Les dépêches régionales relatent régulièrement des arrestations de fétichistes voleurs de culottes, de lingerie ou de chaussures, qu’ils prélèvent sur leurs victimes ou en cambriolant leurs maisons. Un exemple parmi d’autres, pris dans feue la rubrique Mondo Sexo (novembre 2008) de L’Autre Sexe : Michel Houle, 41 ans, a été arrêté à son domicile de Drummondville au Québec, soupçonné d’avoir épanché ses penchants fétichistes du pied sur neuf filles âgées entre 10 et 21 ans contre leur gré. Il les aurait abordées, parfois en entrant chez elles par effraction, en les implorant de le frapper au visage pour ensuite leur arracher une chaussure et la sentir. Hormis les introductions par effraction et des attouchements sexuels dans certains cas, aucune « agression sexuelle grave » ne lui est reprochée.

Je me souviens aussi de l’affaire d’un bagagiste australien condamné en 2008 à de la prison pour avoir volé des cheveux dans des valises appartenant à des femmes pour satisfaire son fétichisme. La dépêche de l’agence Reuteurs de l’époque (que j’ai précieusement gardée dans les archives) expliquait : « Rodney Lyle Petersen, âgé de 30 ans a plaidé coupable à 50 chefs d’accusation.  Dès qu’il avait une occasion, Petersen fouillait les valises pour cueillir des cheveux féminins sur les brosses et les vêtements pour satisfaire ses fantaisies sexuelles. Il conservait les cheveux dans des sachets en plastique, et il notait différents détails (robe, couleur, taille, etc.). La police a trouvé 80 sachets accompagnés de notes descriptives. »

platreA Sotteville-lès-Rouen, c’est un fétichiste épris d’une passion encore plus exotique qui est entendu ces jours-ci par la police locale. Le journal L’Ardennais explique: il se présentant soit sous la qualité d’agent d’enquête de la CPAM (Caisse primaire d’assurance-maladie), soit sous l’étiquette d’un journaliste de TF1, l’homme – qui repérait ses victimes au sortir de la clinique de l’Europe à Rouen et les suivait jusqu’à leur domicile – se présentait au domicile de femmes ayant subi un accident aux jambes. À force de persuasion, il parvenait à se faire ouvrir les portes des domiciles pour expliquer qu’il effectuait une enquête – aux contours flous – sur les personnes portant un plâtre. Une méthode de « démarchage » qui était parfois un peu agressive. La dernière victime, une jeune fille de 13 ans, a été suivie jusqu’à son domicile. Et le suspect, sachant sans doute qu’elle était seule, a tambouriné à sa porte jusqu’à ce qu’elle cède et ouvre. Ensuite, il filmait et photographiait les plâtres de ces femmes, âgées de 13 à 40 ans, sous toutes les « coutures », afin d’assouvir une forme de fétichisme très particulière. (l’intégralité de l’article est à lire ici)

Un cas plutôt rare de fétichisme, qui rejoint la panoplie des fantasmes hospitaliers recensés par Agnès Giard dans son je le rappelle indispensable ouvrage Le sexe bizarre, toujours disponible aux éditions du Cherche Midi. Elle y dresse notamment le portrait d’un allemand de 26 ans se définissant comme « gay, sportif et emplâtreur », qui n’aime rien tant que porter des plâtres « pour le simple plaisir de sentir ses jointures coincées dans un carcan presque incassable ».

Les amateurs de membres plâtrés se retrouvent sur des sites comme castplanet.com, lospac.com ou castcentral.org, qui révèlent que le fétichisme du plâtre est une niche pornographique comme une autre. Prodigieuse diversité des désirs humains…


3 réponses à “Arrestation d’un fétichiste du plâtre à Sotteville-lès-Rouen”

  1. Olivier dit :

    Eh bien … tous les gouts sont dans la nature … et pourquoi pas le plâtre ??!! Mais ce qui dérange et qui fait peur c’est que ces « fetichistes » s’attaquent a des ado ou des enfants … même si c’est ’seulement’ leur plâtre l’objet de l’attirance cela reste une expérience traumatisante pour eux je pense !

  2. tinnysa dit :

    En effet, j’avais découvert ce type de fétichisme, que je n’aurais jamais imaginé, dans un sex shop de la rue de la Gaïeté. Au rayon dvd, au milieu des femmes à forte poitrine, femmes dominatrices, infirmières et autres fantasmes plus courants, trônait un coffret avec une grande blonde allongée en petite tenue dans un lit d’hôpital, main sur la hanche et poitrine tendue, une jambe plâtrée fièrement exhibée, surélevée du lit. Je ne me souviens plus du titre de ce film, c’est dommage. Peut-être « salopes dociles à emplâtrer » ou « viens te frotter à mon crépis », qui sait.
    Mais alors, quelle est la source de ce fantasme? Qu’est-ce qu’ils représentent, ces plâtres? Est-ce parce que le plâtre symbolise la blessure, la fragilité, et en outre immobilise la femme, donc la rend plus docile? Est-il question d’une esthétique « artistique » qui rappelle la sculpture? Ou encore, y’a t-il derrière ce fantasme l’idée de « momifier » les femmes avec du foutre seché?
    Je me demande ce qu’en dit Agnès Giard dans son livre. Et ce qu’en dit cet homme surtout, lors des divers interrogatoires qu’il doit subir ces temps-ci.

  3. Zoot dit :

    Ou, allez savoir, c’est que le/la plâtré/e évoque infailliblement les sports d’hiver, et alors ça pourrait aussi bien être un fantasme de moniteur de ski par procuration, ou un fantasme de remontée mécanique par procuration, ou un fantasme de salopette par procuration, ou un fantasme de Diots avec des Crozets au Beaufort et tiens vous nous mettrez une bouteille de Roussette par procuration.

    Allez savoir.

    Le spectre est prodigieusement large.

    En tout état de cause, une chose est certaine, effectivement: il faut protéger les enfants. Plutôt que de leur poser des plâtres quand ce serait nécessaire, je propose qu’on les ampute systématiquement.

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Arrestation d’un fétichiste du plâtre à Sotteville-lès-Rouen Par Monsieur R. Tags :