Une fois n’est pas coutume, l’objet inutile du mois est un livre et s’appelle « Le porno pour les femmes » (éditions Letrou Leduc). Dans les pages Love & Sexe d’elle.fr, on en parlait récemment en ces termes :

« Dans ce livre, on ne parle ni déceptions ni positions sous la couette. Place plutôt aux fantasmes du quotidien… Côté photos ça donne un Apollon qui rabat la lunette des toilettes ou qui cuisine des gambas sautées au gingembre et au basilic, avec des légumes vapeur  en s’inquiétant de savoir si le menu convient à Madame ! Une lecture festive qui forcément, vous verrez, va vous donner des idées ! A s’offrir ou à réserver aux copines mais seulement à celles qui ont de l’humour ! »

Outre le fait que l’humour de petit couple autocentré ne fait plus rire personne depuis « Un gars une fille » (et encore, moi à l’époque j’étais déjà très mitigé), le plus exaspérant dans ce genre d’ouvrage, c’est qu’au final, intention humoristique ou pas, il sert l’idée selon laquelle les filles, génétiquement romantiques, non seulement  n’aiment pas le cul, mais ne sont de surcroît pas capables d’investir leur désir ailleurs que dans la conjugalité ronronnante. Il y avait pourtant mille choses à imaginer sur le thèmes des choses non-sexuelles à même d’exciter une femme, et c’est pourtant le registre de la vie domestique (ménage, cuisine) que les auteurs ont choisi d’exploiter.

Du pain béni pour Elle, qui incarne depuis des décennies cette espèce de féminisme contrarié insupportable. Sur un autre sujet, le magazine publiait la semaine dernière une attaque en règle contre « le diktat de l’épilation » (dixit), citation de Catherine Breillat à l’appui, mais qui amorçait  en réalité trois pages de questions du genre « Cire chaude ou cire froide, laquelle choisir ? », « Comment éviter les petits boutons et les poils incarnés ? », « Existe-t-il plusieurs méthodes d’épilation définitive du maillot ? ».

Le massacre de la rédaction d’un magazine féminin filmé par Tarantino ou équivalent, voilà ce que ça pourrait éventuellement être, le porno pour les femmes. Mais pas cette connerie de bouquin malhonnête. Car l’éditeur, sous couvert d’humour, ne se prive toutefois pas de surfer très opportunément sur la mode du porno féministe (vous savez, ce truc dont tout le monde parle mais que personne n’a jamais vu, comme le Yéti) en annonçant sur son site que l’ouvrage est le fruit du travail d’une prétendue Association européenne de la pornographie pour les femmes (AEPF), « créée il y a quelques années par des femmes pour des femmes, dans le but de redéfinir notre vision de la pornographie. Leur mission est de redécouvrir le terme « pornographie », sous toutes ses formes : tout ce qui est excitant, émoustillant… tout ce qui fait fantasmer les femmes… »

Le résultat parle de lui même:




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