Ecoeuré par un monde devenu trop exhibitionniste et pornocrate pour lui, Gilles Cohen-Solal, éditeur chez Eloise d’Ormesson, s’est donné pour mission de réhabiliter le mystère de l’érotisme en traquant les plumes les plus à même de le magnifier. La séquence suivante, tournée dans un restaurant, le confronte à Max Monnehay, jeune fleur candide et pétillante au talent déjà confirmé par la publication d’un premier livre chez Albin Michel.
Plus que la rencontre entre l’éditeur et son hypothétique futur auteur, ce qui nous est donné à voir, c’est la rencontre entre un homme et une femme engagés dans un jeu de séduction subtile. Si Gilles Cohen-Solal, par l’inventivité et la flamboyance de son verbe, s’en réfère ouvertement aux plus belles réalisations de l’amour courtois, sa partenaire joue un jeu plus trouble : fausse Lolita ou vraie Merteuil ? Le suspens est entretenu jusqu’à la fin aussi tragique qu’inattendue de cette séquence, où le sceptre du sentiment amoureux s’invite à ce dîner pour semer le trouble dans l’esprit des deux amphitryons autant que dans celui du spectateur, qui pense alors immanquablement à Lost in translation, Sur la route de Madison ou Le Patient anglais, bref à ces films où le désir d’amour vaut plus par l’espoir qu’il génère que par sa concrétisation.
Car c’est bien de cela, qu’il est question dans cette vidéo : le désir d’amour, que l’on peut lire en filigrane dans les soupirs, les regards, les silences, les retenues des deux protagonistes de cette valse lancinante, qui nous offrent là non seulement un spectacle d’un érotisme hypnotique, mais aussi une grande leçon de séduction.
Troublant.
Et tout simplement beau.
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