En guise de préface:
Anna K :
Quelques évidences sur le mot salope :
1. Salope est un substantif féminin.
2. Une femme qui a beaucoup d’amants, ou une libertine, est appelée salope.
3. Un homme qui a beaucoup de maîtresses, ou qui est libertin, n’est pas appelé salaud. Il est appelé « homme qui a beaucoup de maîtresses », ou « homme libertin ».
4. On dit d’une salope : « Il n’y a que le TGV qui ne lui soit pas passé dessus ». On dit d’un séducteur : « C’est dingue ce qu’il se tape comme filles, il ne s’arrête jamais ».
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Définition : Méprisable… … salaud : 2 définitions. Synonymes. salaud : 12 synonymes. …
salaud – Wiktionnaire
2 nov. 2009 … (XIII e siècle) Sous forme féminine pour désigner une personne très sale, le masculin salaud n’apparaît pas avant la fin du XIX e siècle. …
Le salaud malgré lui
Le salaud malgré lui. mercredi 21 janvier 2009. Les Modèles Identificatoires Masculins. seul devant son pc à 10:37 …
Profession Salaud : Une manière d’être en entreprise: Amazon.fr
Les salauds ont le vent en poupe ! C’est à ce constat que s’est rangé l’auteur en observant que les règles élémentaires de la civilité en entreprise sont …
7. Salaud n’est donc pas du tout le masculin de salope.
8. D’ailleurs, on n’a pas recensé à ce jour de masculin pour « salope ». Si ce n’est peut-être « gros connard », mais cette expression ne contient pas de référence sexuelle.
9. Cependant, une marie-salope, ce n’est pas tout à fait une salope. C’est « un chaland destiné à recevoir les vases et sables extraits par dragage. En général le chargement s’effectue depuis une drague à disque désagrégateur ou depuis une drague à godets, le long de laquelle la marie-salope vient s’amarrer. Lorsque la marie-salope est pleine, elle est ensuite emmenée pour être déchargée, soit à quai par le dessus (benne preneuse ou roue à rochets) soit par ouverture du fond par le bas dans une zone de dépotage ». Aucun rapport, donc.
10. Une citation avec le mot salope : « Anne-Marie Comparini ? Cette salope ! » (Patrick Devedjian)
Benjamin Fau :
Dérivé de « sale » et de « hoppe » (une forme dialectale de « huppe » – comme dans l’expression « les quartiers huppés »), ce terme désignait à l’origine les prostituées et le prisonnier qui moucharde ses camarades. Bref, quelqu’un qui n’a aucune tenue morale ni éthique – et c’est bien là le sens qui s’est généralisé tout en se sexualisant à l’extrême, ce qui fait que, dans certains contextes très précis, il n’est même plus désobligeant, bien que toujours insultant. Dans les faits, il convient de bien s’assurer que soi-même et son interlocutrice (ou son interlocuteur) entendent bien la même chose par ce mot : d’insulte, il peut en effet se faire injure. Dire par exemple « lève ton cul, salope, je vais te le ramoner jusqu’à ce qu’il brille
comme l’argenterie de ma grand-mère » peut être très diversement apprécié de sa partenaire (ou de son partenaire), selon la communication préalable au sein du couple.
Pour les hommes : moitié de femme idéale.
Pour les femmes : concurrence déloyale.
David Vauclair :
Quoique l’origine du terme soit incertaine, la salope est une femme initialement sale et méprisable, et aujourd’hui aux moeurs dissolues. Le mot, rarement tendre, est injurieux et s’adresse de la catin la plus débauchée à celles qui savent prendre leur plaisir sans honte ou sans discrétion, ce qui peut agacer, jusque dans les pornos, les pères et mères-la-pudeur jaloux de cette liberté.
Docteur Karl Von Laks :
Expression sexuelle de l’altruisme et d’un certain idéal communiste. On peut tous l’être et c’est toujours aux autres que cela fait plaisir. La plus belle salope du Kremlin (Staline parlant de Beria à Roosevelt).
L’abbé Mons:
Soit femme de mauvaise de vie, soit grosse conne qui fait chier, soit titre de gloire pour son appétit sexuel, qu’on adresse à une femme ou qu’elle s’adresse ; en aucune façon ces trois significations ne peuvent désigner la même personne.
Lina C:
Salope fait partie de ces mots intrigants que les enfants entendent dans la bouche des adultes, dont ils pressentent l’importance, et qu’ils cherchent scrupuleusement dans des dictionnaires pourris, sans être plus avancé après lecture de leur définition. Je m’en souviens parfaitement, ça disait : « femme de mauvaise vie ». J’avais essayé de m’imaginer ce que ça pouvait être, mais c’était resté abstrait. Tout comme « sodomie », quelques mois plus tard: « coït anal » et rien de plus, m’avait dit le même dictionnaire, ce qui ne m’évoquait pas grand chose. J’avais alors logiquement cherché « coït », puis « anal », sans, à la lecture et relecture des deux définitions (qui, miraculeusement, ne parlaient ni d’anus, ni de pénétration mais faisaient davantage référence à quelque « copulation » et autres tuyaux du corps humain), être capable d’imaginer de quoi il pouvait bien être question. Mais pour sodomie, sujet dont je sentais qu’il méritait plus d’investigation, je m’en étais avisée un peu plus tard auprès d’un copain de collège, celui qui en ces temps-là semblait activement militer pour l’éducation sexuelle des filles de ma classe en leur montrant in situ ce qu’était une bonne branlette. Il m’avait répondu « bon, tu vois ce que ça veut dire « baiser », oui? ». J’avais répondu oui pour faire bonne figure. « Ben la sodomie, c’est pareil, mais par le trou du cul ». Je l’entend encore. Pour « salope », personne ne m’a jamais expliqué.
Monsieur R. :
Injure que me réclame le plus souvent ma féministe de compagne quand je la prends en levrette.
Invités vedettes
«Elle était salope à faire divorcer un curé fraîchement marié.» (Frédérique Dard)
«Le mâle repoussé traite généralement de salope la femme qui, précisément, refuse de l’être.» (Marcel Pagnol)
«La jeune fille, ce qu’elle est en réalité. Une petite sotte et une petite salope; la plus grande imbécillité unie à la plus grande dépravation».(Charles Baudelaire)



Une réaction en creux : j’ai toujours eu le sentiment qu’il manquait dans le vocabulaire commun un mot signifiant « femme vivant joyeusement et librement sa sexualité sans culpabilité ». Un mot qui serait l’équivalent du « bright » lancé par les athées anglo-saxons pour connoter positivement leur pensée. Hors, j’ai beau chercher dans le langage courant ou érudit, je ne trouve aucun mot disant cela sans les connotations un tantinet négatives qu’ont « salope », « nymphomane » « chaudasse » ou « grosse pute ».
Évidemment, au masculin, un tel comportement vaut aux hommes bien des éloges : un homme marié va ainsi avoir des aventures, là où la femme mariée ne fera, elle, que tromper son mari. Bref : Lilith et Matahari ne sont pas Don Juan ou Casanova, il faut toujours qu’au féminin ça fasse peur. Faudrait lancer un concours : avec les copines, on a trouvé par défaut « aventurière » mais c’est quand même pas terrible.
mademoiselle Anna K,
Je souhaite rectifier vos propos « Si ce n’est peut-être « gros connard », mais cette expression ne contient pas de référence sexuelle. »
or, chère madame, « connard » vient de « con » qui désigne le sexe de la femme. D’où référence sexuelle. le connard, par définition, c’est le mec qui cherche le con. Le quidam voulant de la chatte, quoi. Et là, rebelote, référence sexuelle.
En dernier cas, vous pouvez me dire que connard ne vient pas de con, mais est une dérivation du mot « cornard », en vieux français. Sauf que là, on parle pas de con, mais de cocu. Du cocu à cornes. Et dix de der, vlan, la belle référence sexuelle que voilà.
Alors voilà, c’est pas pour faire chier, mais quand même.
‘faut pas déconner avec l’étymologie (citation needed)
Précisons juste, cependant, que la connotation de « salope » évolue tandis que sa dénotation reste constante. La langue évolue avec les sociétés. Si le soupçon de domination machiste existe bel et bien quand on traite une femme de « salope », un grand nombre d’entre elles (les femmes) ont désormais la tentation de se réapproprier le terme selon une dialectique typique de l’oppressé / oppresseur qui a donné ses lettres positives à des termes comme « prolétaire », « travailleur », « misérable », etc. dans le verbiage révolutionnaire. Par ailleurs, il existe des emplois qualificatifs de litotes ou d’euphémismes divers pour qualifier « l’aventurière » : ainsi « gourmande », « sensuelle », etc. Emplois nouveaux, ici aussi.
Végétal à poil dur, vous me l’enlevez de la bouche. Pas le poil (et tout le monde sait pourtant ici à quel point j’en suis friand), mais l’observation. Et je vais même plus loin: de mon point de vue, chercher un synonyme moins dégradant à « salope », ce serait se soumettre à ce qu’il sous-entend, et donc se plier à ce qu’on cherche à dénoncer. Mieux vaut porter le mot avec fierté. Et je vais encore un tout petit peu plus loin en rappelant qu’il existe tout de même quelques femmes qui utilisent le mot « salaud » dans le sens « salop », dans des circonstances bien particulières: « tu bandes bien salaud », « baise moi mon salaud », etc. En tout cas je l’ai déjà entendu.
Sinon monsieur Bunk, content de vous voir en ces lieux. Inutile de vous dire que vos dessins y sont les bienvenus.
« en tout cas, je l’ai déjà entendu », ahaha… Monsieur Rose, quelle habile façon de proclamer tous les compliments qu’on vous fit sur vos qualités d’amant… Je vous reconnais bien là, tiens…
Une salope, ça fait rêver ou fuir selon les cas, mais 343 salopes, ça fait un manifeste et ça ouvre la voie à la liberté. Et en plus ça nous rappèle que seuls les bornés pensent qu’humour et féminisme c’est antinomique.
Extrait (source : site du nouvel Obs) :
Les dix commandements de l’Etat bourgeois :
- Fœtus plutôt qu’être humain choisiras quand cet être humain est femelle.
- Femme point n’avortera tant que Debré réclamera 100 millions de Français.
100 millions de Français tu auras, tant que ça ne te coûte rien.
- Particulièrement sévère seras avec femelles pauvres ne pouvant aller en Angleterre.
- Ainsi volant de chômage tu auras pour faire plaisir à tes capitalistes.
- Très moraliste tu seras, car Dieu sait ce que “ nos ” femmes feraient si libres.
- Fœtus tu préserveras, car plus intéressant de les tuer à 18 ans, âge de la conscription.
- Grand besoin tu en auras car politique impérialiste tu poursuivras.
- Toi-même contraception utiliseras, pour envoyer rares enfants à Polytechnique ou l’E.N.A. parce qu’appartement 10 pièces seulement.
- Quant aux autres, pilule dénigreras, car il ne manquerait plus que ça.