Une question de Prudence, 19 ans : Mon copain voudrait que j’avale son sperme quand je lui fais une fellation. Ça craint ou pas ?

Hélas, hélas, je n’aime rien tant que de pouvoir encourager les expériences sensorielles, mais ici, franchement, force est d’admettre ? Ça peut craindre. Ça peut. Désir, partage, réciprocité, consentement, ouverture, notamment d’esprit, tout ça très bien, tout ça très joli, mais quant à avaler n’importe quoi, pardon : circonspection, pondération, et planification. Sans quoi, oui, ça peut craindre. Ça peut joliment craindre.

Évacuons d’abord l’aspect strictement prophylactique de ma réponse, car tu es une grande fille, et tu devrais déjà savoir ces choses-là: tu ne dois jamais te laisser vernir la glotte si vous n’avez pas fait le test. Jamais. Le VIH peut se transmettre lors de rapports oraux-génitaux, si bien que même une innocente plume peut te valoir le tombeau. Pas de test, pas d’épanchement, et pas même de pompier décapoté. C’est la règle, non négociable, intangible, marbrière, sauf à vouloir te choisir un linceul pour première robe de mariée. Et je sais, je sais bien, ça peut sembler terriblement romantique – tu te vois déjà, rédigeant les invitations, « Prudence et la Camarde sont heureux de vous faire part… », planifiant une soirée d’enterrement de jeune fille vie de jeune fille dont on ne reviendra pas, puis la cérémonie, toi, entrant dans l’église aux bras de ces messieurs des PFG, en ressortant à celui de ton terminal époux, et t’arrêtant sur le parvis sous la joyeuse pluie de cendres que vous feront tes amis réunis, pour lancer un bouquet de chrysanthèmes à tes demoiselles d’honneur – mais la petite fiancée de la mort ferait bien de se tempérer l’humecteur quant à ce qu’elle s’imagine de ce que sera la nuit de noces : elle va certes n’en plus finir, mais n’en pas plus débuter, car pour sépulcral qu’il soit, le corps de la Camarde n’a rien de caverneux. Alors je te prie, jeune fille, tempère ton romantisme, et ne porte rien au bec qui ne soit hermétiquement emballé, ou n’ait bénéficié de toute garantie de traçabilité.

Reste que pour répondre complètement à ta question, on ne peut pas se contenter de la considérer sous son aspect prophylactique. Il faut aussi s’interroger sur les motivations profondes de ton copain, et, les ayant identifiées, se demander s’il est raisonnable de les satisfaire.

En réalité, et tu t’en doutes, le gars ne demande pas simplement à pouvoir te gratifier les joues du produit de ses burettes. Il veut surtout que tu manifestes bruyamment le plaisir qu’il entend que tu éprouves à cette occasion. En clair, il ne te demande pas une faveur, mais t‘invite à considérer qu’il est enclin à t’en faire une, tant il estime son jus précieux – et ce quoi qu’il lui en coûte par ailleurs, car enfin, quoi, comme il préfèrerait, lui, se tenant nu, debout, fier, légèrement cambré, une main assurant sa prise, l’autre largement ouverte en signe d’amour adressé à la foule de ses fidèles assemblés devant l’autel, comme il préfèrerait donner à voir son jaillissement, en recueillir le produit dans le Calice de Vie, puis, ayant prononcé la bénédiction rituelle (« Voyez ! Les Cataractes de Semence! », « Voyez ! Je Dispense la Vie ! », « Voyez ! Je suis le Grand Grainetier ! », on sait plus, ça change tout le temps), entreprendre de faire passer le Calice de Vie pour la communion, et la Corbeille de Partage pour la quête, comme il le préfèrerait, alors, tu penses, s’il te propose ça, lui, c’est pour toi, tant il est vrai que ça n’est encore rien dire que de dire qu’il t’aime, tiens.

Non mais, franchement ?

Le toupet du gars ?

Il ne t’aura donc pas suffi de rire à son humour, de t’ébahir à sa carrure, et de tressaillir à ses coups de reins pour conforter le narcissisme du gonzier ? Il faudrait en plus que tu te régales de son saint-chrême pour lui parfaire la vanité ?

On a perdu le littoral de vue, ou bien ?

Parce qu’on veut bien, on veut bien se montrer arrangeante, on veut bien s’efforcer, on veut bien y mettre tout son sien, mais lui raffoler le suc, au débotté, sans préparation, ça ne va quand même pas de soi. Je préfère te prévenir, la potion pourrait se révéler un poil sapide. Et du genre de sapidité qui en ferait passer l’amertume pour une faveur. Et je te parle pas consistance. Je te parle pas texture. Je t’en parle pas, j’ai pas les mots. Mais voilà bien le péril : tu pourrais être tentée d’accepter, en bonne fille, généreuse, oublieuse, pétrie d’abnégation, mais, constatant à la première tentative que la rasade est quand même pas mal rance, pas mal gluante, et en tout cas grumeleuse au-delà du concevable, avoir un réflexe malheureux, de préservation, qui te ferait grimacer, recracher, et te précipiter vers ton dentifrice, et voilà Narcisse blessé, meurtri, prostré sur son giron, adressant consolations et cajoleries à son morne sexe, « Mais non, tu n’es pas répugnant, mais non, tu n’es pas vilain, c’est elle, tout est de sa faute, c’est une béotienne, c’est une rustaude, n’y prends pas garde, viens, redresse-toi, laissons la mécréante, rentrons, allons préparer le service de Vêpres. »

Et les voilà partis, te laissant seule avec ta nausée vespérale. Triste conclusion d’un pourtant courageux effort. Bel exemple de bonne action qu’on n’aura pas traîné à punir.

Dès lors, si tu veux accepter, il te faut t’assurer que tu pourras accepter vraiment,  c’est-à-dire, non seulement avaler, mais encore t’en réjouir, ou au moins parvenir le feindre. Et voilà bien une certitude qu’il n’est pas simple de concevoir. Tu ne peux pas décemment demander un échantillon à ton copain : il serait bien capable de tirer des conclusions d’un refus ultérieur. Tu ne peux pas non plus espérer t’en procurer un en loucedé, le gars est aux aguets. Et, non, non, tu ne vas pas collecter ses préservatifs usagés. Non, répugnante. Non, vilaine. Un peu de tenue, grands dieux. Un peu d’amour hygiénique, à défaut de propre. Sans compter qu’une fois tiré, le sperme s’oxyde rapidement, et que ça altère encore dramatiquement son goût. Et même en ayant citronné les génitoires à Dudule, hein. Même. Alors, non, décidément non, pas de ça Lisette.

Par ailleurs, je te conjure, jeune fille, non seulement un peu de tenue, mais encore un peu de bon sens : ne va pas prêter la plus petite oreille à ces malhonnêtes qui voudraient te faire croire que le régime alimentaire de ton copain peut influer sur le goût de son sperme. C’est une ineptie intégrale, qu’aucune démarche scientifique ne valide. Et plus qu’une ineptie, c’est surtout le fruit d’une grossière manipulation orchestrée par la phallocratie décomplexée, qui use désormais des méthodes dialectiques de la droite du même bois pour se faire reluire le message. Ainsi, on commence par poser ta fonction de mange-foutre comme naturelle, normale,  non discutable – c’est un jeu amoureux, sois donc joueuse – puis on t’invite à repasser derrière les fourneaux si d’aventure tu prétends améliorer – encore – ton sort. Et de très ludique façon : tu n’aimes pas le goût de son sperme ? Pas de problème souci, tu es libre de cuisiner pour t’affranchir de la nausée. Pimp your date, ma fille, pimp your date. Tune ton Jules. Comme d’autres sont libres de travailler pour gagner plus, tu es libre de cuisiner pour vomir moins.

Tu vois comme il serait dangereux de souscrire à ce discours : s’il rencontre un écho positif, alors la prochaine étape sera de proposer d’amusantes sessions de coaching « liberté-de-la-femme », où l’on dispensera de très émancipateurs cours de pole-dancing, de strip-tease, de fellation, suivis d’ateliers cuisine où l’on préparera de rafraîchissants smoothies que tu pourras proposer à ton copain pour améliorer – à son insu, car tu es libre, et c’est ton choix – le goût de son sperme. Et puis on inventera de nouveaux jeux érotiques de soumission soft, durant lesquels tu devras émietter ta carte d’électrice et/ou de crédit devant ton amant. Et puis, tiens, si on réorganisait un peu l’Éducation Nationale ? Tu vas voir, on va arrêter avec la mixité, ça sera plus excitant, ça te permettra de développer tes fantasmes. Et ça simplifiera la logistique : les garçons n’ont vraiment pas besoin de poteaux métalliques dans leurs classes.

Donc, n’est-ce pas ?

Tu le vois bien, le mur, maintenant ?

Alors range ton tablier, il est dépourvu d’airbag : si Dudule est rance, rance Dudule restera. Que tu choisisses de l’avaler, non parce que l’ambiant t’y enjoint, mais uniquement pour lui faire plaisir, c’est une chose, mais si c’est pas bon, c’est pas bon, et, tu te débrouilles comme tu veux, mais il faudra quand même déglutir, et assumer.

N’est-ce pas ?

Bien.

À la bonne heure.

Cela posé, attention.

Ma fille, attention.

Grande attention.

Car je n’ai fait qu’évoquer l’hypothèse la moins navrante : celle qui suppose que ton copain est sincère. Or, malgré la déjà copieuse énormité de sa demande, peut-être celui-ci avance-t-il encore masqué, et n’espère pas vraiment te saucer le gosier, ainsi qu’il prétend le demander, mais bien le minois. Le minois, malheureuse. Le minois. Ton gentil minois, ton coquet minois. En d’autres termes, crus et directs, peut-être ton copain veut-il en réalité éjaculer sur ton visage, y étaler libéralement son foutre en quelques coups patauds de son membre tôt flaccide, et y contempler, plus ravi qu’une marmaille au spectacle des vitrines illuminées pour Noël, les indolentes dégoulinures de sperme, de rimmel, et de larmes mêlés.

Je conçois que cette hypothèse puisse te sembler peu vraisemblable, car enfin, raisonnes-tu, pourquoi voudrait-il agir de la sorte ? Hélas, la liturgie du culte Dorceliste se dérobe aux profanes, et l’ « éjac faciale », ainsi que s’y nomme ce sacrement, en est un pilier fondamental, qui marque la fin des cérémonies de salopage de filles célébration amoureuse. Et ton copain a peut-être simplement, comme beaucoup avant lui, cédé aux sirènes du Dorcelisme. Celles avec les seins monolithiques, là, et un tatouage au creux de la queue enrésillée, et un talon de douze fiché dans la nageoire. Il ne serait pas le premier, va. Elles en ont dévoyé, des gonziers. Par milliers, et milliers, et encore milliers. L’appel du large, probable. L’odeur entêtante de la marée. Alors pourquoi pas lui, hein ? Et si effectivement lui, eh bien il faut t’y résoudre : sa seule aspiration, désormais, est de t’éjaculer au visage. Pis qu’une aspiration, c’est devenu pour lui un devoir. Reste qu’il n’est pas complètement idiot, ou pas complètement courageux, si bien qu’il n’aura vraisemblablement pas osé formuler clairement son dessein, soit par crainte d’être dûment raillé pour son incongruité, soit parce que, encore chancelant sur sa nouvelle foi, il ne sera pas parvenu à se pousser de la vanité jusqu’à se convaincre que tu pourrais tenir ce genre d’humiliation pour une faveur, et aura préféré recourir à ce lamentable stratagème : te demander à pouvoir « venir dans ta gorge », jouant sur la charge d’intimité que recèle sa requête ainsi formulée pour s’assurer que tu n’oseras pas lui refuser, et, au fatidique instant, tressaillir, sursauter, avoir un mouvement lui permettant de s’affranchir de l’emprise de tes lèvres, et entreprendre de te repeindre le portrait, à grands traits. Dans la confusion de l’instant, éberluée, décontenancée, tu ne te demanderas pas pourquoi il aura hurlé « Headshot ! », ni pourquoi tu auras perçu ce flash de lumière avant qu’il ne te tende un mouchoir et ne te demande pardon – « Excuse-moi, ma chérie, je ne voulais pas, c’est un accident, l’orgasme a été si violent, j’ai perdu le contrôle de mes mouvements, quel imbécile je fais », et, murmurant, « Comme je suis désolé, j’aurais tellement voulu que nous communiions », puis, ayant apposé un tendre baiser sur l’une de tes joues opportunément essuyées, et chuchotant , maintenant, « Merci ». Non, sur le moment, tu ne te le demanderas pas. Ce ne sera que plus tard, alors qu’une amie t’aura recommandé d’aller visiter telle page, sur tel site, sur tel Ternet, parce qu’on y trouve une drôle de photo d’une fille, c’est dingue comme elle te ressemble, et, vrai, elle ne pourrait pas te ressembler d’avantage, puisque c’est bien une photo de toi que tu vas y trouver, un portrait, très peu flatteur, te montrant de face, hébétée, répugnée, enfoutrée, sur une page présentant d’autres portraits, d’autres jeunes filles, mêmement saligotées, l’ensemble composant la galerie dite de l’« Initiation Faciale », sous-titrée « Praise the Dorcelord ! », conçue, publiée et maintenue par un « Master_Bukkake_80 » dont tu comprendras rapidement qu’il s’agit du titre que s’arroge ton copain dans son petit hortillon secret, ce ne sera qu’alors que tu pourras te dispenser de toute interrogation, et passer directement au constat : le gars s’est quand même pas mal foutu de ta gueule, en plus que de te l’avoir salopée.

Dans ces circonstances, le seul bon conseil que je puisse te donner, c’est de ne pas laisser passer. Tu ne dois pas transiger. De même que tu dois courir chez pandore à la première mandale, tu dois contrer la première saucée usurpée, et ta réaction doit être taléonine : œil pour œil, giclée pour giclée. Ce que pour permettre, et n’être jamais prise de court, je te recommande d’ajouter à ton viatique une poire à lavement – voilà enfin l’occasion d’exhumer cette invraisemblable « Monogram Vernis Unisex Douche – Spring 09 Collection – Limited Edition » que ton copain t’avait offerte pour vos trois mois, avec le réservoir en croûte de porc vernie monogrammée Vuitton, et la canule chromée et gravée d’un « Aujourd’hui plus de derrière, et bien moins de vagin » – et la garder sur toi, serrée dans ton réticule, prête à l’emploi, scellée  à la Patafix et toujours emplie d’un bon quart de foutre de ménage dont je laisse la confection à ta libre appréciation, mais qui devra s’efforcer au pas mal rance, au pas mal gluant, et l’inconcevablement grumeleux : tu ne peux pas te tromper en travaillant une base lait caillé / blanc d’œuf / fécule de maïs, à laquelle il te suffira d’incorporer des agents de sapidité que je te recommande de sélectionner dans une palette radicale, du genre qui rime avec Maroilles. Et, tiens, tant qu’on tambouille, ajoute donc une bonne cuillérée de ce « Baume de Dessillement du Troisième Œil » qui accompagnait la poire, là. J’ai idée que ça peut aussi aider à dégager les bronches dans lesquelles je me propose de te faire souffler.

Ainsi parée, une femme avertie valant six douzaines d’éjaculateurs retors, tu pourras, si toutefois tu décides d’accorder à ton copain le bénéfice du doute et consens à le laisser t’incorporer son jus, te tenir sur tes gardes, et, cependant que tu le plumes, guetter le mouvement suspect : si d’aventure le gars, alors qu’il entonne le piteux lamento qui annonce la petite agonie, bouge ne serait-ce qu’une main, par exemple pour se la poser à la base du manche, ou, pire, pour, prétendant te caresser le visage, t’en couvrir le front, s’assurant ainsi, mine de rien, un parfait contrôle de la situation, alors au diable le bénéfice du doute, et à la réaction immédiate : taquet aux parties – pas méchant, juste pour lui couper la pression et le déstabiliser un instant, le temps de te relever, et tu enchaînes, low-kick au mollet – pas méchant, juste pour le faire tomber, cependant que tu enchaînes, volte, plongée vers ton sac où tu récupères ta caméra numérique d’une main, et ta poire à foutre de l’autre, tu fais sauter le sceau de Patafix du pouce, et tu enchaînes, re-volte, face à Dudule qui n’a pas encore bien trié les événements, et se redresse à peine, juste assez pour se mettre le museau à hauteur de ta main armée, alors lumière, caméra, action: Ah ça, mon pépère, tu veux jouer à gicle ? Eh ben on va jouer, tiens, on va jouer à deux, et hop, une bonne pression sur la poire, et Headshot !, te v’là crépi du menton, et, presse encore, presse encore, et, vlan, te v’là Dessillé du Premier Nez, et, tiens, encore un coup, et, tiens, des étoiles plein les yeux – eh, mais, quoi, Dudule, qu’est-ce qui t’arrive ? On a un gros chagrin ? Des larmes de foutre, qu’on pleure ? Des larmes de foutre ? Allez, allez, éponge donc, sèche donc, et écoute bien – en lui prenant un menton opportunément essuyé entre le pouce et l’index: Plus jamais, tu m’entends ? Plus jamais. Si je te reprends à manigancer de me rectifier le fard, je sors la poche à douille. La poche à douille, tu m’entends ? Et non seulement je t’organise un Déluge domestique, mais encore je le filme, et encore je le diffuse. « Le Bukkakeur Bukkaké », starring Master_Bukkake_80, ça t’évoque Hollywood, ou bien ? Alors modère tes spasmes, ou je t’y envoie, moi, en haut de l’affiche. À coups de poche à douille, que je t’y envoie. Je t’y vois déjà, tiens, en haut de l’affiche. En dix fois plus grumeleux que n’importe qui. Alors modère, Dudule. Modère.


12 réponses à “Une question de Prudence, 19 ans : Mon copain voudrait que j’avale son sperme quand je lui fais une fellation. Ça craint ou pas ?”

  1. Monsieur R. dit :

    « Si Dudule est rance, rance Dudule restera. »
    Je crois qu’on tient enfin notre baseline.

  2. Anonyme dit :

    On a lancé des religions pour moins que ça

  3. quellesensualité! dit :

    Vision bien particulière de l’interaction « femme-homme » Mme la sexologue inconnue au registre mais dont le titre douteux semble faire argument d’autorité.

    Jeune Prudence de 19 ans – si tu existes – la réponse à ton interrogation a le mérite d’afficher clairement un parti pris auquel j’espère tu ne te limiteras pas et qui mérite d’être « nuancé ».

    Chère Mme la sexologue Candice Elias-Dubosc (?), votre vision de l’interaction entre individus me paraît bien réductrice voir simpliste et « intellectuellement » ancrée dans un schéma dominant/dominé dont on pourrait à tord le rattacher à la pensée féministe.
    Nous ne sommes plus dans les années 70. Les hommes ne sont pas par essence des salauds assoiffés de pouvoir et de domination.

    Madame la sexologue semble convaincue de la puissance symbolique du sperme.
    Son grand savoir en la matière (cumuls d’images, références, concepts, expériences, etc…) lui fait certainement oublier que chacun voit midi à sa porte si vous me permettez l’expression. Il paraît donc opportun de rappeler que nous avons bien un et qu’un seul point de vue.

    Prudence – si toutefois tu existes, qu’est-ce qui « craint »?
    Ne te sens-tu pas libre de faire ce que tu veux dans ton couple?
    Si ce genre d’expérience te « travaille », discutes-en avec le 1er concerné, non? Et surtout! Surtout! Méfie-toi des donneurs de leçons qui ne sont peut-être pas aussi épanouis que toi(non seulement sexuellement parlant!) ;)

  4. Et zut, ça y est, on a trouvé le gars qui pense que les textes de Candice Elias-Dubosc sont écrits au premier degré.
    On l’a.
    C’est lui.
    Je propose de le conserver dans le formol ou quelque chose comme ça, car il ne faudrait pas que ça se perde.

  5. quellesensualité! dit :

    Ca doit être ça!
    Finalement, ce texte relève d’une finesse d’esprit et d’analyse remarquable! Et quelle prose! :)

  6. Monsieur R. dit :

    Sans volonté de polémiquer aucune, je ne puis faire autrement que de défendre ma très honorable consoeur: Candice Elias-Dubosc est non seulement diplômée en sexologie, mais aussi en gynécologie et en psychologie féminine. Sa thèse sur les rapports entre l’absence de sens de l’orientation chez les femmes et leurs difficultés à atteindre l’orgasme, bien que non publiée, a été saluée en son temps. Et ses travaux sur l’apparition de la mauvaise foi chez les transsexuels devenus femmes ont considérablement fait progresser la recherche sur la prévention des déviances identitaires. Là.

  7. Candice Elias-Dubosc dit :

    Votre confraternalité me va droit au système, mais je crains que cet exposé de mes titres académiques et succès scientifiques ne renforce quellesensualitépointdexclamation dans sa conviction que mes arguments n’étaient que d’autorité.

    Je préfère donc prendre les devants, et reconnaître d’emblée qu’il m’arrive aussi, dans la fièvre qui m’anime de documenter les pratiques sexuelles, de connaître des échecs cuisants. Ainsi ai-je été rudement raillée par le GIEC quand j’ai essayé d’expliquer le réchauffement climatique par une augmentation globale de l’albédo causée par la toujours plus grande exposition de muqueuses vaginales, et je ne parle même plus du corolaire à cette thèse que vous aviez l’amabilité de citer, dans lequel je constatais qu’à l’inverse, un surprenant facilitateur de l’orgasme féminin était de demander son chemin plutôt que de tourner des heures en pestant contre son GPS, connard. Vous m’aviez du reste conseillé à l’époque de ne pas inclure « connard » dans le titre, et rétrospectivement, je crois bien que vous aviez raison.

  8. Monsieur R. dit :

    Je m’en souviens très bien, et c’était pour vous éviter toute confusion entre connard et con, qui pour les gens qui pratiquent encore l’argot peut désigner le sexe de la femme. En remplacement de « connard » je vous avais suggéré « bougre d’Ursule », mais c’est vous qui n’aviez pas voulu pour des raisons qui m’échappent toujours.

  9. Candice Elias-Dubosc dit :

    Mais parce que certes, certes, j’avais d’abord envisagé cette étude comme une réponse aux affirmations ineptes du Pr Ursule Terzapanian – dont vous vous souvenez certainement qu’il prétendait à l’époque pouvoir traiter la frigidité par la pratique du rallye raid en général, et de la course d’orientation en particulier – mais ça n’était que mon point de départ, et j’entendais bien conférer à cette thèse une portée un peu plus universelle, et en tout cas détachée nos querelles de clochers scientifiques.

    Las, je constate aujourd’hui que c’était peine perdue,et qu’on met encore en doute le moindre de mes articles.

    Quelle pitié, je vous jure.

    Des journées passées à crapahuter, en pleine pampa, dernière un échantillon représentatif de 230 luronnes, pour leur demander si des fois elles commenceraient pas à sentir que ça allait venir, et tout ça pour en arriver là.

    Quelle pitié.

    Quand je pense que j’avais dû fournir les boussoles sur mes propres deniers.

    C’est des coups à se mettre à douter de la science, tiens.

  10. En même, n’est-ce pas : voilà.

  11. Le mot manquant est ? … temps.
    Bourré au cuba libre à 18h41, si c’est pas triste…

  12. Roxane dit :

    Mais mais mais… C’est génial j’adore votre prose !

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La question sexo Une question de Prudence, 19 ans : Mon copain voudrait que j’avale son sperme quand je lui fais une fellation. Ça craint ou pas ? Par Candice Elias-Dubosc Janvier 2010Tags :