuse de nécessités et d’enjeux à la fois industriels et culturels, au gré des circonstances (politiques, féministes), ces forces à l’œuvre dans l’inconscient collectif ont fait une promotion terrible et miraculeuse du non poil généralisé – qui s’apparenterait presque, effectivement, à un acomoclitisme de masse. De plus en plus nombreux et surtout de plus en plus jeunes, les filles – et maintenant les garçons – se rasent et s’épilent. Les chiffres les plus récents dont on dispose (surtout venant d’Amérique du Nord) indiquent que 3 filles sur 4 et 1 garçons sur 2 entre 20 et 30 ans se rasent ou s’épilent les parties génitales. Dans l’industrie pornographique, c’est devenu une norme. Les représentations du poil sont devenues exceptionnelles. En vidéo, on parle de genre : poilu, hirsute, etc. Et généralement, on en rajoute, on densifie parce qu’on débroussaille, on renchérit parce qu’on rafraîchit. Pour aller vite, la pornographie propose 95% de femmes glabres et 5% de femmes anormalement poilues. La pilosité naturelle est désormais absente du débat et des ébats.
Rien de grave, cependant, à cet endroit de notre exposé. On rase gratis – et après ? C’est après que cela dérape, justement.
Parce que dans le même temps, on impose à coup de magazines et de médias une image de la performance sexuelle. C’est une évidence bien connue sur laquelle je ne reviens pas. Mais dans cette performance, un pubis glabre vaut mieux qu’un pubis poilu (voir un prochain article sur les sports de glisse).
Dans le même temps aussi, on sexualise (dans le discours, dans le vêtement, dans les pratiques) de plus en plus tôt les très jeunes filles. Aujourd’hui, d’après mes amis qui font fortune dans l’épilation au laser, ce sont des fillettes de 12 ou 13 ans qui viennent avec leur mère pour faire disparaître un léger duvet – mais insupportable, semble-t-il.
Du coup, si l’on fait le compte, si l’on additionne tout cela, on en arrive à cette conclusion : les filles et les femmes se confondent. Ou dit autrement, les très jeunes filles se féminisent jusqu’au grotesque et les femmes s’infantilisent jusqu’à l’absurde. Au regard des combats féministes, c’est certes un peu gênant, disons-le. Et au centre de tout cela, variante nécessaire mais non suffisante, il y a ce poil que l’on enlève. Ce n’est pas cet acomoclitisme de masse qui est la cause de tout, non, mais c’en est un moyen. Il est indispensable, de fait.
Le mouvement global est à la normalisation sexuelle et la comptabilité. Il faut baiser beaucoup et baiser bien. Ceux qui baisent mal et peu, c’est foutu, désolé. Vous n’avez pas le droit. Vous devez être épanouis sexuellement, les cocos, c’est une question de morale et d’impératif catégorique. Non mais. Et pour baiser bien et beaucoup, mesdames, il y a des choses qui aident… Quoi ? Vous ne trouvez pas ? Le non poil, mais oui !
D’une sexualité probablement indigente, l’humanité passe à une sexualité imbécile. Dans un même mouvement, on ouvre et on ferme. Des étreintes, toujours plus d’étreintes – mais il y a des règles pour tout cela. Les caisses sont vides. Il faut être réaliste. On ne pourra pas faire n’importe quoi, quand même. Depuis quand les poilues ont-elles une chance ? Elles ne sont pas désirables, vous le savez bien. Les femmes normales n’ont pas de poils. Les hommes normaux n’aiment pas cela. Bande de pervers, va.
Pour résumer (et pour conclure sur les pervers, justement), aujourd’hui, je n’ai pas traité d’un certain type de perversions mais de représentations perverties. Cela change. Je suis sorti de mon rôle et de ma juridiction. J’ai passé la frontière. J’ai pensé le poil.
Sur ce, cela fera 80 euros. Merci bien. Parce que penser le poil, ce n’est pas donné. Vous le savez bien.

Bonjour, je m’appelle Pierre, je suis Belge quadra et féministe. Votre article sur l’acomoclitisme est très intéressant, il est rare que des gens osent écrire que cette pratique est du fétichisme alors que c’est une évidence.
En tant que féministe, je suis très attentif aux injonctions faites aux femmes, concernant leur physique en particulier. Il se fait que ma femme ne s’épile pas les aisselles pour diverses raisons et depuis plus de 10 ans, elle se fait insulter par des gens, à la plage ou à la piscine : on la traite de singe, de yeti. Je suis avec elle chaque fois et je peux vous dire que ça fout les boules. Moi aussi j’ai des poils mais personne ne me dit rien, c’est donc une discrimination sexiste. Je me suis demandé depuis ce moment-là pourquoi les gens étaient si méchants et c’est comme ça que j’ai mis le pied dans le féminisme. Ce que j’ai découvert sur l’épilation est hallucinant : à l’origine (il y a des siècles), le but était d’infantiliser les femmes, pour qu’elles ressemblent à une fillette, donc qu’elles se soumettent. Aristophane le disait déjà 400 ans avant JC dans « Lysistrata » et « L’assemblée des femmes », elles devaient s’épiler pour ne pas ressembler à des hommes (???) ou alors, on punissait une femme ayant fauté en lui brûlant les poil pubiens à la cendre ! Plus tard, ce sont les prostituées qui punissaient l’une d’entre elles en lui rasant les poils pour la mettre hors jeu un certain temps.
Quand on regarde le rasage de la pilosité sexuelle des femmes (PF) avec recul mais avec des yeux féministes, il est évident qu’il s’agit non pas d’un choix personnel mais d’une injonction machiste. En effet, les femmes n’avaient pas le contrôle de leur vie, donc de leur corps. Pour les anciens Grecs, les femmes étaient d’ailleurs dépourvues de cerveau ou plutôt, leur utérus était leur cerveau. A qqn qui n’a pas de cerveau, on ne laisse pas le choix de décider, on décide à sa place.
De plus, l’épilation dans nos contrées était pratiquée par des gens riches, plus pour passer le temps vu que bcp n’avaient rien à faire de leurs journées tandis que le peuple se demandait s’il allait avoir à manger chaque jour et était très éloigné des questions « esthétiques ».
Donc, parler du passé de l’épilation sans évoquer le contexte misogyne qui a perduré des siècles et en laissant entendre que toutes les femmes le pratiquaient ne permet pas de comprendre la situation dans le passé et donc, ce qui se passe aujourd’hui.
La phrase « c’est un mouvement collectif pris dans les méandres de la conscience collective. » est pour moi erronée car le mouvement collectif, c’est le patriarcat qui a régenté la vie des femmes pendant des siècles.
J’ai aussi découvert que la PF était taboue car les poils étaient interdits dans toute représentation du corps des femmes à cause de leur caractère érotique, d’où leur absence des tableaux des grands maîtres (jusqu’à la fin du 19ème) ou des statues grecques.
Puis, les censeurs d’Hollywood interdisent qu’on montre la PF, dès le début du cinéma en 1896, média considéré comme subversif et donc, à réglementer. C’est la MPPDA, une fameuse bande de réacs dont Bush est le digne descendant. Dans un document de 2 pages appelé « Hollywood code » ou « code de la pudeur », se succèdent les mises en garde sur ce qu’on a le droit de montrer ou pas. On y trouve ceci
«Les organes génitaux de la femme ne doivent pas se traduire, sous une étoffe, ni en ombre, ni en sillon. Toute allusion au système pileux, y compris les aisselles, est proscrite.»
Pas d’ambiguïté, il est clairement indiqué qu’une femme n’a pas le droit de montrer des poils. Ce code Hollywood qui n’était qu’un monument de puritanisme est aujourd’hui caduc mais la seule chose qui en subsiste, c’est justement la pilosité féminine proscrite. Montrer des poils revenait à exhiber un attribut sexuel secondaire, chose inacceptable il y a 100 ans, pour les femmes bien sûr puisque l’interdiction ne concerne pas les hommes. C’est du machisme en plein. Pour ne pas voir leur film interdit, les réalisateurs se pliaient donc aux diktats puritains. Aujourd’hui, les réalisateurs se soumettent encore à cet article du code, sans même s’en rendre compte.
Dans tous les médias (télé, cinéma, magazines), la PF brille par son absence. Même dans la presse dite féminine, la seule question qu’on pose quand on parle d’épilation c’est « quelle méthode utiliser » et non « faut-il vraiment s’épiler ? ». Même dans les pubs pour les produits dépilatoires, la femme est déjà épilée ! Pour en avoir parlé avec de nombreuses femmes, je sais qu’une bonne moitié d’entre elles ne s’épilent que par pression sociale, afin de ne pas être jugées par leur compagnon/collègues/famille mais elles aimeraient bien se passer de cette corvée. Aucun autre aspect du corps des femmes ne subit une telle pression, on croise par exemple bcp de femmes rondes ou pas maquillées alors que la minceur et le maquillage sont des « normes de beauté ».
Aux gens qui doutent de l’ampleur du tabou, je pose une simple question : « quand avez-vous vu pour la dernière fois dans la sphère publique une femme aux aisselles pas épilées ? ». La plupart sont incapables de répondre.
J’appelle ça le « po-i-litiquement correct ». C’est une censure qui ne dit pas son nom, contrairement au passé. Car dans les écoles d’Art de l’Antiquité à la Renaissance, on interdisait aux élèves de représenter la PF, car trop érotique, donc taboue, c’est du puritanisme.
La PF est un symbole de maturité sexuelle, donc de féminité, contrairement à ce qu’on entend partout. Ce n’est pas la peau lisse qui est féminine, ce sont les aisselles et le pubis poilus qui sont féminins.
A propos du tableau de Courbet « l’origine du monde », le puritanisme est encore très présent aujourd’hui : des gens sont offusqués en le voyant au musée d’Orsay et vont rouspéter à la réception en disant qu’il peut choquer des enfants. Mais il y a d’autres tableaux avec des femmes au pubis épilé à cause de la censure et ça, personne ne s’en offusque. Ces gens refusent donc ce qui est naturel et préfèrent voir un tableau censuré, c’est le monde à l’envers.
Aujourd’hui, personne n’interdit officiellement la PF mais de fait, elles est absente et vous parlez du pubis glabre comme norme dans la porno mais quid de l’érotisme ? Dans les magazines genre Playboy, dans les émissions de « charme », le pubis est aussi glabre. Et même dans les catalogues genre 3 Suisses, quand on voit un slip transparent, le modèle est épilé alors que ce n’était pas le cas, il y a 15 ans.
Vous évoquez aussi la mode et la culture pour qualifier l’épilation, voilà qui est curieux. Ce n’est pas une mode pour les femmes (aucune mode n’est suivie par 100% des femmes, voir jambes et aisselles en été) et la culture est invoquée par certains quand on parle d’excision, de port du voile, de répudiation. Si c’est ça de la « culture », je préfère l’inculture.
L’épilation imposée est une infantilisation, comme l’explique le Docteur Zwang ici : http://ame.enfant.org.free.fr/zwang.html
«L’épilation corporelle totale.
Elle est infligée rituellement aux jeunes mariées, avant la nuit de noces coranique. Mais aussi en Inde, avant le mariage avec un aristocrate. La femme est devenue à nouveau une enfant, au pouvoir de son seigneur et maître. Il en attend la même docilité.
…
Il n’en va pas de même en contrée phallocratique, là où les femmes sont infériorisées, assujetties. Le rasage féminin donne à la vulve et au pubis l’aspect glabre des organes infantiles. C’est un signe de soumission, pour ne pas apparaître en tant qu’adulte et autonome. La femme est ainsi infantilisée.»
Vous parlez de hasard dans la promotion du non poil mais au vu de ce que je viens d’expliquer, on comprend que c’est « bêtement » un atavisme qui ressurgit mais cette fois, repris par les marchands du temple de l’industrie cosmétique, cela n’a donc rien d’un hasard.
Je ne sais pas d’où viennent vos 5% de femmes poilues dans les films X, je n’ai pas Internet chez moi, je ne peux donc faire des recherches mais ça me paraît exagéré, on doit être en dessous de 1% en réalité.
A la fin, vous parlez des « poilues ». Quel terme dégradant. Toutes les femmes ont des poils. C’est comme si on écrivait « les chevelues », « les mamelues ». Je constate aussi que je suis un homme anormal puisque les normaux n’aiment pas les poils. Je pense que c’est une erreur car quand on en parle en tête-à-tête, bcp d’hommes disent être indifférents (certes pas chez les 18-25 ans) ou disent même apprécier la PF. Mais c’est vrai que si on interroge les hommes et qu’il y a plusieurs personnes présentes, c’est rarissime d’en voir un assumer son goût pour les femmes naturelles.
Quand vous parlez des adolescentes à peine pubères traumatisées par qq poils, je l’ai déjà aussi lu et entendu depuis un moment. Pour moi, ce dégoût est lié à l’omniprésence du glabre dans les médias, il est impossible pour une jeune fille aujourd’hui de comparer puisqu’elle ne voit que des pubis épilés, sans oublier l’influence consciente ou non de la mère/soeur/copine.
Ça fait penser à ces femmes et jeunes filles anorexiques qui disent ne pas du tout être influencées par les médias, qu’elles maigrissent car elles « aiment ça ». C’est sans doute le même déni que celles qui disent s’épiler par choix. La différence, c’est qu’on ne croit pas un instant l’anorexique mais qu’on croit l’épilée.
Je suis préoccupé par les cas de pédophilie de plus en plus fréquents et j’ai ma petite idée sur cette recrudescence. Depuis les années 90, dans les films X et érotiques, les femmes sont sans PF. Depuis le début des années 2000, la pornographie a fait irruption dans les foyers via l’Internet rapide et la télé payante. Or, bcp d’hommes consomment des films X quotidiennement.
Fourniret a déclaré « je veux une fente vierge et glabre ». Quand on demande aux pédophiles pourquoi ils s’intéressent aux fillettes, la plupart disent être dégoûtés du corps des femmes, entre autres à cause des poils ! Bien souvent, ils ont une partenaire sexuelle adulte (voir Dutroux, Fourniret) mais préfèrent un corps impubère. D’où la question qu’on peut se poser sur l’attrait de certains hommes pour des femmes au corps lisse.
Il serait injuste d’accuser de pédophilie les hommes préférant un pubis épilé. Mais malheureusement, bcp d’hommes *exigent* que leur compagne s’épile intégralement et dans ce cas précis, je m’interroge sur l’équilibre mental de gens exigeant que leur partenaire soit lisse comme un enfant.
Je suis persuadé que des hommes fragiles, à force de voir partout des femmes adultes épilées, ont franchi le pas en s’en prenant à des fillettes impubères. Ce n’est donc pas seulement un problème pour les femmes mais aussi, pour les enfants. Certes, la pédophilie a toujours existé mais on sait le pouvoir des images sur l’inconscient des gens. Faudra-t-il qu’un pédophile dise être passé à l’acte parce qu’il voit partout des femmes au pubis épilé pour qu’on prenne conscience du danger de cette médiatisation pour les petites filles ? Il est temps de responsabiliser les gens qui nous imposent des images d’infantilisation.
Il y avait déjà des pubis épilés dans certains films X des années 80 : les SM où l’épilation fait partie du rituel de soumission. Se faire raser le pubis y était la dégradation ultime, rendant les femmes infantiles, comme on le faisait les siècles passés pour punir certaines femmes. Cette humiliation a plu à certains détraqués parmi les producteurs de X qui ont alors eu l’idée de l’étendre à presque tous les films X.
Je compare l’épilation féminine avec le voile chez les intégristes musulmans. Le voile a pour but de cacher une partie du corps vue comme érotique par les Musulmans machos qui refusent que d’autres hommes puissent être « excités » à la vue des cheveux d’une femme. Donc, enlever les poils (les cacher, en somme) ou cacher les cheveux, c’est du pareil au même, on enlève un attribut potentiellement érotique. Les mollahs main dans la main avec les pornographes pour empêcher les femmes de montrer des attributs érotiques, qui l’eut cru ?
Quand on sait en plus que s’épiler, ça fait mal, que si on rase, il faut le faire régulièrement et que les inconvénients liés à la repousse sont légion, on n’est pas face à une petite activité banale (comme se maquiller, se peigner, ce qui ne provoque pas de douleurs).
En sachant que les cheveux sont des poils (selon les dermatos), pourquoi cet acharnement à enlever ses poils et cette obsession à garder et magnifier ses cheveux dont la perte provoque souvent des traumatismes ? Certaines femmes disent « je déteste mes poils ». Je leur demande alors si elles détestent leurs cheveux, étonnement bien entendu car pour elles, ça n’a rien à voir. Ce qu’elles veulent dire – inconsciemment ? – c’est «je déteste les poils sexuels qui font de moi une femme». Cette phrase résume 2500 ans de tabou puritain sur la PF au point qu’elles se sentent coupables et trouvent même anormal d’avoir des poils ! On est dans une inversion totale de la réalité physiologique, tellement le bourrage de crâne est ancestral et constant.
Les femmes ont peur de voir tomber leurs cheveux et pour cause. La symbolique du crâne rasé est très forte, ça rappelle les femmes tondues à la Libération et donc, tout le monde sait que c’était une punition ou le signe d’une grave maladie. Mais la différence, c’est que le pubis est intime et les cheveux sont « publics », tout le monde a en tête ces images de femmes humiliées en 45. Plus loin dans le temps, c’est le pubis qu’on rasait pour punir les femmes mais on n’en a pas d’images qui frapperaient les esprits. En fait, les gens devraient avoir la même réaction face à un pubis rasé que face à un crâne rasé, étant donné que ces 2 pratiques étaient des punitions.
Pour terminer, je n’ai rien contre les femmes qui s’épilent ni ceux/celles qui préfèrent l’épilation et je ne prône pas l’abandon de l’épilation. Je n’ai rien à gagner à ce que les femmes cessent de s’épiler, je demande seulement que celles qui choisissent de ne pas se soumettre ne soient plus vues comme des monstres. J’ai conscience que bcp de femmes dans le monde vivent des choses bien plus graves mais malgré tout, il y a qqch de très symbolique dans cette rage dépilatoire en Occident, c’est pour moi une atteinte à la féminité. Je suis persuadé que c’est une excellente base pour comprendre le patriarcat et détricoter la misogynie qui se cache parfois où on ne la soupçonne pas.
Un lien où on parle de ce thème : http://www.sexologie-magazine.com/sociologie/TyrannieDuLisse.html
PS : il serait intéressant de confronter un producteur de films X à votre article et à mes arguments. Je serais curieux d’entendre ses justifications sur le fait qu’on ne voie que des femmes rasées, surtout quand on sait que globalement, les hommes préfèrent les femmes « au naturel ».
Pierre.
Pierre ton commentaire est intéressant, je ne savais pas que l’épilation intime était autrefois une punition…
Dr Von Lacks, votre prochain voyage sera donc a Kaboul, pour trouver des témoignages…
J’aime beaucoup l’image des mollahs main dans la main avec les pornographes, je pense qu’on devrait organiser un débat entre eux sur le sujet…
J’ajouterais, sur l’épilation pubienne:
Il est vrai que l’épilation est contraignante: à la cire, c’est très douloureux ; et si on le fait autrement (crème, rasoir), il faut le faire tous les deux jours pour ne pas que cela devienne disgracieux.
Mais il faut aussi prendre en compte un attrait de l’épilation pubienne: il y a un vrai plaisir à être épilée. On est plus sensible, plus réactive au toucher. C’est agréable en se lavant, en faisant l’amour. Les hommes qui ne l’ont jamais fait devraient essayer, pour voir (en outre, le devoir de mémoire de ces femmes que votre gente a humiliées pendant si longtemps, devrait vous inviter à prendre un RDV dès que possible). Il n’y a donc pas que des contraintes dans l’épilation.
Justement, vous n’avez rien compris: les femmes font croire aux hommes qu’elles font des efforts importants pour leur plaire en s’épilant, alors qu’en fait elles veulent juste :
1)flatter les hommes en feignant la soumission à des contraintes telles que l’épilation, pour que l’orgueil les fasse bander bien dur;
2)se taquiner tranquillement le minou sous la douche;
3)prendre leur pied en faisant l’amour.
On pense donc que l’épilation généralisée est la continuité d’humiliations et de siècles de soumissions, alors qu’elle est précisément le signe le plus flagrant de la libération sexuelle des femmes.
Plus sérieusement, je préconise l’alternance entre des périodes épilées et d’autre non. De pouvoir choisir, sans se sentir stigmatisée. Idem pour les hommes.
La suivante anecdote relative à ma vie sexuelle en réponse à ce qui vient d’être écrit par « tinnysa » (inutile de préciser que je me souviens parfaitement de l’origine de ce pseudo): au premier rencard avec ma nouvelle partenaire de jeux, la demoiselle vient intégralement rasée. Lui confiant mon goût pour les toisons fournies, elle me dit « ben merde alors, si j’avais su, j’aurais pas passé une heure dans la douche à me ratiboiser, je n’y avais pas touché depuis trois mois, tu aurais adoré ». Et de fait, une motte hispano-arabe en friche qui me passait sous le nez, je m’en suis arraché les cheveux (histoire d’être raccord dans les images). Bref, pourquoi la demoiselle s’inflige un rasage fastidieux qui va manifestement contre son humeur pileuse? Pour se mettre en conformité avec ce qu’elle s’imagine être le goût masculin. C’est-à-dire, aussi, avec les normes pornographiques. Mais si le mot « soumission » est certes un peu exagéré, ne serait-ce que car il y a consentement à la dite soumission, on est quand même un peu dans ce registre là. Ce qui n’enlève rien à la pertinence des arguments de tits’isa: on peut AUSSI trouver son compte à l’épilation ou au rasage quand on est une femme, bien entendu. Et quand on est un homme aussi, du reste. Car ce qui est ennuyeux là dedans, c’est l’épilation érigée en tant que norme, là où le plaisir a tout à gagner à s’alimenter de variété. Bref, ma conclusion sera la même: oui à l’alternance des périodes épilées et d’autres non. Pas contrariant, le gars.
@tinny, concernant le passé, ne jamais oublier le côté misogyne qui a perduré et qui faisait des femmes
des êtres inférieurs.
Concernant l’épilation comme punition, voici ce qu’écrivait Aristophane, il y a 2400 ans, dans « Les femmes aux fêtes de Dèmètèr »
«TROISIÈME FEMME.
J’en jure par Aglauros, femmes, vous avez perdu le sens ou vous êtes sous l’influence d’un philtre, ou victimes d’un malheur étrange, pour permettre que cette peste vous insulte toutes. S’il y en avait une parmi vous… Eh bien! allons-y nous-mêmes avec nos servantes, prendre quelque part de la cendre, lui épiler le bas-ventre, afin qu’elle apprenne, étant femme, à ne pas parler mal des femmes dorénavant.
MNÈSILOKHOS.
Pas d’épilation, femmes! Si en toute franchise il est ici permis à chaque citoyenne de dire son avis, et si j’ai exposé ce qui me semblait juste à l’égard d’Euripidès, dois-je, pour cela, être épilée et punie par vous?»
On peut en déduire qu’une femme ayant « fauté » (selon des critères qui nous sembleraient sûrement bizarres) pouvait être punie par une épilation pubienne à la cendre ! Je ne pense pas qu’Aristophane ait inventé ça, ce devait être pratique courante.
Je décrypte les écrits d’Aristophane ici
http://ecologielibidinale.les-forums.com/topic/84/grece-antique-epilation-punition.html
@Monsieur R, votre anecdote est classique : bcp de femmes célibataires ne touchent pas à leur pilosité (même les aisselles) mais dès qu’elles savent qu’elles ont un rdv coquin, hop, le rasoir. Au lieu de se dire « on verra ce que le gars dira ».
Pour le pubis épilé, je n’en ai jamais vu en vrai mais ce que je vois en images me fait débander direct, pour parler crûment. Ce n’est pas non plus qqch que je contrôle et même si je sais que c’est une femme, ça me rappelle trop la fillette impubère. Autant dire que toute la production porno et même érotique d’aujourd’hui me laisse de marbre.
Un site qui devrait vous ravir, des dizaines de pubis naturels, en gros plan, plus de 200 photos
http://originedumonde.over-blog.com/
Plus globalement, bien sûr que je ne suis pas contre l’épilation mais vu l’omniprésence de femmes au corps lisse, comment des jeunes peuvent « choisir » ce qu’ils préfèrent ?
Où est le libre arbitre ? Même dans les catalogues par correspodance, on voit par transparence que les pubis sont rasés !
Dans l’article très intéressant d’un sociologue québécois datant de 2006 sur l’hypersexualisation des jeunes filles et l’infantilisation des femmes ( http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2268 ), on trouve ceci :
«La pornographie, qui est une industrie massivement diffusée, s’ébat, avec succès, hors de son ghetto, en proposant ses normes sexuelles. Aussi, des magazines comme Vingt ans en France (dont le lectorat a en réalité seize ans), font écho à l’imagerie pornographique et la normalisent incroyablement. Un test dudit magazine range dans trois catégories les lectrices : « 1° La super extra-salope : « C’est bien, tu vas peut-être un peu loin, mais tu as de l’humour » ; 2° La salope normale : « Tu es fille de ton temps, moderne, c’est bien : tu as des aventures et un peu de sentiment, mais tu ne te laisserais pas avoir par ton mec s’il faisait la même chose » ; 3° La ringarde, le dinosaure présoixante-huitard. » La journaliste du magazine féminin donne ses conseils. Si la jeune fille n’entre pas dans les deux premières catégories majoritaires, c’est qu’elle est coincée. Ce prosélytisme rudimentaire – car c’est de cela qu’il s’agit – est basé sur l’ordonnance de nouvelles normes à suivre, lesdites normes étant étroitement liées à l’imagerie pornographique. »
« La pornographie affecte la culture en profondeur. Elle est à ce point importante qu’elle est, pour un nombre important de personnes, le lieu principal d’éducation sexuelle, du moins si l’on se fie à un sondage mené par le Kinsey Institute en 2004. Ce sondage révèle que 86% des répondants croient que la pornographie peut éduquer les gens et 68% pensent qu’elle permet une attitude plus ouverte sur la sexualité, y compris sa propre sexualité. Plusieurs hommes, particulièrement les plus jeunes, pensent que la pornographie permet de savoir ce que les femmes désirent et espèrent d’un rapport sexuel. »
« Une des techniques d’infantilisation (qui est apparue à la fin des années quatre-vingt) utilisée par la pornographie est l’épilation totale du pubis (acomoclitisme), comme si la femme mise en scène était d’âge prépubère. Cette technique a également pour fonction de mieux montrer les parties génitales, car la pornographie vise une « extrême visibilité » . Aujourd’hui, chez bon nombre de mes étudiantes de deuxième année universitaire, il est normal d’épiler le pubis. Pour des raisons d’hygiène, prétendent certaines, comme si le corps naturel de la femme était « sale ». Ce préjugé ne tombe pas du ciel, il suffit de regarder le nombre de publicités qui enjoignent les femmes de se laver, de se parfumer, de se « déodorer », de s’épiler, de tarir tout fluide émanant de leur corps, etc. Hier synonyme de sexualité chez les femmes, le poil pubien est désormais anti-érotique. Comme si la femme ne devait pas être une femme, mais se devait de rester fillette. De nos jours, les poils pubiens sont associés à la souillure, aux mauvaises odeurs. Le sexe glabre (ou presque) est une norme (10). En mai 1994, le magazine Vingt ans donnait déjà ses instructions pour l’épilation à la jeune fille qui, venant à peine d’achever sa puberté, se retrouvait à traquer ses poils pubiens.»
Moi j’aime beaucoup cela ,je suis une femme de 47 ans ,mon partenaire aime beaucoup aussi,,,je vais d’ailleurs lui demander de me raser lui même,,c’est très excitant pour une femme ,je ne suis pas du tout soumise,,,je me sens une femme ,,comme ça ,mais je n’aime pas les hommes sans poils,,,une femme reprèsente la douceur ,,la tendresse etje trouve que cela va bien ensemble,,une peau douce sans ses poils vulgaires et moche,,,et au niveau sensations c’est top ,,je jouis beaucoup plus qsuand je suis rasée ,mon homme me regarde avec respect et plaisir.
A cinq nuances près:
1. Une femme ne représente pas forcément « la douceur et la tendresse ». Il y a des femmes rugueuses et autoritaires que certains hommes désirent avec ardeur. Demandez à Benjamin Fau.
2. Si vraiment c’est la douceur qu’on cherche, il faut proner l’épilation, par le rasage. Le rasage, avec le poil jamais totalement parti et qui a tôt fait de repousser, transforme le cuir en papier abrasif.
3. « Vulgaire et moche », on peut aussi choisir d’appliquer ça au glabre, c’est éminemment subjectif.
4. Vulgaire, puisqu’on on parle, dans le sens « commun », « ordinaire » du terme, s’applique aujourd’hui plus à l’absence de poil qu’à son foisonnement.
5. Vous êtes une femme et vous vous appelez Antoine, décidément, la barque des contradictions est chargée.
Monsieur R., sur votre dernier point, il me semble que vous méconnaissez la pertinence de ce pseudonyme dans le contexte.
Car enfin, Antoine, référence évidente aux Élucubrations de l’autre: « Ma mère m’a dit, Antoine, fais toi couper les cheveux ».
Ce qui, transposé au troisième millénaire, donnera: « Ma femme m’a dit, Antoine, viens me raser la crameule ».
Voyez?
Oh, yeah.
Au delà de la blague, c’est assez intéressant, je trouve.
Antoine (celui/celle du post précédent) nous dit en effet que « Ma femme m’a dit: viens me raser la crameule ».
Alors qu’Antoine (le bitnik) était sommé d’aller se faire couper les cheveux ailleurs (« fais toi couper les cheveux »), c’est-à-dire par un représentant de l’autorité capillaire (en l’occurence le coiffeur).
Antoine (celui/celle du post), ne lui en déplaise, se soumet donc bel et bien à une autorité: « Viens me raser la crameule » veut bien dire « Viens incarner l’autorité dépilatoire à laquelle je me soumets ».
CQFD.
Certes. À ceci près que le coiffeur n’est pas tellement un représentant de l’autorité capillaire que son exécutant. L’autorité émane ici de la mère (« Ma mère m’a dit… »), qui agit pour le compte de la société, à ces fins d’uniformisation que ladite société juge indispensables à sa stabilité hiérarchique. Et si la mère, gabegiste, ne joue pas son rôle, la société y pourvoit par le biais de la conscription, abandonnée depuis tant l’uniformisation capillaire a été intériorisée: la quasi-tonsure intégrale est désormais adoptée aussi automatiquement que docilement par l’essentiel de la gent masculine.
Il n’est évidemment pas possible d’imposer la même discipline à la gent féminine, le hairstylists lobby veillant à la régularité de la progression de ses revenus. Partant, l’uniformité devait être imposée autrement. Le fashion accessory designers lobby, dûment épaulé par la presse, y a fidèlement contribué à coups grands de it bags et autres sunglasses, mais cela n’y suffisait pas. Le culte Dorceliste a donc été fondé pour imposer aux messieurs un idéal féminin, crameule-tonsuré, tatoué, nichonné, charge auxdits messieurs d’en assurer la reproduction à grande échelle – ainsi que les mères étaient antan chargées d’assurer l’adoption du cheveu ras.
Ce qui fut fait, d’autant plus facilement que – cerise imprévue mais combien heureuse sur le proverbial gâteau – la figure du terroriste s’est entretemps laissée pousser la barbe, si bien que quiconque voulant signifier sa farouche réprobation du terrorisme (forcément) islamiste se doit de raser la sienne, fût-elle intime, au risque de finir embroché sur l’axe du mal.
Et depuis, ma foi, tout est calme, propre, net, bien rangé.
Ah, comme tout ça est bien fait.
Pas faux. Et pour aller dans votre sens, je songe à voix haute qu’aujourd’hui, l’argotique « descente au barbu » désigne en effet plus volontiers la virée anti-terroriste dans une cave de Vénissieux que le cunnilingus en terrain naturel. Pour lequel il conviendrait plutôt de parler de « descente au glabre », ce qui est convenons-en tout de même passablement moins fleuri. Moralité: la langue y perd dans tous les sens du terme.
attention, les islamistes font aussi bien attention au rasage pubien, pour eux et les femmes, ce qui revient à ce qu’ils appellent Fitrah, une notion bien vague d’origine, de pureté.
cf. http://www.islam-documents.org
2700 pages sur la doctrine
amusez vous bien.