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	<title>L&#039;Autre Sexe &#187; L&#8217;interview du mois</title>
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	<description>Le magazine des sexualités au pluriel (manifestement)</description>
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		<title>Interview de Ruwen Ogien, auteur de l&#8217;essai &#171;&#160;Le corps et l&#8217;argent&#160;&#187; (La Musardine)</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Apr 2010 08:14:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monsieur R.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le philosophe Ruwen Ogien est connu pour ses nombreux travaux sur la morale et  sur l&#8217;éthique. Dans &#171;&#160;Le corps et l&#8217;argent&#160;&#187;, son nouveau livre paru dans  l&#8217;excellente collection &#171;&#160;L&#8217;attrape corps&#160;&#187; des éditions La Musardine, il  malmène la notion de &#171;&#160;marchandisation du corps humain&#160;&#187; qui oriente inévitablement tout  débat sur la prostitution [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le philosophe Ruwen Ogien est connu pour ses nombreux travaux sur la morale et  sur l&#8217;éthique. Dans &laquo;&nbsp;Le corps et l&#8217;argent&nbsp;&raquo;, son nouveau livre paru dans  l&#8217;excellente collection &laquo;&nbsp;L&#8217;attrape corps&nbsp;&raquo; des éditions La Musardine, il  malmène la notion de &laquo;&nbsp;marchandisation du corps humain&nbsp;&raquo; qui oriente inévitablement tout  débat sur la prostitution en prônant la liberté de &laquo;&nbsp;mettre son corps à  disposition de l&#8217;autre&nbsp;&raquo; et d&#8217;en tirer des bénéfices sans que cela ne  soit moralement répréhensible&#8230; Dans quel but? On lui a posé la question.</p>
<p><strong><a href="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/04/ruwen_ogien.jpg"><img class="size-full wp-image-984 alignleft" title="ruwen_ogien" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/04/ruwen_ogien.jpg" alt="" width="320" height="372" /></a></strong></p>
<p><strong>Dans « Le corps et l’argent », vous établissez une nuance entre « mettre son corps à la disposition d’autrui » et « travailler » pour désigner un service sexuel. Pouvez-nous expliquer cette nuance en quelques mots ?</strong></p>
<p>On « met son corps à la disposition d’autrui » quand on est une mère porteuse, quand on accepte de se faire prélever des tissus, un organe, de se faire tatouer une pub sur une partie visible du corps. Peut-on parler de « travail », de « service », dans tous ces cas? Ce n’est pas évident. C’est pourquoi, j’ai préféré distinguer ces notions. Est-ce que cela doit nous interdire d’envisager qu’une rémunération soit légitime en cas de simple mise à la disposition d’autrui de son corps? Non, à mon avis. Ce qui est important au fond, c’est qu’il s’agisse d’un échange entre personnes consentantes qui ne cause pas de torts directs à des tiers. C’est à ces personnes de décider si l’échange doit être gratuit ou pas.</p>
<p><strong>Le fait de remettre ainsi en question la notion de « travail sexuel » ne fait-il pas de vous un partisan des « abolitionnistes », qui réclament l’éradication pure et simple de la prostitution ?</strong></p>
<p>Je ne remets pas du tout en cause la notion de travail sexuel. Ce que j’essaie de montrer d’abord, c’est que c’est aux principaux concernés de définir la nature de leur activité. C’est à eux que revient le droit de décider si c’est un travail ou une simple mise de leur corps à la disposition d’autrui. Mais ce qui m’importe surtout, c’est de prouver que, <em>dans les deux cas</em>, l’échange doit être protégé par la loi, et peut être rémunéré hors de toute réprobation morale et de toute répression légale. J’insiste beaucoup sur ce point, parce que, de toutes les attaques contre le travail sexuel, celles qui ont le plus d’impact sur le grand public aujourd’hui, viennent de ceux qui voudraient l’interdire au nom du principe qui exclut toute forme de « marchandisation » du corps humain. J’essaie de montrer ce qui est fallacieux dans cet argument, ses origines moralistes et les usages réactionnaires qui en sont faits dans le débat public.</p>
<p><strong>Quand on paye un ou une prostitué(e), on verse une somme qui s’inscrit dans une grille de tarifs moyens (x euros la pipe dans telle quartier, x euros la nuit avec telle call-girl de telle agence…). Si l’on reçoit de l’argent en échange d’une « mise à disposition de son corps », selon quels critères évaluer la valeur, en euros (ou autre monnaie) de ce que l’on offre ?</strong></p>
<p>Dans les deux cas, on peut laisser aux personnes concernées la liberté d’évaluer, en leur recommandant d’éviter de profiter injustement de leurs pouvoirs et en leur interdisant d’user du chantage, de la menace ou de la force.  Comme dans tout autre échange, bien sûr.</p>
<p><strong>Vous-même, avez-vous déjà reçu de l’argent en échange d’une « mise à disposition de votre corps » ? En avez-vous déjà donné à quelqu’un qui mettait son corps à votre disposition ?</strong></p>
<p>Je peux reconnaître que personne ne m’a même <em>proposé </em>de me donner de l’argent en échange d’une mise à disposition de mon corps. Je ne sais pas si je dois m’en réjouir.</p>
<p><strong>N’est-il pas un peu utopiste de prôner une sexualité tarifée libérée de la réprobation morale et de la répression légale dans un monde où la prostitution est l’unique prisme (et on comprendre pourquoi) d’observation de la sexualité tarifée ? Ou formulé différemment : outre un à valoir et quelques droits d’auteurs, qu’espérez-vous de votre livre?</strong></p>
<p>Mon but est purement philosophique. Il est d’inviter à réfléchir de façon critique sur la notion de « marchandisation du corps humain » et de dignité de la personne humaine. Ce qui serait utopique, ce serait d’attendre des droits d’auteur d’une telle réflexion. Ce qui marche plutôt, j’ai l’impression, c’est la dénonciation hystérique de la « marchandisation du corps humain » et l’appel systématique et irréfléchi à la notion de dignité de la personne humaine, plus que la réflexion sur ces questions.</p>
<p><strong><a href="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/04/le_corps_et_l_argent.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-985" title="le_corps_et_l_argent" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/04/le_corps_et_l_argent.jpg" alt="" width="106" height="150" /></a>Votre livre sort quelques jours après les « assises de la prostitution » au Sénat. Que pensez-vous de cet évènement ? Et qu’en attendez-vous ? (si toutefois vous en attendez quelque chose)</strong></p>
<p>Toute occasion donnée aux associations de défense du travail sexuel de s‘exprimer est bonne à prendre, je suppose.</p>
<p><strong>Le Parisien publiait récemment un sondage commandé au CSA qui révélait que 59 % des Français sont pour la réouverture des établissements réservés à la prostitution (70 % pour les hommes, 49 % pour les femmes), et que les opposants à la réouverture ne sont plus que 10 % (contre 26 % en 2003). Que vous inspirent ces chiffres ?</strong></p>
<p>J’espère surtout que les répondants auraient été encore plus nombreux à défendre la décriminalisation complète du travail sexuel, sans aucun encadrement dans des maisons sous contrôle policier et sanitaire. Mais on ne leur a pas demandé.</p>
<p><strong>Comme le montre « Le corps et l’argent » en particulier et votre bibliographie d’une manière générale, vous confrontez volontiers les questions du sexe à celles de la morale et de l&#8217;éthique. Après la pornographie, l’offense et aujourd’hui la sexualité rémunérée, quel sera votre prochain sujet d’étude ?</strong></p>
<p>Ce sera justement une sorte d’antimanuel d’éthique, un guide pratique pour résister au moralisme ambiant, dont l’efficacité ne sera, hélas, pas garantie !</p>
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		<title>Nathalie M: &#171;&#160;J&#8217;aime les grosses queues. Et seulement les grosses.&#160;&#187;</title>
		<link>http://lautresexe.com/2010/02/01/nathalie-m-jaime-les-grosses-queues-et-seulement-les-grosses/</link>
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		<pubDate>Mon, 01 Feb 2010 15:06:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monsieur R.</dc:creator>
				<category><![CDATA[Février 2010]]></category>
		<category><![CDATA[L'interview du mois]]></category>
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		<description><![CDATA[Voilà bien deux ou trois ans que je connais Nathalie M. Et malgré l&#8217;aspect strictement amical de notre relation, son goût immodéré pour les grosses bites revient systématiquement dans la discussion. Je lui demandai récemment pourquoi elle en parlait tout le temps. &#171;&#160;Car le monde doit savoir&#160;&#187;, m&#8217;a-t-elle répondu. Je lui ai donc naturellement proposé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/01/surprise4.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-799" title="surprise4" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/01/surprise4-252x300.jpg" alt="" width="252" height="300" /></a>Voilà bien deux ou trois ans que je connais Nathalie M. Et malgré l&#8217;aspect strictement amical de notre relation, son goût immodéré pour les grosses bites revient systématiquement dans la discussion. Je lui demandai récemment pourquoi elle en parlait tout le temps. &laquo;&nbsp;Car le monde doit savoir&nbsp;&raquo;, m&#8217;a-t-elle répondu. Je lui ai donc naturellement proposé une interview dans L&#8217;Autre Sexe&#8230;</p>
<p><strong>Tu prétends n&#8217;aimer QUE les gros pénis. Est-ce à dire qu&#8217;un homme qui en aurait un petit n&#8217;aurait aucune chance avec toi?</strong></p>
<p>Aucune. Enfin, la première fois si, puisque je ne demande pas toujours la taille du sexe d&#8217;un  homme que j&#8217;ai envie de séduire. Je peux me faire avoir, bien sûr.</p>
<p><strong>Si tu ne demandes pas &laquo;&nbsp;toujours&nbsp;&raquo;, cela signifie que tu demandes &laquo;&nbsp;parfois&nbsp;&raquo;. C&#8217;est-à-dire? Tu demandes à voir de visu? Sous forme d&#8217;une photo?</strong></p>
<p>Non, je suis une personne très confiante, si un homme me dit qu&#8217;il est bien membré, moi j&#8217;y crois. Il peut arriver qu&#8217;au fil d&#8217;une conversation le sujet se présente de façon plus ou moins spontanée, et alors oui, je pose la question.<strong> </strong></p>
<p><strong>Comment les hommes réagissent-ils en général? S&#8217;offusquent-ils de l&#8217;audace d&#8217;une telle question?</strong></p>
<p>Non, en général ils pensent que je plaisante. D&#8217;ailleurs c&#8217;est une excellente façon de faire le tri, ceux qui s&#8217;offusquent un peu sont éliminés de façon immédiate, je n&#8217;aime pas les hommes qui se prennent trop au sérieux. Ceux qui rigolent et jouent le jeu sont bien plus amusants.</p>
<p><strong>Mais alors, entre un homme qui se prend au sérieux mais qui aurait une grosse queue et un homme qui rigole mais en revendique une petite, tu choisis lequel?</strong></p>
<p>Aucun des deux. J&#8217;aime les hommes qui rigolent parce qu&#8217;ils en ont une bien grosse.<strong> </strong></p>
<p><strong><a href="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/01/surprise1.jpg"><img class="size-medium wp-image-800 alignright" title="surprise1" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/01/surprise1-300x255.jpg" alt="" width="300" height="255" /></a>&laquo;&nbsp;Bien grosse&nbsp;&raquo;, ça se mesure comment? En longueur ou en largeur? Y a-t-il un nombre de centimètres requis?</strong></p>
<p>Non, je n&#8217;ai mesuré une bite qu&#8217;une seule fois dans ma vie, en somme il faut que le membre s&#8217;impose de sa seule présence, une grosse queue est une queue qui tient bien en main mais pas trop tellement elle est grande. Si on peut choisir (on peut toujours rêver) l&#8217;idéal serait une grosse et longue queue. Mais si l&#8217;on doit se résigner à un seul des paramètres, sans hésiter: grosse.</p>
<p><strong>Une grosse queue doit-elle avoir un gros gland? C&#8217;est-à-dire un gland qui se détache de sa base comme le chapeau d&#8217;un champignon? Ou un gland qui ne serait que le prolongement d&#8217;une grosse queue suffit-il?</strong></p>
<p>J&#8217;aime bien les champignons, mais pour être franche, du moment qu&#8217;elle est grande, je m&#8217;en fiche un peu.<strong> </strong></p>
<p><strong>Et sa couleur? Et son origine? Bite de noire, d&#8217;arabe, d&#8217;européen, d&#8217;asiatique, est-ce que ça a une importance?</strong></p>
<p>Non, j&#8217;ai une préférence pour les hommes de type méditerranéen et par voie de conséquence, la bite est assortie. Faut dire qu&#8217;une fois dedans on ne la voit pas trop trop.</p>
<p><strong>Une fois dedans? Est-ce à dire que c&#8217;est uniquement pour bien te remplir que tu prises les grosses queues? Ou offrent-elles d&#8217;autres plaisirs?</strong></p>
<p>Le remplissage total est à la base de tout. Mais savoir ce qui va arriver est très excitant, bien sûr. Lorsqu&#8217;il m&#8217;est arrivé de voir une petite bite prête à m&#8217;aborder j&#8217;ai été peu enthousiaste, je sais ce que j&#8217;aime, ce qui marche pour moi. Je n&#8217;admire pas la bite, j&#8217;en fais usage.</p>
<p><strong>Tu ne fais donc pas forcément de différence esthétique entre une petite et une grosse bite?</strong></p>
<p>Si, quand même. Une petite et maigrichonne est peu inspirante. Mais je reconnais qu&#8217;il y a des pas bien grandes assez harmonieuses. Je les laisse aux esthètes.</p>
<p><strong><a href="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/01/surprise2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-801" title="surprise2" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/01/surprise2.jpg" alt="" width="275" height="266" /></a>Quel plaisir prends-tu au remplissage? Le simple constat d&#8217;être remplie? Ou est-ce une histoire de point G?</strong></p>
<p>J&#8217;aime la sensation de remplissage il y a plus de frottement et ça c&#8217;est purement mécanique. Peut être que cela se passe entièrement dans ma tête, mais j&#8217;atteins l&#8217;orgasme alors qu&#8217;avec un petit pénis il ne se passe rien.</p>
<p><strong>Faut-il en déduire que tu ne jouis pas du clitoris? Ou qu&#8217;à défaut les orgasmes procurés par le clitoris t&#8217;intéressent moins?</strong></p>
<p>Pour avoir un orgasme il faut une excitation, une petite bite ne m&#8217;excite pas donc je n&#8217;envisage même pas. Mais bon, je peux toujours me masturber à coté d&#8217;un homme mal doté tout en pensant à un autre mieux monté. Oui, ça je peux.</p>
<p><strong>Et la fellation dans tout ça? Préfères-tu  également sucer une grosse queue, quitte à ne pas pouvoir l&#8217;enfourner entièrement?</strong></p>
<p>Oui. C&#8217;est pareil, la fellation fait partie du jeu, au cas où tu ne l&#8217;aurais pas compris, moi j&#8217;aime les grosses bites. Les grosses.</p>
<p><strong>Et les couilles?</strong></p>
<p>Les seconds rôles sont moins fascinants, on s&#8217;en fout des couilles.</p>
<p><strong>Certaines femmes affirment, parlant de la quéquette de leur mec, qu&#8217;il vaut mieux &laquo;&nbsp;une petite travailleuse qu&#8217;une grosse paresseuse&nbsp;&raquo;. Beaucoup disent plus simplement: &laquo;&nbsp;la taille du pénis, ça ne préoccupe que les hommes, mais pour nous les femmes ce n&#8217;est pas ça qui compte&nbsp;&raquo;. Qu&#8217;aurais-tu envie de leur répondre?</strong></p>
<p>D&#8217;abord, je dirai comme ça, a chaud que mon cul.</p>
<p>Si elles n&#8217;ont pas envie de travailler, qu&#8217;elles restent allongées à faire l&#8217;étoile de mer, moi, mes orgasmes je les cherche et je les trouve.</p>
<p>La taille est importante, mais on peut très bien aimer un homme à petite bite, on oublie les orgasmes et on n&#8217;en parle plus, on fait L&#8217;AMOUR, moi je parle de sexe. Du bon.<strong> </strong></p>
<p><strong>Bah, on peut aussi faire l&#8217;amour avec une grosse queue, non?</strong></p>
<p>Ah mais je ne dis pas le contraire. Mais j&#8217;ai l&#8217;impression que très souvent il est surtout question d&#8217;amour et beaucoup de femmes font l&#8217;impasse sur le plaisir de l&#8217;orgasme, se concentrant seulement sur le plaisir d&#8217;être avec un homme dont on est amoureuse. C&#8217;est leur droit, chacun son trip. En ce qui me concerne, ce sont des gros sexes pas mous. La dureté est la première condition, évidemment.</p>
<p><strong>Et pourquoi crois-tu que ces femmes s&#8217;interdisent les plaisirs de la bonne baise avec une grosse queue? Est-ce inhérent à la femme, et dans ce cas tu en serais une exception, ou est-ce le fruit d&#8217;un conditionnement de quelque nature qu&#8217;il soit?</strong></p>
<p>Parce que dans Marie Claire on dit que la taille n&#8217;a pas d&#8217;importance, parce qu&#8217;il ne faut blesser personne. Alors on y croit et pourtant, pourtant c&#8217;est faux. La taille est importante, mais ça ne se dit pas, la vérité surgit dans une réunion de copines légèrement avinées: beaucoup d&#8217;entre nous simulent. Il m&#8217;a fallu beaucoup d&#8217;années pour reconnaître ce qui me plaisait vraiment: jouir. Je ne suis pas une exception, je suis seulement une femme qui dit ce que plein d&#8217;autres pensent.</p>
<p><strong><a href="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/01/surprise3.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-802" title="surprise3" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/01/surprise3-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Comment penses-tu que tes propos seront accueillis par les lecteurs et les lectrices de L&#8217;Autre Sexe?</strong></p>
<p>Les petites bites et les femmes coincées vont sûrement râler, les grosses bites et les femmes qui aiment le sexe vont exulter et rire en coin. Après chacun dira ce qu&#8217;il voudra, comme nous le savons tous, tout le monde ment</p>
<p><strong>En somme, cette interview n&#8217;aura servi à rien?</strong></p>
<p>Ah parce qu&#8217;il fallait qu&#8217;elle soit utile?</p>
<p><strong>Ca c&#8217;est toi qui vois. Tu aurais pu considérer ton point de vue d&#8217;une façon militante, et donc le délivrer avec la volonté de faire évoluer les choses&#8230; reste à savoir quoi.</strong></p>
<p>J&#8217;ai fait évoluer mes choses, c&#8217;est déjà ça de pris. Il m&#8217;a fallu m&#8217;effeuiller de beaucoup d&#8217;années de forte hypocrisie. Je ne milite pas, ça me gonfle. Mais je suis sincère.</p>
<p>Bonus: le making-of de <a href="http://www.tetu.com/actualites/france/en-images-le-making-of-de-la-plus-grosse-bite-de-paris-15614/10" target="_blank">la plus grosse bite de Paris</a> sur le site de Têtu.</p>
<p><strong><a href="http://www.tetu.com/actualites/france/en-images-le-making-of-de-la-plus-grosse-bite-de-paris-15614/10"><br />
</a></strong></p>
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		<title>Itw de Delphine Léonore, auteur de &#171;&#160;Sexe, mensonge et thérapie&#160;&#187;</title>
		<link>http://lautresexe.com/2009/12/31/itw-de-delphine-leonore-auteur-de-sexe-mensonge-et-therapie/</link>
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		<pubDate>Thu, 31 Dec 2009 06:05:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bob</dc:creator>
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		<category><![CDATA[coaching sexuel]]></category>
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		<description><![CDATA[A l&#8217;occasion de sa première création « Sexe, mensonges et thérapie », jouée à partir du 20 novembre 2009 au théâtre le Méry, Bob, notre envoyée spéciale de luxe, a interviewé Delphine Léonore, à l&#8217;origine scénariste pour la télévision.
Pour commencer, quel est le pitch de votre pièce?
Il s&#8217;agit d&#8217;un jeune couple, Samuel et Juliette (interprétés par Mezir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-709" title="sexemensonge" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/01/sexemensonge.jpg" alt="sexemensonge" width="600" height="886" />A l&#8217;occasion de sa première création « Sexe, mensonges et thérapie », jouée à partir du 20 novembre 2009 au théâtre le Méry, Bob, notre envoyée spéciale de luxe, a interviewé Delphine Léonore, à l&#8217;origine scénariste pour la télévision.</p>
<p><strong>Pour commencer, quel est le pitch de votre pièce?</strong></p>
<p>Il s&#8217;agit d&#8217;un jeune couple, Samuel et Juliette (interprétés par Mezir Mohandi et Marie-Sophie Vulliez), qui se rend dans un gîte rural du Larzac. Le premier, Samuel, pense venir à un week-end d&#8217;initiation à l&#8217;oenologie, alors que sa compagne l&#8217;a en fait amené à un stage de coaching sexuel, dans l&#8217;espoir de résoudre le manque de désir qui plane entre eux. Le temps qu&#8217;il s&#8217;aperçoive de la situation, il va se retrouver, ainsi que sa chère et tendre, confrontés à deux coachs New-Age totalement dingues, et va devoir enchaîner malgré lui les exercices les plus incongrus.<br />
A ce contexte propre au burlesque se greffe ensuite une intrigue typiquement « boulevard » sur le thème de l&#8217;infidélité conjugale.</p>
<p><strong>Racontez-nous la genèse du projet&#8230; Serait-ce autobiographique ?</strong></p>
<p>(rires) Pas que je sache! En tout cas, je n&#8217;ai jamais suivi de stage de coaching de quelque sorte que ce soit, dans le Larzac ou ailleurs ! Cela étant dit, c&#8217;est presque dommage, car je pense que je m&#8217;y serais beaucoup amusée ! En fait, le projet est une commande des deux producteurs et comédiens, Mezir Mohandi et Marie-Sophie Vulliez, qui souhaitaient monter une comédie de boulevard moderne et légère, apte à séduire aussi bien les trentenaires parisiens que les couples « seniors ». Je leur ai proposé cette histoire, un brin loufoque, autour du thème du désir.</p>
<p><strong>Justement, pourquoi choisir d&#8217;aborder ce thème du désir?</strong></p>
<p>C&#8217;est LA question centrale du couple. N&#8217;importe quel texte littéraire traitant du couple va aborder, peu ou prou, de front ou de biais, cette question du désir, que ce soit en traitant la rencontre amoureuse, la jalousie, la perte du désir, le désir malmené, etc&#8230; Ici, ce n&#8217;est pas le thème en lui-même qui vaut par son originalité, c&#8217;est plutôt le contexte de l&#8217;histoire (un stage de coaching sexuel), et la folie des personnages qui lui donnent du sel et du relief.<br />
D&#8217;ailleurs, la pièce aborde aussi d&#8217;autres thèmes connexes et plus classiques, comme la non-communication, ou l&#8217;infidélité&#8230;</p>
<p><strong>Le couple en difficulté, dans votre pièce, décide de se tourner vers le coaching sexuel pour résoudre ses problèmes. Qu&#8217;est-ce qui vous a incité à traiter le sujet de cette manière?</strong></p>
<p>Le coaching est un phénomène de mode fascinant. Aujourd&#8217;hui, les gens sont tellement perdus dans leur vie, se connaissent si peu eux-mêmes, qu&#8217;au lieu de chercher la solution en eux, ils préfèrent se tourner vers ce genre de « solutions miracles », sorte de « chemin de vie en kit », et avoir un package de solutions pour savoir enfin comment réussir leur carrière, leur couple, leur vie sexuelle, etc&#8230; Je trouve cela très symptômatique de notre société occidentale moderne : mettre des « patchs », des pansements de fortune sur les problèmes plutôt que de les analyser, et de les traiter en profondeur. Sans vouloir porter un jugement de valeur sur toutes ces techniques, j&#8217;ai l&#8217;impression que la plupart est simplement un bon filon pour charlatans. J&#8217;avais envie de traiter de cet aspect-là, mais par le biais du rire.<br />
Et puis, le personnage du coach en lui-même, en termes scénaristiques, est une figure de comédie formidable, et parfaitement adaptée à la forme du texte théâtral : il représente le « guide » qui accompagne le protagoniste dans un voyage initiatique, un schéma narratif classique. Or, si l&#8217;on fait de ce guide, comme je m&#8217;y suis amusée, un fou furieux ou un incompétent notoire, la comédie n&#8217;est jamais bien loin.</p>
<p><strong> Avec un tel sujet, l&#8217;écueil principal de ce genre de spectacles est sans aucun doute la vulgarité. Comment l&#8217;éviter à votre avis?</strong></p>
<p><em> </em></p>
<p>Et bien, concernant la vulgarité d&#8217;un texte, l&#8217;appréciation est très relative selon le lecteur (ou le spectateur), et j&#8217;ai fréquemment l&#8217;occasion de m&#8217;apercevoir que le curseur est étonnament très variable d&#8217;une personne à l&#8217;autre.<br />
Cependant, je pense qu&#8217;on évite la vulgarité quand on ne se laisse pas aller au comique facile, et que les références au sexe font sens par rapport à l&#8217;histoire. Une référence au sexe devient vulgaire ou pornographique dès lors qu&#8217;elle n&#8217;a pour seule visée qu&#8217;elle-même. C&#8217;est sa vacuité qui la rend vulgaire, en somme.<br />
La pièce peut paraître osée, mais à ma connaissance, il est très rare que les spectateurs la trouvent vulgaire, sans doute pour plusieurs raisons : d&#8217;abord parce que la sexualité est abordée de façon assez technique (par les coachs) ; c&#8217;est d&#8217;ailleurs cette technicité excessive, saugrenue ou maladroite, qui crée assez souvent le comique.<br />
Ensuite, parce que les situations où la sexualité est présente ne sont pas en décalage avec les personnages. Par exemple, il y a une très courte scène relativement osée dans la pièce. Et bien, cette scène emporte toujours beaucoup de rires, parce que, selon moi, elle fait sens dans l&#8217;histoire, et que les actes des personnages sont en accord avec la façon dont ils ont été caractérisés. Grâce à la justesse de la mise en scène (signée Stéphane Douret), les deux protagonistes (le jeune couple) accompagnent le regard du spectateur, en adoptant le même point de vue que lui, un point de vue naïf et innocent devant les méthodes souvent incongrues des coachs.</p>
<p><strong>Pour conclure, Delphine Léonore, que conseilleriez-vous aux couples en difficulté?</strong></p>
<p><em> </em></p>
<p>D&#8217;aller voir ma pièce ! Ça les fera, je l&#8217;espère, un peu rire, et qui sait, leur donnera même peut-être quelques idées pour la suite de leur soirée (<em>sourire</em>) ! Plus sérieusement, au risque de paraphraser le Dr Ruth ou je ne sais quel sexologue médiatisé, je leur conseillerais de communiquer avant tout, et surtout de faire travailler cet outil fabuleux et inépuisable qu&#8217;est l&#8217;imagination, pour instiller à nouveau un peu de désir dans leur couple. Le quotidien a un effet dévastateur sur le désir et l&#8217;amour, mais les couples font également souvent preuve d&#8217;une certaine paresse vis-à-vis de cette situation. Alors, pour paraphraser Voltaire, je dirais qu&#8217;il faut&#8230; « cultiver notre désir » !</p>
<p>« <em>Sexe, Mensonges et Thérapie </em>» de Delphine Léonore<br />
Mise en scène : Stéphane Douret<br />
Avec : Philippe Cariou, Daphné de Quatrebarbes, Mezir Mohandi, Marie-Sophie Vulliez<br />
Costumes : Brigitte El Bar<br />
Décor : Caroline Mexme<br />
Musique : Stéphane Zidi et Laurent Sauvagnac<br />
Coiffure : Philippe Arque</p>
<p>Au théâtre le Méry, 7 place de clichy 75017 PARIS, Métro Place de clichy Ligne 13 et 2<br />
Du mercredi au samedi 20h<br />
Le dimanche 17h<br />
Location : 01 45 22 03 06 et <a href="http://www.theatrelemery.com/">www.theatrelemery.com</a>, FNAC, TICKENET, BILLETREDUC, kiosque théâtre et points de vente habituels.</p>
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		<title>Guilain Omont, un porte-parole français du polyamour</title>
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		<pubDate>Thu, 31 Dec 2009 06:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monsieur R.</dc:creator>
				<category><![CDATA[Janvier 2010]]></category>
		<category><![CDATA[L'interview du mois]]></category>
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		<description><![CDATA[Guilain Omont habite Paris, a 27 ans et une tête de beatnick. Après avoir travaillé quelques années comme ingénieur, il profite actuellement d’une année sabbatique qu&#8217;il met à profit pour baiser et dormir réfléchir et tourner des films sur les pédagogies alternatives, les écoles différentes, la psychologie du développement,  la philosophie morale. Et quand il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Guilain Omont habite Paris, a 27 ans et une tête de beatnick. Après avoir travaillé quelques années comme ingénieur, il profite actuellement d’une année sabbatique qu&#8217;il met à profit pour <span style="text-decoration: line-through;">baiser et dormir</span> réfléchir et tourner des films sur les pédagogies alternatives, les écoles différentes, la psychologie du développement,  la philosophie morale. Et quand il lui reste un peu de temps, il sert la cause du polyamour. Du quoi? Je lui ai posé la question. En le tutoyant contrairement aux interviews précédentes, mais je ne vais pas non plus faire semblant de ne pas le connaître.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong><img class="alignleft size-full wp-image-677" title="guilain_omont" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/01/guilain_omont.jpg" alt="guilain_omont" width="300" height="443" />C’est quoi, le polyamour ?</strong></p>
<p>Alors, le polyamour&#8230; ça consiste à remettre ouvertement en question le principe d&#8217;exclusivité amoureuse. Le polyamour tend à permettre à chacun de vivre plusieurs relations amoureuses (mais rien n&#8217;oblige à en vivre plusieurs), sans les cacher les unes aux autres (tromper son conjoint n&#8217;est pas considéré comme une forme de polyamour).</p>
<p>Le mot &laquo;&nbsp;polyamour&nbsp;&raquo; est une traduction du mot anglais &laquo;&nbsp;polyamory&nbsp;&raquo; (présent dans le Oxford English Dictionary). Il vient du grec et du latin : &laquo;&nbsp;plusieurs amours&nbsp;&raquo;, il est synonyme d&#8217;amours multiples, d&#8217;amours pluriels. Personnellement, j’utilise de plus en plus le terme &laquo;&nbsp;amours pluriels&nbsp;&raquo; parce que &laquo;&nbsp;pluriels&nbsp;&raquo; renvoie à la notion de singularité, alors qu’avec &laquo;&nbsp;poly&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;multiples&nbsp;&raquo;, on est plutôt dans l’interchangeable, le technique…</p>
<p>Il n&#8217;y a pas un modèle à suivre dans le polyamour, mais des situations à réinventer en permanence en fonction des attentes, des envies, des besoins et des limites de chacun… A partir du moment où l’on remet en question l’exclusivité amoureuse, beaucoup de questions peuvent être approchées différemment : la jalousie (qui peut être douloureuse sans être invivable), la traditionnelle dichotomie &laquo;&nbsp;tout ou rien&nbsp;&raquo; (on est complètement &laquo;&nbsp;ensemble&nbsp;&raquo; ou pas du tout &laquo;&nbsp;ensemble&nbsp;&raquo;), les ruptures, la pression subie dans la relation, le rapport à la solitude, les séductions, les frustrations, l&#8217;entre-aide dans les moments difficiles, les raisons de se voir et de passer du temps ensemble, etc.</p>
<p><strong>Quelle différence entre un polyamoureux et quelqu&#8217;un qui partage son temps entre divers &laquo;&nbsp;sex friends&nbsp;&raquo;?</strong></p>
<p>Quelqu&#8217;un qui partage son temps entre divers &laquo;&nbsp;sex friends&nbsp;&raquo; et qui ne cache pas ses &laquo;&nbsp;sex friends&nbsp;&raquo; les uns aux autres ? C&#8217;est déjà une forme de polyamour. Mais le polyamour ne se limite pas à cela, puisque le polyamour n&#8217;exclut pas l&#8217;implication, l&#8217;engagement, la cohabitation, la conception d&#8217;enfants, le romantisme, la passion, etc. ou même le mariage !</p>
<p><strong>Théoriquement, ou dans les faits? Tu as vraiment un cas de mariage polyamoureux à me citer en exemple ?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Il ne s&#8217;agit pas de mariages à 3, 4 ou plus&#8230; Il s&#8217;agit de mariages ordinaires, entre 2 personnes (de sexe différent, si l&#8217;on parle de la France).</p>
<p>Etre polyamoureux n&#8217;empêche pas de se marier. On peut remettre ouvertement en question l&#8217;exclusivité amoureuse et vouloir quand même se marier (ou se pacser) avec quelqu&#8217;un : fiscalité, contrat de solidarité mutuelle, enfants, héritage, romantisme, envie de célébrer un amour avec les amis et la famille, etc.</p>
<p><strong>Quand deux jeunes mariés passent à l&#8217;église, on leur explique clairement qu&#8217;ils se doivent fidélité l&#8217;un à l&#8217;autre&#8230; Faut-il en déduire que le mariage polyamoureux est nécessairement civil? Et donc athée? Ou religieux contrarié?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Même dans le mariage civil, le maire parle de fidélité (art. 212). Donc le mariage de polyamoureux est de toute façon un mariage contrarié <img src='http://lautresexe.com/wp/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Ou alors il faudrait interpréter le terme de fidélité comme le soutien du conjoint (qui va avec le &laquo;&nbsp;secours, assistance&nbsp;&raquo; du même article 212) et/ou comme le fait de ne pas lui mentir. Cette interprétation est souvent donnée par des polyamoureux, qui se disent fidèles. Mais personnellement, je n&#8217;aime pas détourner les mots de leur sens habituel (sauf pour le cas très particuliers des injures, qu&#8217;on peut revendiquer fièrement pour en retourner le sens, comme gay, salope, queer, geek, etc.)</p>
<p>Heureusement, en France, la loi est de plus en plus souple concernant cette fidélité : depuis 2005, peu importe que le divorce soit prononcé pour faute (par exemple l’infidélité de l’un des conjoints) ou non. Cela n’a plus de conséquence pratique (sauf, et c’est tant mieux, dans les cas de violence conjugale).</p>
<p>Dans les pays anglo-saxons, des gens réclament la possibilité de faire des mariages à plus que deux, mais en France, on n&#8217;en est pas là. Et personnellement, peu m&#8217;importe qu&#8217;on ne puisse pas se marier ou se pacser à plus que deux.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Le mariage, traditionnellement, c&#8217;est aussi l&#8217;union du père et de la mère d&#8217;un ou de plusieurs futur(s) enfant(s). Comment le polyamour considère-t-il la question de la procréation?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>C&#8217;est une question qui occupe de la place dans la plupart des bouquins qui traitent du polyamour. Personnellement, je connais 3 couples polyamoureux qui ont des enfants. Ce n&#8217;est pas toujours évident, notamment le regard des autres enfants sur les enfants des polyamoureux (dans le cas des petites villes où tout se sait). Ma conviction, c&#8217;est qu&#8217;on n&#8217;est pas obligé de cacher le polyamour à ses enfants, et que ceux-ci s&#8217;intéressent plus à l&#8217;ambiance relationnelle entre les parents qu&#8217;à leur vie amoureuse respective. Lorsque les parents se sentent bien ensemble, ça ne change pas grand chose que maman s&#8217;absente un après-midi pour jouer au tennis ou passer du temps avec son amant&#8230; Je crois qu&#8217;une règle astucieuse est de présenter aux enfants les gens qui viennent dans le domicile familiale comme des amis, et de ne pas préciser si c&#8217;est des amants ou non (sachant qu&#8217;ils savent que ça pourrait éventuellement être des amants).</p>
<p>Une petite anecdote : j&#8217;étais chez des amis polyamoureux. Ils ont des enfants. On était dans le salon et je faisais un hug (se prendre dans les bras) avec C. (même si on n&#8217;est pas amant). L&#8217;un des enfants a pleuré. F. a bien pris soin de lui demander si c&#8217;était parce que C. faisait un hug avec moi qu&#8217;il n&#8217;était pas content. Bon, ce n&#8217;était pas ça, mais j&#8217;ai bien aimé ce souci de vérifier que les enfants ne sont pas déstabilisés par les situations parfois inhabituelles.</p>
<p>Cela fait longtemps que j’ai dans la tête une cellule familiale idéale : 2 apparts séparés, sur le même étage d&#8217;un immeuble. Une coloc de 4 ou 5 personnes dans chaque appart. La mère dans l&#8217;une des colocs, le père dans l&#8217;autre. Les chambres des enfants donnant sur les 2 appartements ! Avantages : les enfants ont plusieurs adultes référents, la pression sur la relation entre les parents est moindre (ils n&#8217;habitent pas vraiment ensemble)&#8230; Mais bon, de toute façon, je ne pense pas avoir d&#8217;enfant d&#8217;ici 10 ou 15 ans, et peut-être que je n&#8217;en aurai jamais&#8230;</p>
<p><strong>Ta cellule familiale idéale m&#8217;inspire une autre question: s&#8217;il y a un père et une mère, c&#8217;est qu&#8217;il y a de fait un binôme polyamoureux qui baise sans capote. Et les autres? Un polyamoureux couche-t-il sans se protéger avec plusieurs personnes à la fois? Ou existe-t-il malgré tout une &laquo;&nbsp;hiérarchie&nbsp;&raquo;, et donc un &laquo;&nbsp;couple&nbsp;&raquo; qui serait plus &laquo;&nbsp;couple&nbsp;&raquo; que les<br />
autres, ne serait-ce du fait de cette simple distinction rapport protégé/non protégé?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>On peut tout imaginer :<br />
- tout le monde baise toujours avec capote et on fait de la procréation médicalement assistée (avec option &laquo;&nbsp;mère porteuse indienne&nbsp;&raquo;)<br />
- 2 amoureux baisent sans capote mais avec capote pour tous les autres partenaires (cela créé effectivement une certaine hiérarchie dans les relations, mais le polyamour ne consiste pas forcément à mettre toutes ses relations amoureuses sur le même plan)<br />
- un certain nombre d&#8217;amoureux baisent entre eux sans capote, et avec capote avec le reste du monde (notion de polyfidélité)<br />
- c&#8217;est au petit bonheur la chance</p>
<p>En ce qui me concerne, je &laquo;&nbsp;pratique&nbsp;&raquo; plutôt le point 2. Mais pour être honnête, tout n’a pas toujours été aussi carré… Notamment, il m’est arrivé une fois d’être dans l’option 2 avec P. et de faire l’amour sans préservatif avec une autre femme. Je l’ai bien sur dit immédiatement à P., évidemment ça l’a complètement énervée, la confiance en avait pris un coup, et on a du changer d’option… J’ai aussi remis des préservatifs avec l’autre femme après cet épisode peu glorieux…</p>
<p><strong>On baisait beaucoup plus facilement sans capote et avec n&#8217;importe qui dans les années 70. Finalement, est-ce que ce qui a tué l&#8217;élan polyamoureux des années post-68, ce n&#8217;est pas juste le sida? Et à ton avis, si on annonçait demain matin la création d&#8217;un vaccin infaillible contre le sida, y aurait-il une vague de polyamour sur le monde? Ou le polyamour est-il freiné par d&#8217;autres formes d&#8217;obstacles?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Alors&#8230; Il y a une distinction importante à faire, entre polyamour et libertinage tel qu’on l’entend aujourd’hui. Par rapport au libertinage, le polyamour est moins orienté vers le sexe et plus orienté vers le relationnel, l&#8217;affectif, les sentiments&#8230; La majorité des polyamoureux que je connais ne veut pas entendre parler de &laquo;&nbsp;baiser n&#8217;importe qui&nbsp;&raquo; : les sentiments amoureux sont pour eux indispensables pour le sexe. Et d’un autre côté, je crois qu&#8217;une bonne partie des libertins refusent que leur partenaire développe d&#8217;autres relations amoureuses (affectives, sentimentales) que la leur. Bien sur, il existe des polyamoureux libertins, dont je fais partie.</p>
<p>A mon avis, le polyamour a toujours existé, et je n&#8217;ai aucune donnée fiable pour dire que le nombre de polyamoureux augmente ou diminue. J&#8217;ai l&#8217;impression que l&#8217;élan des années 70 ne correspond pas à la façon actuelle de vivre le polyamour : parmi les polyamoureux que je connais, je constate une certaine indépendance entre les différentes relations amoureuses (même si, parfois, deux amant(e)s se rencontrent ou une triade se forme, les relations restent majoritairement entre deux personnes). La vision que j&#8217;ai de cet élan des années 70, c&#8217;est surtout des polyamoureux vivants en communauté ou des libertins&#8230;</p>
<p>Sans le SIDA, il y aurait encore les autres MST. Le safer-sex resterait pertinent, et donc, les questions parfois problématiques qu’on vient d’évoquer ne disparaitraient pas. Je pense que le SIDA a surtout ralentit la remise en question des morales &laquo;&nbsp;sex negative&nbsp;&raquo; du genre : &laquo;&nbsp;le sexe est déshonorant (surtout pour les femmes, et surtout s&#8217;il n&#8217;y a pas de sentiment) et dangereux parce qu&#8217;il rend les gens agressifs, incontrôlables (surtout les hommes)&nbsp;&raquo;. Ce genre de morale puritaine n&#8217;empêche pas vraiment le polyamour, mais empêche plutôt le libertinage&#8230;</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Un polyamour conforme à une certaine morale puritaine&#8230; Finalement, est-ce que ça n&#8217;en fait pas une forme revisitée de la polygamie? Un genre de &laquo;&nbsp;polygamie paritaire&nbsp;&raquo;?</strong></p>
<p>Oui, le polyamour n&#8217;exclut pas forcément une certaine forme de morale puritaine, mais en général, je trouve que les polyamoureux sont quand même moins puritains que la moyenne…</p>
<p>Effectivement, on peut rapprocher le concept du polyamour et de la polygamie. On emploie souvent le mot &laquo;&nbsp;polygamie&nbsp;&raquo; à tort, pour désigner la &laquo;&nbsp;polygynie&nbsp;&raquo; (1 homme peut se marier à plusieurs femmes). C’est un abus de langage. La vraie définition du mot &laquo;&nbsp;polygamie&nbsp;&raquo; (celle du Petit Robert par exemple), c&#8217;est qu&#8217;une personne (homme ou femme) peut avoir plusieurs conjoints du sexe opposé. Même en rétablissant cette vraie définition, il reste des différences avec le polyamour. D&#8217;une part, contrairement au polyamour, la polygamie est très orientée &laquo;&nbsp;mariage&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;reconnaissance légale par la société&nbsp;&raquo; : c’est un régime juridique. D&#8217;autre part, le polyamour peut prendre des formes plus variées que la polygamie, puisqu&#8217;il s&#8217;agit de vivre des relations amoureuses et non d&#8217;avoir des conjoints&#8230;</p>
<p><strong>Tu fais la nuance entre &laquo;&nbsp;vivre une relation amoureuse&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;avoir un conjoint&nbsp;&raquo;? Faut-il en déduire que le polyamoureux n&#8217;a pas plusieurs conjoints?</strong></p>
<p>Pas forcément, non&#8230; Mais il peut aussi avoir plusieurs conjoints. Il existe beaucoup de sortes de polyamour&#8230; Tout comme il existe beaucoup de façon d&#8217;être dans une relation amoureuse avec quelqu&#8217;un&#8230;</p>
<p><strong>Il existe beaucoup de façons d&#8217;être dans une relation amoureuse avec quelqu&#8217;un, mais il me semble que le propre de la relation exclusive, c&#8217;est qu&#8217;elle est gouvernée par le sentiment d&#8217;exclusivité et donc de jalousie, qui existe certes à des degrés très variables selon les individus et l&#8217;avancée de leurs introspections, mais qui est toujours plus ou moins là. Comment les polyamoureux règlent-ils le problème de la jalousie? En sont-ils dégagés, ou doivent-ils s&#8217;y confronter? Formulé différemment: le polyamoureux est-il structuré psychiquement d&#8217;une façon différente de l&#8217;amoureux potentiellement jaloux, ou doit-il faire des efforts pour raisonner sa jalousie?</strong></p>
<p>Parmi les polyamoureux que je connais, la grande majorité éprouve de la jalousie, moi compris ! Et je crois qu&#8217;il est illusoire d&#8217;attendre de la raison qu&#8217;elle annule ce sentiment. Il s&#8217;agit donc de faire avec&#8230;</p>
<p>Il existe une croyance très répandue concernant la jalousie : elle serait insurmontable et détruirait forcément la relation amoureuse. Cette croyance n&#8217;est pas justifiée. Les douleurs provoquées par la jalousie sont le plus souvent supportables, surtout si le ou la partenaire arrive à écouter et à entendre cette jalousie sur un mode non-défensif et empathique. Le temps et la discussion empathique permettent presque toujours de trouver des solutions qui satisfassent chacun. De telles capacités d&#8217;écoute peuvent s&#8217;apprendre.</p>
<p>De plus, être confronté à ces sentiments de jalousie est une occasion de se poser des questions essentielles : &laquo;&nbsp;pourquoi est-ce que j&#8217;éprouve cette jalousie ?&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;de quoi ai-je peur ?&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;quel est mon rapport à la solitude ?&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;qu&#8217;est ce qui est le plus important dans ma relation avec mon ou ma partenaire ?&nbsp;&raquo;, etc.</p>
<p>Des livres tels que &laquo;&nbsp;the ethical slut&nbsp;&raquo; (la salope éthique – 1997 puis 2009), traitent très bien de ce sujet !</p>
<p><strong>Mon plus gros a priori vis à vis du polyamour, c&#8217;est qu&#8217;il fait disparaitre la solitude qui suit le deuil amoureux, et qui à mon avis est nécessaire au travail qu&#8217;il demande. En clair: si tu romps une histoire, tu n&#8217;es pas seul, tu as toujours un ou deux amoureux dans ta vie, de quoi d&#8217;une part te consoler, d&#8217;autre part continuer d&#8217;avoir ta dose d&#8217;amour. Ce qui m&#8217;inspire les deux questions suivantes : 1. Comment faire un deuil amoureux efficacement sans affronter les démons de la solitude et les saines questions qu&#8217;ils te posent? 2. Certains polyamoureux ne le sont-ils pas pour des raisons de dépendance affective?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Avec le polyamour, il y a mille et unes occasions d&#8217;affronter ce que tu appelles &laquo;&nbsp;les démons de la solitude&nbsp;&raquo; : amoureux principal occupé avec quelqu&#8217;un d&#8217;autre ou sans grande envie de partage pendant une période, amoureux distants géographiquement, période de célibat polyamoureux (si si !), etc. L&#8217;une des conditions indispensable pour être capable de vivre le polyamour, c&#8217;est justement de se sentir bien avec soi-même et avec ces périodes de solitude&#8230; C’est de cela que traitent les 8 premiers chapitres de « the ethical slut » : il s’agit de sortir du mythe des moitiés, pour s’éprouver comme un être entier…</p>
<p>Je trouve que les deuils amoureux des polyamoureux ont tendance à être plus paisibles que la moyenne. Il est beaucoup plus facile de rester amis : pas de ressentiment lié à une trahison, plus de fluidité et d&#8217;indépendance dans la relation, etc. En ce qui me concerne, mes deux deuils amoureux se sont passés en douceur, même s&#8217;ils ont étés douloureux, et je suis encore dans une relation amicale proche avec mes deux &laquo;&nbsp;ex&nbsp;&raquo;&#8230; Autrement dit, à mon avis, tu n&#8217;as pas besoin d&#8217;une souffrance aiguë liée à un deuil pour expérimenter et apprivoiser la solitude&#8230;</p>
<p>Oui, il y a certainement des personnes qui sont polyamoureuses pour des raisons de dépendance affective. Mais j&#8217;ai l&#8217;impression qu&#8217;en général, les personnes en dépendance affective vont plutôt se tourner vers l&#8217;exclusivité amoureuse, parce qu&#8217;elles seront inquiétées par le côté imprévisible, mouvant et sans cesse à ré-inventer du polyamour !</p>
<p><strong>Combien as-tu d&#8217;amoureuses en ce moment? Y a t-il un nombre moyen d&#8217;amoureux/se par polyamoureux/se constaté? 2 ou 3? Ou plutôt dans les 25? </strong></p>
<p>Alors, en ce moment, je suis avec une amoureuse depuis 2 mois (rencontrée sur <a href="http://adopteunmec.com/">adopteunmec.com</a> !). Je fonds complètement pour elle, je suis dans une phase passionnelle, presque fusionnelle (quand je ne la vois pas 48h, je souffre !)&#8230; Dès le début, je lui ai écrit que je vis les amours pluriels. Au niveau intellectuel, elle n&#8217;est pas contre, mais elle a peu de confiance en elle-même et elle n&#8217;est pas sure de supporter ses sentiments de jalousie. Du coup, au bout de quelques rencontres, nous avons décidé de partir sur 4 mois d&#8217;exclusivité amoureuse : il s&#8217;agit de nous laisser le temps de parler des amours pluriels et de nous connaître mieux&#8230;</p>
<p>Ma vie amoureuse a commencé tard, et je n&#8217;ai eu que deux longues relations amoureuses (plus de deux ans puis un peu plus d&#8217;un an). Les deux fois, j&#8217;ai vécu d&#8217;autres relations amoureuses en même temps, mais beaucoup moins intenses, et moins suivies&#8230; Donc, en comptant mes périodes de célibats (quelques mois par ci, quelques mois par là), ma &laquo;&nbsp;moyenne&nbsp;&raquo; tourne autour de 1 <img src='http://lautresexe.com/wp/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' />  Ceci dit, je reste très proche de mes deux &laquo;&nbsp;ex&nbsp;&raquo; et je les vois souvent ! C&#8217;est une forme d&#8217;amitié particulière que j&#8217;apprécie beaucoup&#8230;</p>
<p>La plupart des autres polyamoureux que je connais ont une &laquo;&nbsp;moyenne&nbsp;&raquo; qui tourne aussi autour de 1. Mais, comme pour mes deux &laquo;&nbsp;ex&nbsp;&raquo;, il devient très vite difficile de distinguer la relation amicale de la relation amoureuse. Il n&#8217;y a plus une séparation nette, comme c&#8217;est le cas pour ceux qui ne vivent pas le polyamour : &laquo;&nbsp;on est ensemble ou on n&#8217;est pas ensemble : pas d&#8217;alternative possible !&nbsp;&raquo;&#8230; Donc plus ça va, plus j&#8217;ai du mal à définir cette fameuse &laquo;&nbsp;moyenne&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p>Ce qu&#8217;apporte le polyamour, ce n&#8217;est pas que la multiplication des relations amoureuses, mais c&#8217;est aussi (et je dirais surtout) la transformation de la nature des relations amoureuses !</p>
<p><strong>Et en t&#8217;engageant pour 4 mois d&#8217;exclusivité, te sens-tu privé de quelque chose? Ressens-tu un besoin frustré? Si oui, de quel ordre?</strong></p>
<p>Je ne me sens pas privé de grand chose, notamment parce que cette exclusivité est temporaire. Je peux continuer à cultiver des amitiés ou même des fantasmes avec des femmes qui m&#8217;attirent, que je les connaisse depuis longtemps ou pas, en me disant que rien ne sera exclus dans quelques mois&#8230;</p>
<p>Que se passera t-il dans quelques mois si B. (la nouvelle &laquo;&nbsp;amoureuse&nbsp;&raquo;) ne se sent pas prête à en découdre avec ses sentiments de jalousie ? Peut-être que je sentirai qu&#8217;elle a déjà bien avancé et que ça ne sera pas trop d&#8217;efforts pour moi de prolonger la période d&#8217;exclusivité&#8230; Peut-être que la passion entre nous sera moindre et qu&#8217;il sera plus facile d&#8217;envisager la non-exclusivité&#8230; Peut-être qu&#8217;elle sera elle-même attirée par un autre homme&#8230; Ou peut-être que nous choisirons de devenir simplement amis pour un moment&#8230; A défaut de solution idéale, nous chercherons la solution la moins pire pour tous les deux&#8230; Comme on se dit entre nous : &laquo;&nbsp;on verra bien&nbsp;&raquo; !</p>
<p><strong>Une dernière question: pourquoi ce prosélytisme? Qu&#8217;est-ce qui t&#8217;anime? Quels résultats espères-tu obtenir en répondant à cette interview, en rédigeant des pages web, en traduisant des textes sur la question du polyamour? Bref: pourquoi allier la promotion à la pratique?</strong></p>
<p>Mon prosélytisme est lié à pas mal de choses&#8230;</p>
<p>Pour la plupart des gens, les relations amoureuses ne peuvent se vivre que dans l&#8217;exclusivité, dans la tromperie ou dans la version moderne du libertinage, et il n&#8217;y a pas d&#8217;autres alternatives viables. Je trouve cela dommage ! Je pense que certaines personnes qui ne se sentent pas bien, ni dans l&#8217;exclusivité, ni dans la tromperie, ni dans le libertinage, seront intéressés de découvrir cette « 4<sup>ème</sup> voie »&#8230;</p>
<p>Ensuite je n&#8217;ai aucune envie de cacher ma façon de vivre aux gens. Or, ceux qui n&#8217;ont jamais entendu parler du polyamour ont souvent des réactions désagréables, du style : tu es (un sale) égoïste, tu n&#8217;es qu&#8217;un consommateur (ou, version réservée aux femmes, une salope), tu es immature, tu verras que tu en reviendras, etc. Je peux discuter de tout cela calmement, mais d&#8217;une part c&#8217;est éprouvant et d&#8217;autre part, ces discussions comportent un piège : celui de vouloir prouver à ces personnes qu&#8217;elles ont torts, par la suite, avec mes actions ultérieures. Ce serait dommage que j’en arrive là, parce que ce qui m&#8217;intéresse, dans le polyamour, c&#8217;est justement l&#8217;absence de dogme et de modèle préétabli. J&#8217;ai l&#8217;impression que plus le polyamour sera connu du grand public, moins les réactions seront désagréables. Les gays et les lesbiennes sont beaucoup mieux acceptés depuis quelques dizaines d&#8217;années&#8230; C&#8217;est en partie parce qu&#8217;ils acceptent d&#8217;apparaitre des les médias et qu&#8217;ils organisent les &laquo;&nbsp;LGBT prides&nbsp;&raquo;&#8230; Tiens, d&#8217;ailleurs, tous les ans, une &laquo;&nbsp;poly pride&nbsp;&raquo; réunit plusieurs milliers de gens à New York&#8230;</p>
<p>Donc ça, c&#8217;est mon côté militant. Au niveau purement personnel, ça me plait de rencontrer des gens qui vivent le polyamour. Pour que cela soit possible, il faut bien que les gens sachent que ça existe et que je dise que je les vis&#8230;</p>
<p>Et enfin, j&#8217;aime bien quand tu me portes de l’attention :-)</p>
<p><em>Pour en savoir plus, visitez le site de Guilain: <a href="http://amours.pl/" target="_blank">amours.pl</a></em></p>
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		<title>Interview d&#8217;Isabelle183, fétichiste (et théoricienne?) de la fessée</title>
		<link>http://lautresexe.com/2009/11/03/interview-disabelle183-fetichiste-et-theoricienne-de-la-fessee/</link>
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		<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 10:16:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monsieur R.</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'interview du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Novembre 2009]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[fessée]]></category>
		<category><![CDATA[fétichisme]]></category>
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		<description><![CDATA[« Pensées et émotions illustrées d’une intellectuelle, passionnée par la fessée et la discipline d&#8217;antan », c’est la baseline du blog Autour de la fessée, de l’énigmatique Isabelle183. Elle y publie chaque jour ou presque des articles en rapport avec sa passion pour la fessée, dont elle témoigne sans pudeur en l’agrémentant de mille et une références [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>« Pensées et émotions illustrées d’une intellectuelle, passionnée par la fessée et la discipline d&#8217;antan »,</em> c’est la baseline du blog <a href="http://isabelle-183.blogspot.com/?zx=f320745d9b1d9720" target="_blank">Autour de la fessée</a>, de l’énigmatique Isabelle183. Elle y publie chaque jour ou presque des articles en rapport avec sa passion pour la fessée, dont elle témoigne sans pudeur en l’agrémentant de mille et une références culturelles, au grand bonheur de ses nombreux lecteurs dont beaucoup rêvent de la rencontrer…. mais c’est sans espoir : pour Isabelle, la fessée est strictement conjugale et privée. Mais alors, pourquoi ce blog ? On lui a posé la question.</p>
<p><strong><img class="alignleft size-full wp-image-560" title="spanking1" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2009/11/spanking11.jpg" alt="spanking1" width="250" height="327" />Certaines personnes tiennent des blogs sur l&#8217;actualité politique, d&#8217;autres sur leurs livres de chevet, d&#8217;autres encore sur leurs recettes de cuisine favorites&#8230; Vous c&#8217;est sur la fessée érotique. Pourquoi un tel choix?</strong></p>
<p>La fessée me passionne autant comme pratique que sujet d’étude ou écriture. Sous cette dénomination un peu globale se cache une multitude de fantasmes bien distincts. Ce qui rend le sujet quasi inépuisable. Puis, le fait qu’une personne adulte reçoive la fessée intrigue et intéresse pas mal de monde. Ne serait-ce que sur un point de vu distrayant. Tant de raisons alors pour en parler.</p>
<p><strong>Si je comprends bien, vous prenez plaisir à &laquo;&nbsp;intiguer et intéresser le monde&nbsp;&raquo; en montrant (métaphoriquement) vos fesses rouges de toutes ces fessées&#8230; Faut-il y voir, parmi cette &laquo;&nbsp;multitude de fantasmes bien distincts&nbsp;&raquo;, une forme d&#8217;exhibitionnisme de votre part?</strong></p>
<p><strong> </strong>J’aime mieux le terme « démonstratif », emprunté à la psychanalyse qui met en avant une mise à nu de mes émotions autour de la fessée. Communiquer sur l’acte en soi me tente peu.</p>
<p><strong>Etes-vous en analyse? Et faut-il en déduire que votre blog participe d&#8217;une démarche analytique, ou à défaut introspective?</strong></p>
<p>J’ai fait une analyse, il y a bien longtemps. Elle m’a permise de voir mes fantasmes avec le recul nécessaire et de leur consacrer une place dans ma vie sans prise de tête. Beaucoup de mes écrits se basent sur des textes d’analystes que j’essaye de rendre accessibles à un large public.<strong></strong></p>
<p><strong>Vos écrits? C&#8217;est-à-dire (en dehors de ce blog)?</strong></p>
<p>J’ai écrit entre autres deux romans autour de la fessée que j’ai publiés en intégralité sur un autre blog. L’un aborde le S/m chic d&#8217;une manière plutôt philosophique, l’autre les fantasmes de la petite enfance, transposés dans un cadre d’adulte. <strong></strong></p>
<p><strong>Que vous apporte l&#8217;écriture d&#8217;un blog sur la fessée que ne vous a pas apporté l&#8217;écriture de deux livres sur le même thème? Et que peut apporter ce blog à ceux qui ont déjà lu vos deux livres?</strong></p>
<p>Avant tout j’aime écrire. Un blog c’est plus direct qu’un roman. Ce sont des petits épisodes de vie qui s’alignent pour former un univers particulier. Il y a le défi d’un travail régulier. Le défi aussi d’affronter quasi journalièrement la feuille blanche.<strong></strong></p>
<p>Pour le reste il faudrait demander plutôt à ceux qui me lisent. Je pense que certaines personnes préfèrent une petite distraction qui se lit en quelques minutes et d’autres aiment se dépayser pour de longues heures. C’est un tout cas ce qui ressort de mes stats.</p>
<p><strong>Au rythme effréné ou vous allez, ne craignez-vous pas de finir par manquer rapidement de matière pour ce blog?</strong></p>
<p>En matière d’illustration peut-être. En matière de sujet non. Mon blog n’est pas axé uniquement sur ma personne. J’inclus l’actualité et l’histoire de la fessée. Ses aspects socioculturels. J’aborde également les fantasmes et suggestions de mes lecteurs avec leur autorisation en donnant mon avis. Ou en faisant une petite histoire inventée sur mesure quand le sujet m’inspire. J’ai plutôt du mal à suivre.</p>
<p><strong>Quel fantasme d&#8217;un lecteur vous a le plus amusé ou émoustillé?</strong></p>
<p>J’ai une réputation de confidentialité et j’y tiens. C’est vital dans ce que je fais. Je ne peux donc parler que dans les grandes lignes sans trop rentrer dans les détails.</p>
<p>J’ai reçu dernièrement un courrier sur la fessée avec une canne sur un jean, en prévoyant un rembourrage astucieux qui évite les marques et répartit l’effet sur une large surface. J’avoue, plus que l’amusement, je suis restée la bouche ouverte. Puis en essayant je ne puis que lui donner raison.<img class="alignright size-full wp-image-556" title="spanking3" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2009/11/spanking3.jpg" alt="spanking3" width="304" height="400" /></p>
<p>Ma fantaisie favorite, inspirée par une autre lectrice: son conjoint fait des confidences à une de ses amies. Puis l’invite à manger. L’émoi tourne autour du fait de converser avec une personne qui sait parfaitement ce qui lui arrive de temps à autre quand elle n’est pas sage.</p>
<p><strong>Quelle place a la fessée dans votre sexualité? Occasionnelle ou systématique?</strong></p>
<p>Elle est quasi absente dans ce que j’appelle la vanille. Au mieux elle se résume à quelques claques gentillettes. J’aime séparer ma sexualité proprement dite de la pratique de la fessée. Et même cette dernière dans ma vie quotidienne occupe beaucoup plus de place comme un sujet d’écriture que comme pratique. Disons en moyenne deux vraies fessées par semaine qui ont autant une répercussion sur la libido générale du couple que sur ma capacité de travail.</p>
<p><strong>La vanille?</strong></p>
<p>Une sexualité plutôt classique qui tourne autour d’une pénétration et un échange de caresses.</p>
<p><strong>Oui mais pourquoi appelez-vous ça la vanille? Quel rapport avec la plante aromatique?</strong></p>
<p>C’est une expressions très en vogue entre filles qui me plait beaucoup. Il y a allusion pour moi à quelque chose de  doux et de sensuel à la fois qui reflète bien ma vision de la sexualité classique.</p>
<p>Puis cela m’évite un discours plutôt explicite en un domaine qui n’est pas le sujet de mon blog.</p>
<p><strong>Justement, revenons au sujet de votre blog et arrêtons de tourner autour pour nous y plonger vraiment. Lors d&#8217;une séance de fessée, êtes-vous celle qui donne ou celle qui reçoit la fessée?</strong></p>
<p>Je reçois uniquement.</p>
<p><strong> </strong><strong>Qui vous l&#8217;inflige? Votre amoureux? Ou un/des autre(s) partenaire(s) de fessée?</strong></p>
<p>Mon conjoint. Je vis en couple depuis 11 ans et je suis fidèle parce que cela me correspond bien. Les aventures, peu importe leur forme, ne me tentent pas. Mis à part si on considère mon penchant pour la fessée comme une petite excentricité, j’ai une vie de famille des plus banale et classique.</p>
<p>J’ai beaucoup de visiteurs qui se retrouvent dans mon approche de la fessée en couple ou qui ont des aspirations semblables. Je pense que le net érotique fausse un peu la réalité. Il y a peut-être surestimation du libertinage en matière de fessée. Il suffit de se rendre sur les forums de fessée qui servent de lieu de rencontres. Le nombre d’inscrits est bien faible.</p>
<p><strong>J&#8217;entends bien, mais on peut aussi &laquo;&nbsp;libertiner&nbsp;&raquo; en couple ! C&#8217;est même le propre du libertinage dans le sens contemporain du terme&#8230; Combien de temps dure une &laquo;&nbsp;séance&nbsp;&raquo; de fessée?</strong></p>
<p>Je n’ai aucun à priori intellectuel ou moral contre le libertinage en couple. Mais je suis terriblement jalouse. C’est donc perdu d’avance. Puis mon homme est plutôt casanier et plus soucieux de ses habitudes et surtout de ma petite personne que de la nouveauté en matière de partenaires.</p>
<p>En incluant tout ce qui entoure la fessée, une séance peut durer pas mal de temps. Mais c’est rare. Je ne chronomètre pas, mais je dirais que cela peut atteindre parfois plus d’une ou deux heures.</p>
<p>L’acte en soi est relativement court. Disons maximum cinq minutes. Nous ne nous retrouvons pas dans les approches d’endurance ou de hautes sensations.  Nous pratiquons essentiellement la fessée dans son sens primaire. Une punition qui intervient pour un fait concret.  Et sans forcement empiéter sur un terrain explicitement coquin. Toutefois à la fin de journée nous aimons beaucoup la « réconciliation » au lit. C’est le décalage horaire entre la fessée et la sexualité classique qui rajoute une saveur particulière.</p>
<p><strong>Le &laquo;&nbsp;fait concret&nbsp;&raquo; en question est-il décidé ou scénarisé à l&#8217;avance, ou l&#8217;improvisez vous?</strong></p>
<p>C’est la confiance en son partenaire qui permet l’improvisation. Cette dernière a le mérite de reproduire une fessée crédible de A à Z.  Avec des vraies émotions qui dépassent un simple jeu érotique entre adultes consentants. Ne nous voilons pas la face. A moins le cas du masochisme primaire, toutes les autres fantasmes de fessée cachent un contexte psychologique qui cherche une décharge. Je parle ici d’une fessée qui fait réellement mal. Sans tomber dans les scènes de la fessée commerciale qui laisse le derrière de la dame dans un piteux état.</p>
<p>(Je distingue la « vraie fessée » de ses variantes soft qui se résument grosso modo à un gentil tapotage du fessier de la dame. Elles offrent à mon goût une panoplie de sensations agréables qui s’apparentent plus à massage corsé qu’à autre chose. Ceci dit, j’aime beaucoup. J’aime également à très petite dose les variantes ludiques et coquines avec des fautes prétextes et un scénario délirant qui vise la bonne stimulation sexuelle et qui se finit par un joli acte.  Mais dans ce cas quel intérêt d’en parler sur un blog ?)</p>
<p><strong>Nous feriez-vous l&#8217;honneur de nous raconter un scénario de fessée auquel vous vous êtes déjà livré avec votre amoureux?</strong></p>
<p>De fessée ludique ou aux allures réalistes ?</p>
<p><strong>Euh&#8230; un de chaque?</strong></p>
<p><img class="alignleft" title="spanking2" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2009/11/spanking2.jpg" alt="spanking2" width="450" height="331" />J’aime gâter mon homme. Je le surprends souvent dans des tenues les plus hallucinantes. Il m’arrive de me présenter comme sa soubrette, secrétaire, infirmière, majorette, bonne sœur, voire la fée clochette qui exhausse tous les souhaits d’un homme. Pas de scénario précis prévu d’avance. Je suis à sa disposition et aguichante à souhait.  Des prétextes de fessée ne manquent pas. Pour mauvais service, faute professionnelle, harcèlement sexuel envers son employeur. Ou pour aveux pas chastes de la bonne sœur pendant une confession.</p>
<p>Dans ce dernier cas, Monsieur me questionne agenouillée sur un prié dieux. C’est le moment aussi de lui faire part de mes nouveaux fantasmes. C’est plus un échange de confidences que de confession imaginée. Monsieur aussi y met son grain. Il peut me demander que j’accomplisse les caresses évoquées devant lui ou sur lui.  Que je continue ma confession toute nue. Puis pour obtenir absolution, il faut que je passe par ma pénitence. Cela peut être une fessée à la main ou avec un instrument. Il en va de soi qu’après ma punition j’exprime ma gratitude et dans ce cas nous rentrons dans la pratique sexuelle qui tente mon homme le plus à ce moment.</p>
<p>Voila du ludique. Mais ce que nous aimons avant tout c’est la fessée pour vraie faute. Un exemple très concret.</p>
<p>Mon homme était en train de refaire le carrelage du coin de cuisine sur mon initiative. L’ancienne couleur me ne plaisait plus. Pour être tranquille, il m’avait proposé que je fasse du shopping. J’ai horreur de faire du shopping sans mon homme. Son conseil m’est précieux  et j’ai passé une très mauvaise journée sans pouvoir me décider. A mon retour mon homme était dans la salle de bain. J’ai admiré le beau travail en me faisant un café. J’avais un peu l’impression que le sol tanguait sous mes pieds.  Ce que j’ai attribué à ma fatigue de la journée.</p>
<p>Puis mon homme sort de la salle de bain et constate mes dégâts. Le ciment colle n’avait pas encore pris de partout et il fallait tout recommencer comme il m’a expliqué. Sans me reprocher quoique ce soit.</p>
<p>Pour part je me voyais bannie de la maison pour une longue journée de plus et je me suis sérieusement énervée. Style : « C’est de ta faute. Tu aurais dû me mettre la machine à café dans le coin salon. Tu sais bien que je bois mon café en rentrant à la maison »</p>
<p>Je peux être de très mauvaise foi et le ton a monté. Conclusion, mon homme m’a renversée sur ses genoux, puis j’ai passé un mauvais moment qui n’avait rien d’érotique.</p>
<p>C’est un accord entre nous. A chaque fois que j’exaspère mon homme par mon mauvais caractère ou par mes inattentions, il a le droit de me punir à sa guise par la fessée. Rien à voir avec de la violence conjugale ou une séance de torture. Cela reste raisonnable. C’est un régulateur de tension entre nous qui nous convient et nous réussit.</p>
<p><strong>Mais du coup, n&#8217;avez-vous pas tendance à provoquer son exaspération à dessein? En vous aventurant sur ce carrelage fraîchement posé, par exemple, ne vous êtes-vous pas dit &laquo;&nbsp;avec un peu de chance, je vais occasionner quelque dégât qui me vaudra une bonne fessée&nbsp;&raquo;?</strong></p>
<p>A priori je ne suis pas du style à provoquer intentionnellement. Mon homme ne me supporterait pas dans ce cas. Mais loin de moi d&#8217;exclure des traits névrotiques de ma personne. La fessée qui rattache au sol me saute aux yeux.</p>
<p>Rationnellement cela donne: Je dors trop peu et je fais trop de choses dans ma journée. Je suis tout le temps active sans me reposer. De plus je suis assez égocentrique et mon confort passe avant tout. Je vois le carrelage posé, puis je suis déjà ailleurs dans ma pensée. Le fait qu’il faut le temps d’un séchage ne m’avait même pas effleurée l’esprit. Je n’y connais rien à ce genre de truc. Je n’ai aucun sens pratique.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;A chaque fois que j’exaspère mon homme par mon mauvais caractère ou par mes inattentions, il a le droit de me punir à sa guise par la fessée.&nbsp;&raquo;, dites-vous. Que répondriez vous au militant ou à la militante féministe  qui vous reprocherait de vous asservir ainsi à la domination masculine?</strong></p>
<p>Je distingue entre vie sociale et privée. C’est la transcendance sociale de la femme qui est réclamée essentiellement par le féminisme. Mais les abus réels envers les femmes à l’intérieur du couple nécessitent une législation claire qui protège la femme. En matière de fessée la violence conjugale commence pour moi du moment où le monsieur ne respecte pas le « non » de la dame. Sinon, le reste ne regarde personne.</p>
<p>Personnellement à la maison je ne cherche pas une juste répartition des rôles, domination masculine présente ou pas, mais une répartition qui me rend heureuse.</p>
<p>Ou comme disait Simone de Beauvoir : « Il est absurde de prétendre que l’orgie, le vice, l’extase, la passion deviendront impossible si l’homme et la femme étaient concrètement des semblables »</p>
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		<title>Rencontre &#171;&#160;autour de la fourrure&#160;&#187; avec Gala Fur et Gérard</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 10:15:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monsieur R.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans l’ombre des campagnes anti-fourrures de la SPA et de ses équivalents internationaux, les partisans du manteau à poil assouvissent clandestinement l’amour déviant qu’ils vouent aux bêtes. Avec la curiosité du candide et la neutralité du journaliste, j’ai rencontré, accompagné du photographe Bruno Lévy, deux farouches partisans de l’érotisme de la fourrure : Gala Fur, dominatrice [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans l’ombre des campagnes anti-fourrures de la SPA et de ses équivalents internationaux, les partisans du manteau à poil assouvissent clandestinement l’amour déviant qu’ils vouent aux bêtes. Avec la curiosité du candide et la neutralité du journaliste, j’ai rencontré, accompagné du photographe <a href="http://bobines.blogs.liberation.fr" target="_blank">Bruno Lévy</a>, deux farouches partisans de l’érotisme de la fourrure : Gala Fur, dominatrice parisienne célèbre dont le pseudonyme est une allusion direct à la <em>Venus in Fur</em> de Masoch, et Gérard, fétichiste et collectionneur de fourrure. Une rencontre organisée en maître par romancier cinéphile Patrice Herr Sang, lui-même fidèle apôtre du manteau en poil de bête.</p>
<p>Vendredi 16 octobre 2009, 19h30, dans le spacieux salon d’un appartement parisien. Tandis que Bruno prépare son matériel, Gala se bande les yeux. <em>« Gala Fur ne se montre jamais à visage découvert »</em>, explique-t-elle en demandant à Bruno s’il compte prendre beaucoup de photos. <em>« Je n’aime pas qu’on me prenne en photo. Je suis réalisatrice, et donc d’un certain côté de la caméra. Je n’aime pas être de l’autre. »</em> Finalement la séance de photos durera le temps de cette interview, soit environ une heure. Gérard, qui n’avait pas prévu de poser, se joindra à Gala en couvrant son visage de ses mains.</p>
<p><strong><img class="alignleft size-full wp-image-539" title="fur4" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2009/11/fur4.jpg" alt="fur4" />Gérard, parlez-nous un peu de votre manteau…</strong></p>
<p>C’est un manteau en poils de loup que j’ai acheté récemment en Italie via internet, mais il date des années 80. Les manteaux en fourrure de loup et de renard sont interdits depuis 1985.</p>
<p><strong>Et avant internet ? </strong></p>
<p>C’était plus compliqué : il fallait éplucher les petites annonces spécialisées, les ventes aux enchères… pour finalement ne tomber la plupart du temps que sur des manteaux de vison… Internet a non seulement ouvert le choix mais également fait baisser les prix.</p>
<p><strong>Et c’est quoi, les prix ?</strong></p>
<p>Aujourd’hui, il faut compter 3500 euros en moyenne pour une pièce.</p>
<p><strong>Et vous en avez combien ?</strong></p>
<p>Une dizaine : loup, marmotte, vison… tous sous la forme de longs manteaux à l’exception d’une veste en renard-lynx blanc, pour laquelle j’ai eu un tel coup de foudre que je n’ai pas pu faire autrement que de l’acheter. Mais je ne la porte pas volontiers à l’extérieur, elle est trop féminine pour moi. Alors qu’un manteau, de mon point de vue, est unisexe.</p>
<p><strong>Depuis quand vous intéressez-vous à la fourrure ?</strong></p>
<p>Mon attirance pour la fourrure remonte à l’enfance. Je me suis un jour focalisé sur une fourrure aperçue dans un placard qui m’a permis d’échapper à la dureté de mon éducation. Jeune homme, la fourrure m’a donc d’abord apporté chaleur et réconfort, puis je l’ai intégrée progressivement à ma sexualité en utilisant comme une caresse particulièrement douce et agréable. Aux alentours de la quarantaine, la fourrure est devenue l’actrice à part entière de ma sexualité.</p>
<p><strong>C’est-à-dire ? Vous en avez besoin pour jouir ?</strong></p>
<p>Oui.</p>
<p><strong>Et vous Gala ? Quels rapports entretenez-vous avec la fourrure ?</strong></p>
<p>J’aime le contact de la fourrure, faire l’amour sur une peau de bête, devant une cheminée. J’aime aussi la porter. Cette veste de putois que je porte aujourd’hui pour la photo, je la porte habituellement à l’envers, ce qui me permet d’une part d’être en contact avec le poil, et m’évite d’autre part de me prendre un coup de couteau dans le dos !</p>
<p><strong>C’est à ce point ?</strong></p>
<p>L’hostilité se calme un peu en France depuis quelques temps, mais en Angleterre, elle est encore si vive qu’on ne peut même pas laisser sa fourrure au vestiaire&#8230;</p>
<p><strong>Et dans le SM ? Quel rôle joue la fourrure ?</strong></p>
<p>Elle m’offre la possibilité de revêtir la peaux d’animaux intéressants pour leur sauvagerie, comme le loup ou le renard. Mais pas question de les faire porter à mes patients, bien sûr ! Je leur réserve en revanche des petits accessoires comme des menottes en fourrure, tabliers bordés de fourrure, ou des oreilles de lapin ou de chat, très populaires en ce moment, qui sont fabriqués en Chine.</p>
<p><strong>A vos « patients ? » Est-ce à dire qu’ils viennent chez vous pour se soigner ?</strong></p>
<p>Je suis comme une psychanalyste : ouverte à ce qu’ils ont à raconter et à l’écoute de leurs désirs, qui sont aussi parfois leurs problèmes. Quand quelqu’un veut être fouetté pendant très longtemps, il y a matière à se poser des questions !  La différence est qu’ils ne les manifestent pas verbalement, mais physiquement. Mes patients ne font pas d’analyse, c’est l’un ou l’autre. Dans le SM tous les gens que je connais en lien avec l’analyse sont des psychanalystes, et ils sont dominants.</p>
<p><strong>Est-ce à dire que les gens de pouvoir ne sont jamais soumis ?</strong></p>
<p>Dans les courses hippiques, il y a les chevaux qui courent, très heureux, et les chevaux qui entraînent les chevaux qui courent, que l’on appelle les bout en train, et qui sont très malheureux : entraînés comme des chevaux de course, ils n’ont pour autant jamais l’occasion de faire une course, et en nourrissent donc une frustration terrible, et le sentiment de culpabilité qui va avec. C’est ça, le profil type du soumis. Les gens de pouvoir, politiciens ou chef d’entreprises, sont plus proches des lapins : éjaculateurs précoces perpétuellement empressés, ils se vident très rapidement entre deux portes et deux rendez-vous. D’ailleurs, il ne faut pas croire que le milieu SM n’attire que des gens des catégories sociales aisées. Dans mes hommes de ménage actuels, j’ai un postier, un électricien…</p>
<p><strong>Vos hommes de ménage ?</strong></p>
<p>Oui. Comme leur nom l’indique. Ils font mon ménage dans la tenue qu’ils affectionnent : l’un déguisé en femme, l’autre habillé en mohair, j’en ai même un qui s’habille dans une tenue jaune citron assortie aux gants mapa, c’est très chic.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-541" title="fur5" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2009/11/fur5.jpg" alt="fur5" /></p>
<p><strong>Postier, électricien, est-ce à dire que vous ne prônez pas, comme d’autres, une pratique élitiste du SM ?</strong></p>
<p>Je suis pour la démocratisation du SM, mais à condition qu’elle ne s’accompagne pas d’affadissement et de vulgarité, ce qui est malheureusement un peu la tendance. Je trouve les soirées BDSM de plus en plus bas de gamme, les gens ne savent pas exactement ce qu’ils y font. Au même titre que l’échangisme ou le libertinage ils considèrent le SM comme une façon de pimenter leur sexualité, mais sans en connaître les règles, ce qui donne du grand n’importe quoi. Récemment, dans une soirée Torture Garden à Paris, j’ai vu une dominatrice se faire enlever sa culotte pour se faire lutiner par des soi-disant soumis. Il suffit de connaître un tant soi peu le SM pour savoir que c’est une absurdité totale ! Se balader en latex avec sa copine en laisse ne suffit pas à définir une relation de soumission.</p>
<p><strong><img class="alignleft size-full wp-image-543" title="osez_gala" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2009/11/osez_gala.jpg" alt="osez_gala" width="302" height="482" />Justement, vous venez de publier aux éditions La Musardine un second ouvrage dans la célèbre collection Osez  : « Osez les jeux de domination et de soumission ». A qui s’adresse-t-il ?</strong></p>
<p>A tous ceux qui débarquent dans le SM. Ce livre leur apportera toutes les idées nécessaires pour enrichir leurs scénarios. Pour chaque cas de figure, je présente ce qui peut se passer classiquement dans le SM, et ce qu’ils peuvent en retenir à leur compte pour éviter que ça ne parte dans tous le sens. Et pour rester dans le thème de cette interview, je parle notamment de la fourrure et de quelques bêtes à poils.</p>
<p><strong>Quelle différence entre ce « Osez les jeux de domination et de soumission » et le « Osez le SM » que vous aviez déjà publié dans la même collection ?</strong></p>
<p>« Osez le SM » était plus un livre d’initiation au SM. Il était beaucoup plus didactique. Le dernier est plus pratique : il présente plein de petits scénarios et de petits jeux.</p>
<p><strong>Toujours chez La Musardine, Vous avez également publié deux récits : « Les soirées de Gala » et « Séances »… </strong></p>
<p>« Les soirées de gala » sont une autobiographie qui raconte la vie d’une dominatrice dans tous ses détails, y compris les plus problématiques : problèmes amoureux quand elle tombe amoureuse d’un patient, problèmes occasionnés par plusieurs patients qui entrent en guerre au point d’en venir aux armes, le tout entre l’Angleterre, l’Allemagne, la France et la Hollande, lors de la grande époque SM des années 90.</p>
<p><strong>Il y a donc eu une « grande époque » du SM ?</strong></p>
<p>Oui, indubitablement. Une grande époque magique, ponctuée de fêtes incroyables qui relevaient presque de l’hallucination collective : les soirées Rubber Ball, Torture Garden, les soirées du Château à Cologne… Tout cela est derrière nous.<img class="alignright size-full wp-image-545" title="soireesdegalapoche" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2009/11/soireesdegalapoche.jpg" alt="soireesdegalapoche" width="134" height="220" /></p>
<p><strong>Et « Séances » ?</strong></p>
<p>J’y raconte une grosse dizaine de séances avec mes patients, toutes très différentes des unes des autres : ça va du patient amateur d’arts martiaux qui a envie de se faire dérouiller au patient dont le grand truc est de se faire étouffer jusqu’à la suffocation.</p>
<p><strong><img class="alignleft size-full wp-image-546" title="seances" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2009/11/seances.jpg" alt="seances" width="120" height="200" />« Séances », on retombe dans la métaphore psychanalytique…</strong></p>
<p>Effectivement. Du reste, comme avec certains psychanalystes, pour devenir mon patient ou ma patiente, on écrit une lettre de motivation. Et je choisis ou non de donner suite.</p>
<p><strong>Et on paye ?</strong></p>
<p>Bien sûr. A chaque début de séance, comme en analyse.</p>
<p><strong>Un autre livre en projet ?</strong></p>
<p>Oui, un recueil de nouvelles SM que j’ai dirigé avec Wendy Delorme, qui sortira début février à la Musardine.</p>
<p><strong>Et vous Gérard, pas de livre à promouvoir ?</strong></p>
<p>Je rêverais d’écrire un livre sur la fourrure, mais je n’ai malheureusement pas le talent pour l’écrire…</p>
<p><strong>Et vous diriez quoi, dans ce livre ?</strong></p>
<p>Je prendrais un point de vue militant pour défendre la fourrure, comme je suis en train de le faire aujourd’hui dans cette interview, et comme je le fais dans les cercles que je fréquente. Je défendrais mon point de vue contre celui des anti-fourrures, qui mettent le monde animal au même niveau que le monde humain. Pour moi on ne peut pas les mettre sur le même niveau, c’est absurde. Et je fustigerais aussi les manteaux en « fausse fourrure ». Pourquoi les appeler ainsi, puisqu’ils ne sont pas de la fourrure ? Il n’y a pas la vraie et la fausse fourrure, il y a la vraie fourrure, et pour le reste, il faut inventer un autre mot.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-547" title="fur2" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2009/11/fur2.jpg" alt="fur2" /></p>
<p><strong>Et la fausse fourrure, justement, tous les deux, vous en pensez quoi ? </strong></p>
<p>Gala : Elle est moins douce, et les coupes ne sont souvent pas terribles…</p>
<p>Gérard : Pour moi ça ne m’intéresse pas, ce n’est pas de la fourrure, c’est autre chose.</p>
<p>Gala : C’est de la moquette à poil long.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-548" title="fur1" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2009/11/fur1.jpg" alt="fur1" /></p>
<p style="text-align: left;"><strong>LA VENUS A LA FOURRURE AU CINEMA</strong></p>
<p>La <strong><em>Venus à la Fourrure</em></strong> est un roman de l’Autrichien Leopold von Sacher-Masoch, narrant la soumission d’un homme à une dominatrice via le fétichisme de la fourrure. Sa jouissance est associée au fait que Wanda, sa dominatrice, portait de belles fourrures lors de leurs séances amoureuses.</p>
<p>Le nom de son auteur est devenu un nom commun recouvrant, au-delà de la fourrure, toutes les expériences de soumission, le MASOCHISME, tout comme le nom du divin marquis de Sade couvre celles liées à la domination, le SADISME.</p>
<p>Evidemment, le cinéma s’est emparé d’un tel sujet et une bonne demi-douzaine de films ont vu le jour autour de ce thème, parmi lesquels :</p>
<p><strong>LE MALIZIE DI VENERE</strong> (connu aussi sous le titre <em>Devil in the flesh</em>) de Max Dillmann, pseudo cachant le réalisateur italien Massimo Dallamano, avec Laura Antonelli dans le rôle de Wanda. Un thiller où, déception, la fourrure est quasi absente, hormis dans la scène finale de dénouement. (Allemagne/Italie 1969). Disponible en VHS.</p>
<p><strong>VENUS IN FURS/PAROXISMUS </strong>de Jess Franco (Espagne 1969)<strong>, </strong>un polar érotique et exotique. Disponible en DVD.</p>
<p><strong>VENUS IN FURS</strong> de Joe Marzano (Etats-Unis 1967), en noir &amp; blanc, d’une facture gentiment grivoise. Disponible en DVD.</p>
<p><strong>VERFüHRUNG : DIE GRAUSAME FRAU</strong> (<em>Séduction femme cruelle</em> en français) de Monika Treut &amp; Elfi Mikesch (Allemagne 1985) avec Mechthild Grossmann et l’acteur culte Udo Kier. Disponible en DVD, en France.</p>
<p><strong>VENUS IN FURS, </strong>une des meilleures adaptations<strong>,</strong> un film de Maartje Seyferth et Victor E. Nieuwenhuijs (Pays Bas 1994), avec un parti pris de noir &amp; blanc et de modernité. Disponible en DVD en France.</p>
<p>Et enfin surtout, le nec plus ultra,<strong> MASOCH</strong> de Franco Brogi TAVIANI, un des trois frères Taviani (Italie 1980) avec Francesca de Sapio. Ce film qui colle au plus près de ce fétichisme est adapté du livre de Wanda von SACHER-MASOCH/von DUNAJEW, qu&#8217;elle a écrit en 1906 : &laquo;&nbsp;MEINE LEBENSBEICHTE&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;La confession de ma vie&nbsp;&raquo;.  Disponible en VHS.</p>
<p>Et ce n’est pas fini car d’autres adaptations sont en cours dont le <strong>Venus in Furs</strong> de Kourosh Esmailzadeh pour courant 2010.</p>
<p><strong>Patrice del Sado<br />
</strong>Auteur de <strong><em>L’alphabet du S/M</em></strong> (éditions Vertiges Tabou)<br />
Ces films peuvent être obtenus auprès de Hors-Circuits (<a href="mailto:patrice@horscircuits.com">patrice@horscircuits.com</a>)</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Interview d&#8217;Alexandre Gamberra, octobre 2008</title>
		<link>http://lautresexe.com/2008/11/01/interview-dalexandre-gamberra-octobre-2008/</link>
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		<pubDate>Fri, 31 Oct 2008 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monsieur R.</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'interview du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Novembre 2008]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[SM]]></category>

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		<description><![CDATA[« Un amour sans merci », c&#8217;est une histoire de cul ? Une histoire de SM ? Une histoire d&#8217;amour ? Une histoire de quête introspective ? Une histoire de quoi ?
C’est l’histoire déraisonnable d’un homme de 44 ans qui s’éprend d’une jeune femme qui pourrait être sa fille, elle a en effet 23 ans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: black; font-weight: 700;">« Un amour sans merci », c&#8217;est une histoire de cul ? Une histoire de SM ? Une histoire d&#8217;amour ? Une histoire de quête introspective ? Une histoire de quoi ?</span></p>
<p><span style="color: black;">C’est l’histoire déraisonnable d’un homme de 44 ans qui s’éprend d’une jeune femme qui pourrait être sa fille, elle a en effet 23 ans au moment de leur rencontre, et qu’il aime parce qu’il la voit comme l’incarnation même de la totalité de ses désirs. Et ce malheureux, qui a pourtant lu Proust et qui sait par cœur son <em>Amour de Swann</em>, qui d’ordinaire est un esprit fort, suffisamment adroit pour déjouer les illusions et les mirages d’une société de l’information fondée sur l’empire du simulacre et le règne des objets, va faire les frais, faute de distance et de lucidité suffisante, d’une passion qui n’en est une que par la rhétorique de son discours.</span></p>
<p><span style="color: black;">Ce récit met surtout l’accent sur la difficulté, pour ne pas dire la quasi impossibilité de la relation amoureuse.</span></p>
<p><span style="color: black;">Comme les protagonistes ont une sexualité sadomasochiste, le livre évoque cette communauté émergente et décrit quelques-unes des pratiques qui y ont cours. Il n’est pas pour autant un document, encore moins une enquête sociologique.</span></p>
<p><span style="color: black;">Certains trouveront l’ouvrage sulfureux, d’autres aimeront son caractère érotique, et ici et là transgressif. Comment pourrait-on parler d’amour en faisant l’économie du sexe et du jouir ? L’amour ne se fait-il pas dans des draps, avec de la sueur, du sperme et de la cyprine ?</span></p>
<p><span style="color: black;">Ce faisant, j’ai construit la trame narrative en entremêlant deux voix : celle du narrateur qui s’en tient aux faits, et celle plus en retrait de cet homme qui, en se remémorant sa débâcle, s’efforce de la comprendre et de l’analyser.</span></p>
<p><span style="color: black; font-weight: 700;">Vous empruntez beaucoup au vocabulaire psychanalytique. Est-ce un postulat stylistique, ou l&#8217;écriture naturelle de l&#8217;écrivain (analysé ?) que vous êtes ?</span></p>
<p><span style="color: black;">Je ne suis pas analysé. Je n’ai jamais été analysant. Je n’ai pas fait d’analyse. Mais je lis de la psychanalyse et m’y intéresse depuis la fin de mon adolescence. J’étais en Terminale quand j’ai eu l’occasion de rencontrer Marc Soriano qui avait remarquablement commenté les contes de Perrault. Je me souviens d’un déjeuner en sa maison du bassin d’Arcachon durant lequel il s’était adressé à nous, les amis de l’une de ses filles, pour nous conseiller de tout oublier de nos études et de nos lectures, mais de ne jamais tourner le dos à Marx et à Freud. Nous avions pris de haut cet homme, qui avait pendant des années travaillé aux <em> Lettres françaises</em>, le jugeant assagi et rangé. Quelque temps plus tard, j’ai beaucoup fréquenté Althusser, pour des raisons politiques, mais il m’est souvent arrivé de discuter avec lui de Lacan et de la psychanalyse. En fait, voilà trente ans que je m’efforce de me comprendre, sachant que je suis agi, le plus souvent, quand je crois agir.</span></p>
<p><span style="color: black;">Ces références à la psychanalyse ne relèvent donc pas d’un procédé d’écriture. Elles participent d’une grille d’interprétation du monde et des êtres qui requiert une permanente lecture symptomale des rapports dans lesquels nous sommes pris.</span></p>
<p><span style="color: black;">En rédigeant <em>Un amour sans merci</em>, j’avais en tête de trouver la langue, le style, qui me permettrait de dire l’amour et le sexe aujourd’hui. Pas dans la langue de Proust, que j’admire, mais qui n’est pas la langue que nous parlons désormais, ni pour communiquer ni pour nous aimer. Je n’ai pas cherché à écrire un livre susceptible d’échauffer les sens et l’esprit du lecteur. Certains passages sont érotiques, voire pornographiques, mais c’est avant tout un livre de littérature. Evidemment, les choses étant ce qu’elles sont dans cette société d’apparence, l’ouvrage est au rayon « érotique » des librairies. Je m’en amuse : <em>Un amour sans merci</em> côtoie ainsi <em>Un roman sentimental</em> d’Alain Robbe-Grillet… </span></p>
<p><span style="color: black; font-weight: 700;">En complément de ce « cadre psychanalytique », votre histoire évolue dans un « cadre littéraire » omniprésent, en l&#8217;occurrence celui du surréalisme, spécialité du professeur d&#8217;université et de son étudiante qui forment le couple amoureux du livre. Pourquoi cadrer ainsi votre récit ?</span></p>
<p><span style="color: black;">D’abord, parce que l’histoire vécue par le narrateur avec Tristars, son étudiante, s’est déroulée sous ces ors. Et qu’il a cru que cette jeune femme serait dans sa vie ce que Nadja avait été pour Breton, la survenante.</span></p>
<p><span style="color: black;">Ensuite, en tant qu’auteur, et en tant qu’homme,- je laisse momentanément de côté l’universitaire qui a consacré pas mal d’énergie à l’étude de l’œuvre de René Crevel -, je suis particulièrement sensible à une conception de l’art et de la littérature en rapport direct avec l’existence.</span></p>
<p><span style="color: black;">Vous savez, à 50 ans comme à 20 ans, je suis de celles et de ceux qui se reconnaissent dans le poème d’André Breton : « Plutôt la vie… » C’est mon « programme ». C’est à cette aune que j’appréhende la production littéraire et artistique.</span></p>
<p><span style="color: black;"><strong>Vous vous référez aussi à plusieurs reprises à Houellebecq, et de fait, la fille jeune et fraîche qui échappe inexorablement à l&#8217;homme vieillissant qu&#8217;incarne votre héros évoque beaucoup l&#8217;amour tragiquement dépeint dans « La possibilité d&#8217;une île ». Le si décrié Houellebecq est-il une référence que vous revendiquez ?</strong></span></p>
<p><span style="color: black;">Le lien de parenté entre Tristars dans <em>Un amour sans merci</em> et Esther dans <em>La possibilité d’une île</em> est bien plus grand que ce que l’on pourrait imaginer. Mais… Je suis rentré des Etats-Unis en mai 2005 avec le premier jet de mon récit. Houellebecq n’avait pas encore publié son roman. Quand je l’ai lu, j’ai constaté que ses analyses concernant notamment la jeunesse recoupaient ou convergeaient avec mes propres vues. Comme j’ai quelques défauts, j’en ai retiré une certaine satisfaction…</span></p>
<p><span style="color: black;">Mais je reviens à votre question.</span></p>
<p><span style="color: black;">Je lis Houellebecq, en effet. Et je trouve que cet écrivain a le mérite d’avoir une ambition, celle de contribuer à ce que la littérature française renoue enfin avec l’Histoire et du même coup avec ce qu’il était convenu d’appeler jadis « la Grande Littérature »… Houellebecq n’a pas peur des livres qui dérangent, il veut déranger avec les siens. Alors j’applaudis !</span></p>
<p><span style="color: black;">Je ne m’inscris pas pour autant dans son esthétique. Encore moins dans sa philosophie. Accordez-moi le droit de saluer un écrivain, la hardiesse de son questionnement, sans devoir pour autant <em>adhérer</em> à sa vision du monde… J’ai passé, heureusement, l’âge de l’adhésion !</span></p>
<p><span style="color: black;">A titre d’anecdote, comment pourrais-je me reconnaître dans ce que Houellebecq peut énoncer du sadomasochisme ? Sa description du défunt « Bar-Bar » dans <em>Les Particules élémentaires </em> est loin de faire l’apologie de ma sexualité<em>…</em> Je m’en fiche parce qu’au moins ces livres donnent à penser sur l’épuisement du désir en Occident, la farce de l’amour, le devenir incertain d’une humanité en proie aux bio-technologies, etc. .. Je regrette juste que ces dernières semaines, en participant avec BHL à la promotion de leur livre d’entretiens, il n’ait jamais cru bon de faire entendre qu’il n’était pas dupe du cirque médiatique auquel il se prêtait avec son compère…car… enfin… Houellebecq écrivain maudit… cela fait sourire… mais je me trompe peut-être… il se pourrait qu’il ait, comme Céline, une ficelle en guise de ceinture pour tenir ses pantalons…</span></p>
<p><span style="color: black; font-weight: 700;">Comme Houellebecq dans « La possibilité d&#8217;une île », vous évoquez à la fin de votre texte la Lolita de Nabokov. Votre Tristars est-elle une Lolita de plus dans l&#8217;histoire de la littérature ? </span></p>
<p><span style="color: black;"> Si Tristars est une Lolita de plus, c’est déjà pas mal du tout… Le compliment n’est pas mince. Même si je me suis longtemps demandé ce que je pouvais dire de plus que Nabokov ou Philip Roth en la matière… Allez, je me « lâche » : j’aimerais que Tristars ait sa propre vie et qu’elle existe par elle-même.</span></p>
<p><span style="color: black;"><strong>Quelle est la part autobiographique de votre histoire ?</strong></span></p>
<p><span style="color: black;">Sous réserve des limites du genre (la difficulté ou l’impossibilité à dire le « vrai »), <em>Un amour sans merci</em> n’est pas un roman mais un récit. Je n’ai pas projeté une part de ma vie dans la déroute que connaît mon narrateur, je me suis efforcé de raconter l’histoire d’amour dans laquelle je me suis embraqué de décembre 2000 à avril 2003.</span></p>
<p><span style="color: black;">Si vous voulez classer et identifier mon ouvrage, il ressort de l’écriture de l’intime. Et comme j’ai parfois de la suite dans les idées, je soutiendrai qu’il est un récit de vie. Un récit de vie ne mimant pas ceux de Breton, mais qui a été conçu et élaboré en vue de donner une forme contemporaine au genre (si genre il y a). Vous avez remarqué, n’est-ce pas, que Georges Sebbag, dont l’ancrage dans le surréalisme n’est plus à démontrer, a été mon premier lecteur. Le livre lui est d’ailleurs dédicacé.</span></p>
<p><span style="color: black; font-weight: 700;">Alexandre Gamberra est votre « nom d&#8217;écrivain » ; sans aller jusqu&#8217;à révéler votre nom civil, quel est votre métier, votre fonction originelle si vous n&#8217;êtes pas écrivain. Bref : qui êtes vous ?</span></p>
<p><span style="color: black;">Je ne me nomme pas Gamberra à l’état-civil, c’est vrai. J’ai pris un nom d’écrivain pour signer ce livre. Pas un pseudonyme, mais un nom d’écrivain. N’oublions jamais que Philippe Sollers et Christine Angot ne se nomment pas ainsi à l’état-civil…</span></p>
<p><span style="color: black;">Est-ce que je me cache derrière Gamberra. Je ne le crois pas. Juste avant de signer le contrat que me proposait mon éditeur, Thierry Plée, la jeune femme qui était alors ma compagne m’a demandé d’opter pour cette solution afin de la protéger, elle. J’ajoute que j’ai un fils de 14 ans et que j’aimerais bien qu’on le laisse tranquille, qu’on n’aille pas l’importuner en l’interrogeant à propos de son père.</span></p>
<p><span style="color: black;">C’est une première raison.</span></p>
<p><span style="color: black;">Il y en a une seconde : depuis la sortie du livre, j’ai pris goût à me glisser dans les habits de l’écrivain… A l’université où j’enseigne, cela me permet non pas de cloisonner ma vie mais de bien distinguer le travail de l’universitaire, de ma vie privée, de mon travail d’écriture… Maintenant je ne cache pas que j’écris… que je suis publié… Et ma vie ? Je ne suis pas au centre des préoccupations de mes collègues et de nos étudiants, mais celles et ceux qui veulent savoir, savent… Pour les uns, je ne suis guère fréquentable, pour les autres, je fais passer un vent nouveau dans une institution plutôt percluse de rhumatismes et de préjugés. Les thèmes de mes colloques et de mes publications universitaires, les invités que je reçois me marginalisent dans le paysage universitaire français. Il faudrait le déplorer. Je m’en arrange. Ni dans ma vie ni dans mon travail je ne suis dans la dissimulation. Et le narrateur d’<em>Un amour sans merci</em> n’est pas un leurre : je suis bien universitaire, en poste dans une ville française, où j’enseigne la littérature contemporaine, les avant-gardes artistiques, les questions relatives aux représentations du corps, des sexualités et des genres en arts et dans la littérature, les littératures noires d’expression française… Si vous me « googler », vous trouverez aisément mon identité. Mais est-ce l’essentiel ? A mes yeux, ce qui est déterminant, c’est de savoir si <em>Un amour sans merci</em> est un bon livre, bien écrit, et portant un regard décapant sur notre monde et nous-mêmes…</span></p>
<p><span style="color: black; font-weight: 700;">Ce livre doit-il être considéré comme un manifeste pour l&#8217;amour SM ? Ou à défaut, comme un point de vue militant sur la question ?</span></p>
<p><span style="color: black;">Vous y allez vraiment fort ! C’est entre 15 et 25 ans que j’ai milité. Aujourd’hui, non ! quelle idée ! Un manifeste, un point de vue militant ? En aucune façon. Je pense que la société française, jacobine et républicaine, est en pleine mutation et que son avenir passe par les communautés. Ce futur ne m’effraie pas. La communauté BDSM est en train de se constituer. Timidement. Dans la confusion. Dans la parodie. Mais le mouvement est lancé. Si cela permet à des milliers de femmes et d’hommes de mieux vivre, je m’en réjouis par avance. Et sans la moindre réserve. Mais là n’était pas le but de ce livre. Je ne verse pas dans le prosélytisme et mon propos n’est pas de « convertir » quiconque à la sexualité SM.</span></p>
<p><span style="color: black;">J’ai écrit <em>Un amour sans merci</em> parce qu’un tournant s’est opéré dans ma vie et que j’ai trouvé ma voix. A 20 ans, à 30 ans, j’ai essayé d’écrire et j’ai trouvé ces tentatives si dérisoires que j’ai tout balancé. Un soir d’été, en 2003, au <em>Sélect</em> (je n’y peux rien, c’est ainsi) une amie, l’écrivaine Judith Brouste, a déclenché en moi le processus d’élaboration. Je l’ai écoutée. J’ai commencé à consigner sur mon ordinateur mes premières réflexions, des bribes de récit, et il m’a semblé que, pour la première fois, ce que j’écrivais « tenait »… La suite a été simple. Quand je me suis trouvé au Texas pour un <em>Faculty Exchange Program</em>, j’étais dans les conditions idéales pour écrire. C’est donc dans la Rio Grande valley qu’est né <em>Un amour sans merci</em>. </span></p>
<p><span style="color: black;"><strong>Que différencie &laquo;&nbsp;Un amour sans merci&nbsp;&raquo; d&#8217;un autre livre sur le SM ?</strong></span></p>
<p><span style="color: black;">Je vous répondrai sans hésiter la figure du « Maître » : dans tous les livres SM que je connais,- j’en ai lu beaucoup -, le « Maître » apparaît comme un être raide comme la statue du Commandeur qui précipite Don Juan aux enfers… C’en est une caricature… Je ne peux pas m’y reconnaître. Aussi n’ai-je pas besoin de m’abriter derrière Gilles Deleuze et son texte sublime consacré à Sacher-Masoch et à sa <em>Vénus à la fourrure</em> pour avancer que le « Maître » n’est pas, n’est jamais celui qui dirige… Il est instrumenté par la soumise laquelle induit ses désirs et ses rêves. J’adore <em>Histoire d’O</em> – une si belle écriture – mais, excusez-moi, je n’ai pas beaucoup rencontré d’individus pouvant prétendre s’identifier à Sir Stephen. Ou alors ils avaient perdu le sens de la réalité…</span></p>
<p><span style="color: black;">Le narrateur d’<em>Un amour sans merci</em> est un « Maître » qui exige, dresse, corrige, punit… et que son amoureuse dupe, retourne, manipule… et qui pour échapper à la folie, sans doute à la mort volontaire, doit recourir à la camisole chimique…</span></p>
<p><span style="color: black;">Je ne sais ce que vous en pensez mais je suis enclin à croire que la force de mon livre réside dans ce parti-pris de dévoiler la fragilité du « Maître », c’est-à-dire son humanité.</span></p>
<p><span style="color: black; font-weight: 700;">Vous êtes sélectionné pour le Prix Sade qui sera remis le mois prochain. Vous êtes heureux ? Flatté ? Avez le trac ?</span></p>
<p><span style="color: black;">Je mentirais si je ne reconnaissais pas que je suis heureux que mon livre figure dans la Sélection du Prix Sade 2008. C’est mon premier livre, personne ne connaît Gamberra, la presse ignore <em>Un amour sans merci </em>depuis sa sortie fin mai. Et voilà que le livre est sélectionné par le jury du Prix Sade ! Vous allez rire : dans mon travail d’universitaire, pour mon plaisir de lecteur, je connais et lis les travaux et les ouvrages de Guy Scarpetta…</span></p>
<p><span style="color: black;">Et il se trouve qu’<em>Un amour sans merci</em>, ce récit publié chez un petit éditeur dont la maison n’a que trois ans d’existence, est sélectionné au même titre que le livre de Scarpetta !!! je laisse le soin aux imbéciles de s’entêter à présenter mon livre comme un ouvrage « érotique »…</span></p>
<p><span style="color: black;">Je suis donc heureux de cette sélection. Elle confirme ce que plusieurs ami(e)s – de bons lecteurs, des écrivains – m’avaient confié : le livre « tient »…</span></p>
<p><span style="color: black;">Et maintenant ? J’évite de spéculer. J’ai la conviction qu’<em>Un amour sans merci</em> tient un discours et présente une écriture dont l’économie correspond à merveille avec l’esprit du Prix Sade, en l’occurrence un attachement indéfectible à la liberté. C’est en vertu de ce principe que je m’efforce de me conduire, c’est en fonction de cette exigence que je veux continuer d’écrire.</span></p>
<p><span style="color: black;">Pour autant, j’en remets au Jury. La décision lui appartient. </span></p>
<p><span style="color: black; font-weight: 700;">Quelque chose à ajouter ?</span></p>
<p>Oui, d’abord je vous remercie, très sincèrement, pour l’intérêt que vous voulez bien porter à mon livre et à ma personne.</p>
<p>Ensuite, je voudrais dire mon affection et ma reconnaissance envers l’écrivaine Marie L., ma petite sœur spirituelle, qui a toujours cru à ce livre et ne cesse de m’encourager.</p>
<p>Et enfin, à travers vous, j’envoie des pensées trempées d’amour « carmin » à Anaïs (qui se reconnaîtra).</p>
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		<title>Interview : Laure Michel, réalisatrice</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Oct 2008 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monsieur R.</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'interview du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Novembre 2008]]></category>
		<category><![CDATA[bisexualité]]></category>

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		<description><![CDATA[<font face="Trebuchet MS" size="2">A l'occasion de la diffusion le 18 
    décembre prochain du documentaire "La bisexualité, tout un art ?" à 22h25 
    sur Arte, nous avons posé quelques questions à Laure Michel, son auteur et 
    réalisatrice.</font>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left">A l&#8217;occasion de la diffusion le 18 décembre prochain du documentaire &laquo;&nbsp;La bisexualité, tout un art ?&nbsp;&raquo; à 22h25 sur Arte, nous avons posé quelques questions à Laure Michel, son auteur et réalisatrice.</p>
<p align="left">
<p align="center"><img src="http://www.lautresexe.com/images/laure_eric_michel.jpg" border="0" alt="" width="563" height="422" /><br />
<span style="color: #808080;">Laure Michel et Eric Wastiaux, réalisateurs du film &laquo;&nbsp;La bisexualité, tout un art?&nbsp;&raquo;</span></p>
<p><strong>Comment en vient-on à réaliser un documentaire sur la bisexualité ?</strong></p>
<p>Au départ j&#8217;avais écris un dossier pour Technikart, magazine de presse avant-gardiste qui avait traité souvent d &#8216;homosexualité mais pas de bisexualité dans ses pages. J&#8217;avais observé autour de moi la complexité des relations humaines et j&#8217;avais depuis longtemps la sensation que l&#8217;homosexualité n&#8217;était admise que dans la mesure où les homosexuels étaient casés dans un &laquo;&nbsp;camp&nbsp;&raquo;, avec une idée simpliste : &laquo;&nbsp;ils n&#8217;ont pas le choix donc on les accepte comme çà&nbsp;&raquo;. Quand on regarde la société en évitant les filtres, les simplifications, l&#8217;hypocrisie, on s&#8217;apperçoit très vite que de nombreuses personnes, au fond d&#8217;elles mêmes, ne sont pas aussi déterminées dans leurs attirances sexuelles ou affectives. Et la vie réserve parfois de sacrés surprises ! En menant l&#8217;enquête pour Technikart, j&#8217;ai réalisé que la bisexualité avait une portée bien plus large que la simple question de pouvoir aimer à la fois les hommes et les femmes. Tous mes amis, mes collègues, tout le monde autour de moi avait une vraie réaction lorsque j&#8217;évoquais mes recherches pour Technikart. Passion, incompréhension, appréhensions, révélations, j&#8217;ai senti que la bisexualité était une question cruciale. Un sujet comme celui là révèle bien des choses sur notre incapacité fondamentale à penser de manière nuancée. Les vieux schémas sur ce que doivent être des relations d&#8217;amour sont tenaces et peu d&#8217;entre nous parviennent à se libérer des idées reçues pour jouir d&#8217;un véritable libre arbitre. A une époque et dans un milieu où l&#8217;homosexualité semble de plus en plus admise, et dans laquelle nous sommes supposés choisir notre vie sentimentale et sexuelle, il m&#8217;est apparu qu&#8217;en réalité nous étions toujours aussi peureux, pleins de tabous et assez peu épanouis. En prenant du recul, en réfléchissant sur ce que nous avions fait depuis la révolution des années 70, il m&#8217;a semblé évident que la bisexualité posait absolument la question de notre évolution et de nos mentalités. Comme je travaille depuis longtemps comme journaliste pour la télévision, j&#8217;ai décidé de m&#8217;investir dans un projet long, qui permettrait de poser des questions et de donner la possibilité aux telespectateurs de réfléchir autrement. Un documentaire était donc la forme idéale et Arte la chaîne adaptée pour un film qui se veut subtile, nuancé et libéré de toute presion morale. J&#8217;ai ensuite proposé à mon compagnon, Eric Wastiaux, lui même réalisateur, de se joindre au projet car il m&#8217;a semblé intéressant de confronter deux points de vue et sage d&#8217;y réfléchir longuement à deux.</p>
<p><strong>Votre film est-il journalistiquement neutre ou cache-t-il une dimension militante, ou à défaut prosélyte de la bisexualité ?</strong></p>
<p>Je ne pense absolument pas que tout le monde soit un bisexuel &laquo;&nbsp;caché&nbsp;&raquo;, ou doive faire l&#8217;expérience d&#8217;une relation qui ne lui semble pas naturelle. Mais je milite en général pour une véritable ouverture d&#8217;esprit. Je crois que c&#8217;est aussi le rôle des journalistes, de montrer le monde dans sa complexité et sa richesse et de permettre à chacun de prendre conscience de ce qui détermine notre manière de penser la société. Mais la bisexualité n&#8217;est qu&#8217;un exemple. J&#8217;ai bien d&#8217;autres sujets en réserve qui me semblent tout aussi importants.</p>
<p><strong>Les personnes qui témoignent dans votre film sont principalement des célébrités. Pourquoi ne pas avoir plus donné la parole aux anonymes ?</strong></p>
<p>Ce ne sont pas des célébrités mais des artistes. Et il y a aussi des anonymes dans le documentaire. Je travaille depuis longtemps dans l&#8217;univers de la culture et il m&#8217;a semblé intéressant de montrer aussi comment l&#8217;art participe à notre vision du monde et à faire changer les mentalités. La plupart des artistes de ce film ne sont pas des &laquo;&nbsp;people&nbsp;&raquo;, mais des personnes signifiantes de notre environnement intellectuel. C&#8217;est surtout leur regard sur la société qui m&#8217;a intéressé, et je trouvais qu&#8217;ils mettaient en relief le sujet grâce à leurs oeuvres. Eux même, en tant qu&#8217;individus, ont, je trouve, donnés des éclairages intéressants car ils portent un regard distancié. Frédéric Beigbéder, par exemple, incarne l&#8217;hétérosexuel per essence mais a beaucoup écrit sur les difficultés et les échecs des relations sentimentales d&#8217;une certaine génération. Eric Dahan pour citer un autre exemple est un véritable observateur du monde contemporain, et a une réflexion philosophique poussée sur ce qu&#8217;il appelle &laquo;&nbsp;le théâtre des mutations de l&#8217;espèce humaine&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>Bien que donnant la parole à des gens connus, vous avez laissé sous silence une certaine tendance actuelle à peopolisation marketing de la bisexualité (Madonna, Lindsay Lohann, etc). Pour quelle raison ?</strong></p>
<p>Si j&#8217;avais eu l&#8217;occasion d&#8217;interviewer Madonna ou Lindsay Lohann à ce sujet je l&#8217;aurais fait avec grand plaisir. Mais je ne voyais pas l&#8217;intérêt de citer en exemple des artistes dont je ne connais pas le point de vue réel sur la bisexualité. L&#8217;exemple est intéressant car ce sont des femmes sexy, et il ya une idée recue très mysogine qui consiste à laisser croire que la plupart des femmes seraient &laquo;&nbsp;sexuellement&nbsp;&raquo; bisexuelles. Un fantasme masculin très largement véhiculé, entre autres par les films pornographiques. Dans le film, il ya un psychologue qui donne une interprétation intéressante là dessus.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir opté pour un tournage international entre Paris, Berlin, Québec… ?</strong></p>
<p>Les Etats-Unis étaient précurseurs pour tout l&#8217;aspect miltant associatif. Berlin est intéressante car très libérée sexuellement (soirée Kit Kat &#8230; ). Il était impossible de mener une enquête mondiale alors j&#8217;ai fais le choix de quelques pays représentatifs de notre environnement à nous, l&#8217;Europe, les Etats-Unis, le Canada. Avec un héritage socio-culturel relativement similaire par rapport à la bisexualité. Mais pourquoi pas un second documentaire en Asie, çà serait intéressant avce l&#8217;héritage bouddhiste et le point de vue des Tibétains, des Thaïlandais&#8230; mais là il faudrait 2 ans d&#8217;enquête supplémentaire. Le Brésil aussi pourrait être pasionnant. Il existe des cas de bisexualité dans certaines tribus africaines mais ces pratiques disparaissent avec l&#8217;Islam. Mais tout celà est loin culturellement pour ceux qui regardent la télévision française. J&#8217;avais envie que le film montre une réalité proche de ceux qui allaient regarder le film. Et en même temps c&#8217;est une réflexion sur l&#8217;humain, impossible donc de se limiter à la France.</p>
<p><strong>Quel degré de liberté éditoriale vous a laissé Arte ?</strong></p>
<p>Une grande liberté. Dès le départ nous avons proposé le projet aux personnes qui s&#8217;occupent des documentaires culture. Il était donc convenu de donner la parole à de nombreux artistes et de montrer des extraits de films, des clips, de la photo, des livres etc. Mais sur un sujet aussi tabou et susceptible de choquer, nous avons pu aborder tout ce qui nous semblait important.</p>
<p><strong>Quels sont les éléments que vous avez du sacrifier et exclure du montage final avec le plus de regret ?</strong></p>
<p>Des nombreux témoignages de personnes pasionnantes mais qui au final se répétaient un peu les unes et les autres. Et il aurait été intéressant de pouvoir développer la questions de la pornographie et des représentations qui en découlent. Le fait par exemple que les femmes n&#8217;aient que très rarement accès à des images d&#8217;hommes fesant l&#8217;amour. Comment évolueraient les fantasmes féminins si tel était le cas ? Mais si, en prenant cet exemple, nous n&#8217;avons pas pu développer ce thème, ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;il y aurait eu &laquo;&nbsp;censure&nbsp;&raquo; mais par manque de temps, le film ne dure que 56 mn et il y a tant à dire&#8230;</p>
<p><strong>Que comptez-vous faire de ce film après sa diffusion sur Arte ?</strong></p>
<p>J&#8217;espère que nous pourrons en faire un DVD. Et puis le montrer autant que possible dans des festivals mais c&#8217;est ce que souhaitent tous les réalisateurs.</p>
<p><strong>Question subsidiaire: le désopilant professeur Rollin québecois (croisé à un Deschiens) qui donne des cours de bisexualité à Montréal avec son marqueur et son paper-board, vous l&#8217;avez déniché comment ?<br />
</strong><br />
Michel Dorais, je l&#8217;ai trouvé sur internet lorsque je fesais mon enquête sur Technikart car il a écrit plusieurs livres sur le sujet. J&#8217;ai vu sur internet qu&#8217;il donnait des cours. Je l&#8217;ai appelé et interviewé à l&#8217;époque pour Technikart et je l&#8217;ai trouvé passionnant.</p>
<hr />
<p align="center"><strong>Quelques images tirées du film&#8230;</strong></p>
<p align="center"><img src="http://www.lautresexe.com/images/alex_beaupain.jpg" border="0" alt="" width="600" height="338" /> Alex Beaupain, un bisexuel qui s&#8217;assume.</p>
<p align="center"><img src="http://www.lautresexe.com/images/yelle.jpg" border="0" alt="" width="600" height="338" /> Yelle et ses musiciens, bisexuels qui ne s&#8217;assument pas encore, mais ça ne saurait tarder.</p>
<p align="center"><img src="http://www.lautresexe.com/images/cameron_mitchell.jpg" border="0" alt="" width="600" height="338" /> Cameron Mitchell, bisexuel de circonstance qui s&#8217;assume quand même plus volontiers homo après avoir goûté de la chatte.</p>
<hr />
<p align="center"><strong>Le communiqué de presse</strong></p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong> <span>La bisexualité : tout un art ?<br />
jeudi 18 décembre à 22.25 sur ARTE</span></strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong> <span>Un documentaire de Laure Michel et Eric Wastiaux<br />
Coproduction : ARTE France, BFC Productions (2008, 56mn)</span></strong></p>
<p><strong><span>40 ans après la révolution sexuelle, de plus en plus de personnes disent qu’ils ne sont pas définitivement hétérosexuels, ou résolument homosexuels. Ils se définissent comme bisexuels ou du moins assument leur attirance pour les deux sexes, aussi bien sur le plan sentimental que sur le plan sexuel. Une réalité qui pourrait concerner la majorité d’entre nous : et si nous étions tous inconsciemment bisexuels ? </span></strong></p>
<p><span>A Paris, Berlin, New York, San Francisco ou encore Montréal, les auteurs réalisateurs de ce documentaire ont rencontré des bisexuels, des chercheurs, des artistes qui s’intéressent à ce sujet.</span></p>
<p><span>En France, les écrivains Philippe Besson, Frédéric Beigbeder et Emmanuel Pierrat, les chanteurs Alex Beaupain et Yelle, le dessinateur de BD Riad Sattouf, les journalistes Eric Dahan et Didier Varrod, l’acteur de films X Titof témoignent de la place de la bisexualité dans leur œuvre ou dans leur réflexion sur la vie. En Allemagne, le créateur de mode Wolfgang Joop et la chanteuse sexy Luci Van Org se livrent. Aux Etats-Unis, ce sont les cinéastes John Cameron Mitchell (réalisateur de <em>Shortbus</em>) et l’auteure féministe Jennifer Baumgardner qui s’expriment.</span></p>
<p><span>Tous sont en plein questionnement sur l’évolution de notre société et certains contribuent à la reconnaissance de cette identité. Sans pouvoir parler pour autant d’une véritable culture bisexuelle, leurs œuvres sont le reflet de ces histoires d’amours qui dérangent.</span></p>
<p><span>Ce film est un voyage au delà des barrières sexuelles, à travers le prisme de l’art. </span></p>
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