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	<title>L&#039;Autre Sexe &#187; Le meetocard du mois</title>
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	<description>Le magazine des sexualités au pluriel (manifestement)</description>
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		<title>Celui qui aime/n&#8217;aime pas</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Feb 2010 15:04:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bob</dc:creator>
				<category><![CDATA[Février 2010]]></category>
		<category><![CDATA[Le meetocard du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Numéros]]></category>
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		<category><![CDATA[Meetic]]></category>

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		<description><![CDATA[Sur meetoc, pour « pécho », certains meetocards l&#8217;ont bien compris : il faut rentabiliser son abonnement. Rentabiliser en contactant un maximum de meeticiennes, bien évidemment, mais aussi optimiser son profil : choisir soigneusement ses photos (la pose « couv de Télé 7 jours » revient à maintes reprises, jouant volontiers sur l&#8217;attrait inconscient des midinettes pour les regards [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sur meetoc, pour « pécho », certains meetocards l&#8217;ont bien compris : il faut rentabiliser son abonnement. Rentabiliser en contactant un maximum de meeticiennes, bien évidemment, mais aussi optimiser son profil : choisir soigneusement ses photos (la pose « couv de Télé 7 jours » revient à maintes reprises, jouant volontiers sur l&#8217;attrait inconscient des midinettes pour les regards de côté), et investir dans une annonce fiable, sérieuse et efficace : l&#8217;annonce « j&#8217;aime / j&#8217;aime pas », la bonne recette qui marche toujours.<br />
Car, dans ce cas précis, nous n&#8217;avons pas forcément affaire à un affreux meetocard, appliquant avec vice des méthodes éhontées dont il est pleinement conscient. Non, il s&#8217;agit du bon meetocard un peu bonhomme et sympatoche, qui a décidé de bien faire son boulot proprement, en remplissant comme il se doit une annonce la plus exhaustive et consciencieuse possible. Un chic type potentiellement, (ou un gros tocard aussi, hein, puisque, ne l&#8217;oublions pas, nous sommes sur meetoc, le plus gros élevage en batterie de tocards prêts à servir) mais à qui il manque sans doute un brin d&#8217;imagination. D&#8217;ailleurs, le profil le plus récurrent le confirme : en moyenne la quarantaine, profession pépère (style commerçant), souvent voulant ou ayant des enfants, un bon chrétien pratiquant vivant avec chiens et chats à la maison.</p>
<p>Comme son nom l&#8217;indique, l&#8217;annonce « j&#8217;aime / j&#8217;aime pas » consiste à énumérer successivement&#8230; hum? Oui? Ce qu&#8217;on aime et ce qu&#8217;on n&#8217;aime pas. Bravo. Trois qui suivent.<br />
Ainsi, nous obtenons des sommets de littérature tels que l&#8217;exemple suivant :<em><br />
<span style="color: #ff0000;">&#8230; J&#8217;aime l&#8217;Afrique, le bon vin, l&#8217;humour, le charme des vieilles pierres, Hemingway, le thé à la menthe, l&#8217;Italie, le sport, les coquillages, les voyages, un bon whisky, la musique Irlandaise, les chapeaux, l&#8217;odeur de l&#8217;herbe fraîchement coupée, la Provence, la géopolitique, le bleu, la lumière après un orage, un champ d&#8217;oliviers aux pieds de la Sainte Victoire&#8230;.</span></em><em> </em></p>
<p>Pas mal, me direz-vous? Effectivement, bel effort, tous les ingrédients de la caricature de l&#8217;annonce « j&#8217;aime / j&#8217;aime pas » y sont. Car, chers lecteurs, je vous l&#8217;annonce, l&#8217;équation de référence pour cette annonce est :  Clichés + poésie à deux balles = annonce « j&#8217;aime / j&#8217;aime pas »</p>
<p>Ici, on a en effet un brin d&#8217;exotisme avec les références internationales, un soupçon de références culturelles, de gastronomie, et quelques allusions imagées se voulant purement poétiques (franchement, vous imaginez ce pauvre type allant renifler la pelouse après le passage du jardinier municipal?)</p>
<p>Dans 90% des annonces de ce genre, vous trouverez effectivement : le bon vin, les voyages, et l&#8217;Italie. C&#8217;est le tiercé gagnant de ces annonces : connaissez-vous énormément de gens qui n&#8217;apprécient au moins une de ces trois choses?<br />
Evidemment, cette poésie s&#8217;avère assez vite inopérante lorsque l&#8217;annonce dévie sur le domaine culinaire, prenant des allures de bande-annonce pour une émission de Cyril Lignac :<em><br />
<span style="color: #ff0000;">J&#8217;aime la paella, les anchois (de préférence à la provençale), la ratatouille, le kiwi, les fruits exotiques et rouges, les macarons ( à la pistache entr&#8217;autre ), les cannelés&#8230;.. mais je n&#8217;aime pas les salsifis, le céleri remoulade, et certains fromages dont le fromage corse ( très dangereux, il peut faire exploser un bâteau pirate, Astérix en Corse en est la preuve)&#8230;mais je mange quand même des légumes. Ma boisson préférée est le lait (avec des Granola ou des petits Lu c&#8217;est meilleur), mais je ne reste pas indifférent devant une Pina Colada fraîche (à boire avec modération).</span> </em><em> </em></p>
<p>L&#8217;objectif sous-jacent (ne parlons pas ici de stratégie) de ce genre d&#8217;annonces n&#8217;est pas vraiment de se définir, et de décrire sa personnalité. Car, en quoi un paragraphe comme celui-ci apporte-t-il une quelconque information sur son auteur? Nul ne peut savoir à la lecture de ces quelques lignes si il s&#8217;agit de quelqu&#8217;un de posé, de sain, et de fiable, ou au contraire d&#8217;un simple névrosé, potentiellement borderline ou caractériel. En d&#8217;autres termes, impossible de déceler si c&#8217;est un mec normal, voire un bon mari potentiel (question essentielle pour 90% des meetocardes), ou juste un énième spécimen de petit branleur qui vous jouera la grande sérénade, puis, après avoir joyeusement trempé son biscuit, filera à l&#8217;anglaise en ayant omis de vous laisser son numéro de téléphone (le goujat, mince alors&#8230;).</p>
<p>Non, ici, l&#8217;objectif est double : d&#8217;abord donner l&#8217;image attrayante d&#8217;un bon épicurien, avec qui vous allez vivre des moments inoubliables, et goûter enfin à la dolce vita (le fameux cocktail vin-Italie-voyages). Ensuite, dans une visée plus poussée, il s&#8217;agit en fait d&#8217;ouvrir un potentiel de points communs, en fournissant une liste suffisamment étendue de propositions dans lesquelles la meetocarde avide d&#8217;indices « d&#8217;affinités » potentielles avec son futur mari ne manquera pas de se retrouver. Ainsi, je défie quiconque de ne pas parvenir à se retrouver au moins une fois dans une description telle que celle-ci :<br />
<span style="color: #ff0000;"><em>arriver au dessus d&#8217;une ville la nuit en avion, penser avec le Coeur, les lieux chargés d&#8217;histoire, les vieux meubles tibétains, l&#8217;odeur du pain grillé, aller au ciné le matin, boire un café en terrasse, me réveiller dans un pays lointain, dîner dehors surtout les soirs d&#8217;été, le calme éphémère du petit matin&#8230; </em></span></p>
<p>Idem d&#8217;ailleurs pour son pendant négatif :<br />
<span style="color: #ff0000;"><em>Je n&#8217;aime pas : tourner la dernière page d&#8217;un bouquin, les préjugés à répétition, prendre un kilo, les gens trop pressés, la routine qui dépasse une semaine, le dentifrice rouge et blanc, les choux de Bruxelles, me réveiller à la sonnerie d&#8217;un réveil&#8230; </em></span></p>
<p>Exception faite des adoratrices de choux de Bruxelles, chacune sera tentée de se dire à la lecture de cette liste : « Oh, c&#8217;est fou ce qu&#8217;on se ressemble !! ».</p>
<p>Alors, une fois n&#8217;est pas coutume, j&#8217;ai envie de me montrer charitable envers les auteurs de ce type d&#8217;annonces, et de leur répondre « pourquoi pas, à condition de bien maîtriser la forme ». Car, il est à craindre un certain nombre de dérives qui font vite de cet exercice un ratage complet.<br />
Le premier danger est sans conteste de tomber dans un politiquement correct risible façon « j&#8217;aime l&#8217;amour, et les gens gentils / je n&#8217;aime pas la guerre et les menteurs », ou une banalité par trop lapalissadienne style « j&#8217;aime le soleil et le beau temps / je n&#8217;aime pas la pluie et le froid ».<br />
En général, ça ne loupe pas :<span style="color: #ff0000;"><em><br />
Je n&#8217;aime pas la violence, l&#8217;hypocrisie, les préjugés, la variété française qui est une forme de violence à sa manière. (Enfin si vous en écoutez c&#8217;est pas très grave, vous pourrez en écouter en mon absence) </em></span></p>
<p>Cependant, pardonnons à celui-ci qui a malgré tout le bon goût de vomir la variété française.</p>
<p>Le deuxième écueil serait de ne pas tenir la contrainte formelle de l&#8217;énumération qui donne toute son identité à ce genre d&#8217;annonces, et de partir à trois kilomètres de son propos à force de digressions trop nombreuses. On peut citer en exemple cette annonce malheureuse, presque touchante de maladresse :<em><br />
<span style="color: #ff0000;">J&#8217;aime le soleil, farnienter sur une plage non pas trop lézarder mais pour lire de temps en temps un bon livre et pour prendre des couleurs (mais lézarder est assez sympa tout de même, au retour des vacances tout le monde se doute que l&#8217;on revient de la mer), le vent car on ressent une caresse (douce parfois brusque) sur le visage, une sensation de fragilité, de pureté devant cette force naturelle, et parfois la pluie si celle-ci n&#8217;est pas trop glacée avec une préférence si cette dernière précède le soleil. </span></em></p>
<p>Et l&#8217;auteur de perdre totalement son sujet de vue, pour carrément raconter sa vie :<em><br />
<span style="color: #ff0000;">Il m&#8217;arrive d&#8217;aller au restaurant pour y goûter les différentes cuisines du monde (Tibétain, Brésilien, Italien, Ezpagnol, Français (cuisine traditionnelle biensure)), &#8230;., Paris est pratique pour cela. La gourmandise m&#8217;oblige parfois à transgresser certains accords passer avec ma conscience comme manger des petites douceurs tels le chocolat, les confiseries (nounours à la guimauve par exemple, sans oublier ces fameux m&amp;m&#8217;s, surtout le jaune non le rouge, non les deux car l&#8217;un ne va pas sans l&#8217;autre), &laquo;&nbsp;les petits plaisirs de la vie&nbsp;&raquo; et bien d&#8217;autres&#8230; Il m&#8217;arrive également de lire Marianne, le Canard enchainé, bref une presse qui ose la critique&#8230;</span></em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Enfin, on peut craindre que le meetocard ne maîtrise pas suffisamment la figure stylistique centrale de ce genre d&#8217;annonces : le zeugma. Le zeugma est une figure qui consiste à associer dans une même formule deux éléments de nature sémantique ou syntaxique différente : « Il prit son chapeau et la porte ». L&#8217;exemple le plus connu étant la fameuse formule de Victor Hugo « Vêtu de probité candide et de lin blanc ». Desproges, avec le talent qu&#8217;on lui connaît, a perverti la figure de façon jouissive : « Après avoir sauté sa belle-soeur et le repas du midi, le Petit Prince reprit enfin ses esprits et une banane ».<br />
Appliqué à notre annonce « J&#8217;aime / j&#8217;aime pas », le risque est grand : « J&#8217;aime faire l&#8217;amour et le cassoulet toulousain » ou encore « J&#8217;aime me faire draguer, et les petites chattes bigarrées ». Hum&#8230;</p>
<p>Et oui, lorsqu&#8217;on se laisse aller à la facilité de ce genre d&#8217;annonces, mieux vaut savoir en prendre le contrepied, au risque de tomber au bout de deux mots dans la niaisierie la plus impardonnable. Alors, chers auteurs de ces annonces, de grâce, creusez-vous un peu la tête pour les rendre un brin savoureuses, parce que, dans ce cas, moi aussi je peux me contenter de finir ma chronique par cette formule honteusement pléonastique: « J&#8217;aime les bonnes annonces, je n&#8217;aime pas les annonces pourries. »</p>
<p><em>NB : tous les extraits cités sont de véritables extraits de mails restitués tels quels.</em></p>
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		<title>Le mégalo</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Oct 2009 13:57:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bob</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le meetocard du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Octobre 2009]]></category>
		<category><![CDATA[drague]]></category>
		<category><![CDATA[Meetic]]></category>

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		<description><![CDATA[Le marché des sites de rencontre est, on le sait tous, un monde bien cruel. Un monde où chacun se voit très vite contraint, non pas de faire preuve de sincérité, en assumant fêlures et faiblesses, mais plutôt de se vendre au plus offrant, en espérant ne pas se retrouver à endosser le rôle de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le marché des sites de rencontre est, on le sait tous, un monde bien cruel. Un monde où chacun se voit très vite contraint, non pas de faire preuve de sincérité, en assumant fêlures et faiblesses, mais plutôt de se vendre au plus offrant, en espérant ne pas se retrouver à endosser le rôle de la « promo du mois ». Cela aboutit invariablement à une stratégie marketing plus ou moins fine, que votre humble serviteur, s&#8217;emploie tant bien que mal (parfois au prix d&#8217;une légère nausée), à décoder pour vous.</p>
<p>Dans cette compétition féroce, certains choisissent, non pas les techniques amusantes et rafraîchissantes qu&#8217;il nous a jusque là été donné d&#8217;observer ensemble, mais plutôt le marketing agressif, brutal, et (disons-le clairement) « bourrin », qui consiste à s&#8217;auto-proclamer directement <em>number one,</em> <em>nec plus ultra</em>, <em>mec de l&#8217;année</em>, <em>meilleur coup de l&#8217;histoire de l&#8217;orgasme féminin</em>, etc&#8230;<br />
Bien que ce profil offre certaines nuances, nous l&#8217;appellerons pour plus de simplicité et d&#8217;efficacité journalistique « le mégalo », le terme désignant ici, avec maladresse et approximation, à la fois les meetocards qui voient dans leur orgueil démesuré une qualité, ceux qui sont persuadés de connaître les femmes mieux que personne et de pouvoir leur offrir un orgasme en claquant des doigts (je déconseille formellement cette technique&#8230;), et ceux qui vous promettent monts et merveilles si vous prenez le risque d&#8217;écouter leurs boniments. Ce syndrôme pourrait également s&#8217;appeler le « syndrôme Michael Vendetta », du nom de ce célèbre philosophe d&#8217;influence JC Van Dammienne, inventeur du concept de la « Bogoss Attitude ».</p>
<p>Certains meetocards, dans cet exercice complexe de valorisation outrancière de soi, choisissent tout naturellement de jouer sur le dénigrement de la concurrence. L&#8217;exercice est de montrer, en un étonnant succédané de plaquette publicitaire pour sextoy, combien le meetocard en question sort du lot, et vous apportera pleine satisfaction (satisfaite ou remboursée? J&#8217;en doute&#8230;). Peut ainsi s&#8217;en suivre une délicieuse énumération des pires specimens de la gente masculine, qui nous prouve combien les hommes peuvent être lucides sur les hommes&#8230; quand il s&#8217;agit d&#8217;autres qu&#8217;eux-mêmes.<br />
Voici un exemple parfait de ce genre de prose commerciale :<span style="color: #0000ff;"><em><br />
« Vous avez essayé les garçons, et ils vous ont un   peu déçue : ceux qui n&#8217;assurent pas, ceux qui ne sont pas fiables&#8230;</em></span><br />
remplacez « garçon » par « sextoy », ça   marche&#8230;<span style="color: #0000ff;"><em><br />
&#8230; ceux qui ne comprennent pas vos besoins de femme ou ne sont pas prêts à les assumer ou n&#8217;en sont pas capables, ceux qui matent d&#8217;autres filles quand vous êtes avec lui sans que ce soit celle que vous matez, les bogoss qui gèrent plusieurs affaires en même temps dont vous,</em></span><br />
remarquez la référence inconsciente à Michael Vendetta<span style="color: #0000ff;"><em><br />
&#8230; ceux qui ne comprennent pas la sensualité de la femme ou pire qui s&#8217;en foutent, ne vous regardant que comme &#8230; un beignet,</em></span><br />
où est-il allé chercher cette image de beignet? À cause du trou au   milieu? Je ne comprends pas&#8230;<span style="color: #0000ff;"><em><br />
ceux qui cherchent une maman pour faire la bouffe, le ménage et les courses, ceux qui n&#8217;ont en fait aucune expérience à part tomber des meufs et dont l&#8217;univers érotique s&#8217;arrête au bout de leur virilité et vous amèneront pas beaucoup plus loin &#8230;..Donc si cette liste non exhaustive vous dit quelque chose,</em></span><br />
bien évidemment !! si elle ne leur disait rien, elles ne seraient pas là, à traîner lamentablement sur un site de rencontres, ducon&#8230;<span style="color: #0000ff;"><em><br />
Interrogez-vous sur ce que vous cherchez vraiment et qui peut vous l&#8217;apporter&#8230; Alors essayez les hommes et ne vous trompez pas : à plus de 30 ans, on sait aimer et satisfaire les demandes d&#8217;une femme, avant, on expérimente&#8230; et tout fonctionne très bien, longtemps,</em></span><br />
merci de nous rassurer sur l&#8217;état de la tuyauterie&#8230;<span style="color: #0000ff;"><em><br />
avec beaucoup plus d&#8217;intelligence en plus de la simple   bestialité (tout à fait agréable au demeurant)&#8230;.</em></span><br />
que vient faire l&#8217;intelligence dans un lit&#8230; ça sent le mauvais   coup, ça, non?<span style="color: #0000ff;"><em><br />
Pas du tout à la rue donc, </em>[???]<em> je n&#8217;insisterai pas mais si vous souhaitez voir si ça peut le faire et tester pour voir, vous aurez peut-être beaucoup à y gagner par rapport à ce que vous cherchez actuellement ou croyez vouloir.</em></span><br />
à ce stade, personnellement, j&#8217;ai déjà décroché&#8230;   jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il nous assomme avec sa conclusion Rocco-Siffredienne :<span style="color: #0000ff;"><em><br />
Je suis un mec qui sait ce qu&#8217;il veut et ce qu&#8217;il peut   offrir&#8230; »</em></span></p>
<table style="height: 15px;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="632">
<tbody>
<tr>
<td width="642" valign="top"></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Après ce genre d&#8217;argumentaire, on s&#8217;attend presque à entendre : « Si vous commandez tout de suite par téléphone, vous aurez droit à une remise de 30%, ainsi qu&#8217;un magnifique plumeau en plumes d&#8217;autruche comme cadeau de bienvenue. »</p>
<p>Dans la même optique du « Je sais exactement ce que veulent les femmes, et vous avez tiré le bon numéro », après cette version « sensualité en toute intelligence, où tout fonctionne très bien et longtemps » (tout un programme&#8230;), on a la version « mariage » qui, d&#8217;après <span style="color: #0000ff;">« <em>Yannick de Nogent, originaire du 44, et puis de partout à la fois</em> »</span>, est le rêve de toute femme qui s&#8217;assume comme telle :<br />
<span style="color: #0000ff;">« </span><em><span style="color: #0000ff;">Je pense que toute femme rêve du mariage, seulement, celui-ci peut apparaître de plusieurs façons. Le rêve de jeune fille, ça existe, ma soeur il y a un mois, ou alors, l&#8217;accomplissement d&#8217;une vie commune, ma cousine le week end dernier.</span><br />
</em>Bon, en même temps, s&#8217;enquiller deux mariages dans le même mois, le pauvre garçon a des circonstances atténuantes à son délire&#8230;<em><br />
<span style="color: #0000ff;">« Entre les deux, multitude de possibilités. »</span></em><br />
Entre les deux, ou carrément ailleurs, loin, très loin&#8230;<em><br />
<span style="color: #0000ff;">« L&#8217;homme n&#8217;est fait que pour que sa femme l&#8217;admire, heureusement, sinon, la chute serait brutale ! »</span></em><br />
Quelqu&#8217;un aurait-il une camisole de force sous la main?<em><br />
<span style="color: #0000ff;">« Il est là pour la compléter dans sa vie, ses attentes, ses besoins, &#8230;et la réciproque est vraie, bien sûr. »</span></em><br />
et le mail de continuer par cette gentille remarque :<em><br />
<span style="color: #0000ff;">« Vous êtes très intellectuelle, j&#8217;espère que vous rencontrerez la personne souhaitée. »</span></em><br />
Très intellectuel, je ne pense pas. J&#8217;ai surtout envie de dire, cher Yannick, que je ne souffre malheureusement pas trop de la comparaison avec vous&#8230;</p>
<p>Le mégalo peut aussi se présenter, en toute immodestie, comme un insatiable bourreau des coeurs, et fier de l&#8217;être. Ainsi, un autre internaute du nom de Yann (décidément&#8230; mauvais préfixe) se présente avec enthousiasme de la manière suivante :<em><br />
<span style="color: #0000ff;">« Personnage très complexe, tentant désespérement de concilier les contraires, je ressens un besoin profond d&#8217;harmonie, il parait que le raffinement est en moi et poussé à l&#8217;extrême, je suis à la recherche constante de la beauté physique et de la pureté spirituelle. Il m&#8217;arrive de semer derrière moi des coeurs blessés donc d&#8217;offrir désirs et supplices. Ma course vers cet équilibre m&#8217;a doté d&#8217;une sensibilité à fleur de peau. »</span></em><br />
Je crois qu&#8217;en réalité c&#8217;est plutôt l&#8217;équilibre qui court derrière ce pauvre garçon pour tenter de le rattraper&#8230;</p>
<p>Enfin, nous conclurons sur les mégalo qui, non contents de vous promettre une sexualité hors-pair, le mariage, ou une rencontre avec un être exceptionnel, vous font miroiter bien pire : l&#8217;Amour, avec un grand A. L&#8217;Amour, et toute la tripatouillée de formules surannées qu&#8217;il véhicule avec lui, le tout enveloppé dans du lyrisme Carambar façon plagiat de Rudyard Kipling :<em><br />
<span style="color: #0000ff;">« Viens à moi si tu aimes la loyauté, la franchise et si tu trouves que la vie n&#8217;a de sens qu&#8217;à deux.</span></em><span style="color: #0000ff;"><em>Si tu penses que rencontrer, c&#8217;est donner une chance à l&#8217;amour,</em></span><em><span style="color: #0000ff;">Si tu sais que le futur est une pr<span style="color: #0000ff;">om</span></span><span style="color: #0000ff;">esse.</span><br />
<span style="color: #0000ff;">Si tu es prête à aller jusqu&#8217;au bout de ta quête.</span></em> [ne pas bégayer sur cette dernière syllabe, au risque de donner à la phrase un tout autre sens]]<em><br />
<span style="color: #0000ff;">Si tu es libre les trente prochaines années&#8230;</span></em><span style="color: #0000ff;"> </span>[oui, je suis libre, mais je crois en te lisant que je tiens à le rester...]<em><br />
<span style="color: #0000ff;">Écris-moi.</span><br />
<span style="color: #0000ff;">Si, tu ne confonds pas sérieux et tristesse, si tu penses que l&#8217;humour n&#8217;est ni futile ni superflu, alors nous serons en harmonie.</span></em><br />
Non, l&#8217;humour n&#8217;aurait pas été superflu dans ton mail, crois-moi.<em><br />
<span style="color: #0000ff;">Si tu penses que respect et honnêteté servent à embellir une annonce,</span></em><span style="color: #0000ff;"><em><br />
Si tu penses que les actes peuvent contredire les mots,</em><em><br />
Si mes courriers sont un score pour ton ego.</em><em><br />
Des légions d&#8217;hommes qui te ressemblent, t&#8217;attendent&#8230;</em></span><br />
Parler à une femme des légions d&#8217;hommes qui lui ressemblent, c&#8217;est assez inattendu comme approche&#8230;<br />
Après ces belles promesses d&#8217;un avenir commun radieux et harmonieux, l&#8217;internaute conclut par ce très sympathique Nota Bene :<em><br />
<span style="color: #0000ff;">N.B. : Mesdames, pour ne pas perdre votre temps, je vous engage à respecter mes souhaits notamment concernant l&#8217;age et sachant que je recherche une femme sans enfant. Merci de votre compréhension. </span></em></p>
<p>Après ce sympathique mais non moins effrayant tour d&#8217;horizon de promesses mégalomanes servies par des internautes persuadés d&#8217;être là pour rendre service à la moitié de l&#8217;humanité qui est dépourvue de testicules, nous concluerons en disant que ces internautes-là ont raison en un point dans leur incommensurable orgueil : ils ont amplement mérité le titre de « meetocards du mois ».</p>
<p><em>NB : tous les extraits cités sont de véritables extraits de mails récoltés sur internet, avec patience et minutie, par votre cher serviteur, et restitués tels quels.</em></p>
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		<title>Le franc du collier</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Aug 2009 09:09:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bob</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le meetocard du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Septembre 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Meetic]]></category>

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		<description><![CDATA[Il existe une catégorie assez répandue sur Meetoc : le meetocard qui sait qu&#8217;il vient sur un supermarché de la rencontre, et qui assume pleinement le fait qu&#8217;il vient choisir une femme, comme il choisirait une pintade au rayon volailles : un peu dodue mais pas trop grasse, pas trop jeune mais pas une vieille [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il existe une catégorie assez répandue sur Meetoc : le meetocard qui sait qu&#8217;il vient sur un supermarché de la rencontre, et qui assume pleinement le fait qu&#8217;il vient choisir une femme, comme il choisirait une pintade au rayon volailles : un peu dodue mais pas trop grasse, pas trop jeune mais pas une vieille carne non plus, tendre, goûteuse, élevée au grand air, naturelle, bon rapport qualité / prix, etc, etc&#8230; (c&#8217;est fou le nombre de correspondances que la langue française offre entre les volailles et les femmes).</p>
<p>Revenons à notre meetocard : conscient de la concurrence qui traîne sur ce site, et désireux de ne pas tomber dans les stratégies grossières de ses congénères (peut-être aura-t-il eu la bonne idée de lire mes chroniques!), notre homme a entrepris de procéder différemment : y aller franco, foncer carrément, ne pas y aller avec le dos de la cuillère, se relever les manches et fourrer sa main dans le cul de la volaille pour lui vider les tripes&#8230; bref, y aller « adonf », comme disent les jeunes dont nous ne faisons plus partie&#8230; nous l&#8217;appellerons donc notre meetocard « franc du collier ».</p>
<p>Ce meetocard « franc du collier » est un animal domestique un peu stupide mais sympathique au demeurant, une sorte de cocker au regard vide et aux oreilles pendantes (j&#8217;ai dit, les oreilles&#8230;). Il remue la queue quand il est content, et fait un tour sur lui-même avant de s&#8217;asseoir (cette dernière phrase n&#8217;ayant aucun sens, mais donnant une bonne image de l&#8217;impression que peut laisser un tel individu : un truc inutile mais qui fait marrer quand on le regarde).</p>
<p>Dans la plupart des cas, l&#8217;attitude décomplexée et directe du « franc du collier » relève moins d&#8217;un naturel assumé, d&#8217;une absence totale de calcul, que d&#8217;une incapacité à séduire par le verbe. Ainsi, on pourrait citer l&#8217;exemple suivant : <em>« </em><em>que tu dir plus que ton profil m&#8217;attire et ta photo encore plus .. ca t dit de faire l&#8217;amour avec moi ?.. oups c&#8217;est un peu direct &#8230; ».</em> Ici, l&#8217;habileté littéraire laisse sans voix, et on comprend aisément que l&#8217;auteur de ces mots (mais peut-on encore appeler cela des mots, d&#8217;ailleurs?) ait préféré procéder sans détours. De là à ce que franchise se fasse maladresse, il n&#8217;y a qu&#8217;un pas, comme ici : <em>« Je ne suis vraiment pas exigent, si j&#8217;en crois mes experiences j&#8217;aime bien les filles ch&#8230; Mais laquelle ne l&#8217;est pas quand elle est avec un mec (nan je plaisante les filles!!), mais j&#8217;aime bien les filles un peu ch.. qd meme! Allez, La bise.. » </em>Oui, c&#8217;est ça, bon vent, l&#8217;ami, et bonjour à ta mère&#8230; aborder une femme en lui faisant comprendre qu&#8217;elle pourrait potentiellement faire partie des chieuses qui excitent le fond de masoschisme (de connerie?) qui est en lui, c&#8217;est d&#8217;une finesse à toute épreuve.</p>
<p>Parlant de finesse, la franchise consiste aussi à dire sans détours ce que le meetocard attend de vous, et de vous exposer un par un ses critères de choix :<em><br />
-Tout d’abord, c’est l’âge. J’ai 35 ans et j’aurai dû, peut être, mettre plus ou moins 5 ans mais j’ai une sœur qui a 27 ans et qui au niveau maturité m’égale et même me dépasse. Très surprenant que de se l’avouer que ta petite sœur est plus mûre que soi !!! </em>Au vu de ton mail, cela ne paraît pas si surprenant, je t&#8217;assure&#8230;<em><br />
- Pas d’enfant : c’est une aventure à deux, vierge d’expérience pour les deux.<br />
-le poids et la taille : plus ou moins 5 kilos/5 cm. C’est pour respecter le principe des proportions mais c’est vrai qu’une fille plus grande me ferait bien marrer. Mais le poids est important. Comme on dit : « bien dans sa tête, bien dans son corps ». </em>Si l&#8217;on en croit cet adage, on peut imaginer quel physique ingrat le pauvre malheureux se traîne&#8230;<br />
Et le même meetocard de conclure, pour vous assurer (et cela vous fera le plus grand plaisir) que vous avez brillamment passé son « test » :<br />
« <em>Tu es rentré dans ma moulinette et voilà. » </em>Tu es rentrée dans ma moulinette, et voilà&#8230;  mis à part l&#8217;irrésistible envie d&#8217;ajouter « dit la jeune mariée » à cette phrase, force est de constater que là, vraiment, on frise les sommets du lyrisme, Lamartine n&#8217;a qu&#8217;à bien se tenir&#8230;  <em>« Que puis-je dire sur moi ? »</em> Rien, n&#8217;en dis pas plus, par pitié&#8230; <em>« Je suis comme j’écris : honnête, normal ! »</em> honnête, c&#8217;est sûr ; normal&#8230; permets-moi d&#8217;en douter&#8230; « <em>Comme tout bon mailing, il faudrait relancer. Mais dans notre cas, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de le faire. »</em> Non, effectivement, ce n&#8217;est pas nécessaire&#8230; « <em>Un mail ou un silence suffira »</em>. Je te confirme que ce sera un silence, donc&#8230; « <em>Voilà ! Le premier pas est fait, le deuxième est pour toi.</em> »</p>
<p>Parfois, la franchise flirte, volontairement ou pas, peu importe, avec un humour dont on ne saurait évaluer le degré, tant le tout laisse le lecteur dans une impression de confusion proche de celle d&#8217;un spectateur désoeuvré qui viendrait de s&#8217;enquiller quatre épisodes de « Plus belle la vie » à la suite.<br />
Ainsi, ce mail plein de fraîcheur de « Sébastien qui le vaut bien » (c&#8217;est ainsi qu&#8217;il signe) :<br />
« <em>Bon, ben voilà, comme disais le poète, avant de mourir, l&#8217;homme veut mettre sa zigounette dans le pilou-pilou de la dame, et c&#8217;est ça qu&#8217;est beau. Aimons-nous vivants, n&#8217;attendons pas que la mort nous trouve du talent. François Valéry. </em>»<br />
You see, le cocker sympathique et marrant? Il n&#8217;y a que lui pour citer François Valéry sur un site de rencontres. Là où l&#8217;on se dit qu&#8217;il ne peut y avoir aucune stratégie derrière tout cela, c&#8217;est lorsqu&#8217;on pense que l&#8217;auteur de ce mail n&#8217;a en aucun cas pris la peine de se demander ce qu&#8217;une fille normale aurait bien pu répondre à un tel mail :  « j&#8217;aime ce qui est beau, venez mettre votre zigounette dans mon pilou pilou »? ou « J&#8217;ai toujours aimé les poètes, en particulier François Valéry, et Herbert Léonard&#8230;  PS : ce que vous êtes cultivé&#8230; »&#8230; Franchement&#8230;</p>
<p>On en arrive ainsi à notre deuxième hypothèse de travail : notre « franc du collier » ne veut ni nous charmer, ni paraître honnête&#8230; il veut juste gagner du temps, en éliminant toutes les candidates qui pourraient attendre de lui un quelconque discours amoureux ou pseudo-galant qu&#8217;il n&#8217;est en aucun cas disposé à servir&#8230; La preuve en est, le mail suivant, qui décrit avec une délicatesse remarquable, histoire de donner envie à la demoiselle de répondre, comment pourrait se dérouler une première nuit d&#8217;ébats, avec notre cocker : « <em>Pour ma part, sache que je suis célibataire, téméraire raisonnablement, et que j’ai toujours une bouteille de champagne dans mon coffre, au cas où, que je pourrais la livrer à n’importe quelle adresse un soir pour le début d’une belle histoire !</em> ». Oui, c&#8217;est bien connu, les belles histoires d&#8217;amour commencent toujours par une bonne beuverie&#8230; « <em>Bien évidemment, la livrer comme repartir, dans l’hypothèse où l’on ne se plairait pas en vrai. Et oui c’est un Pack ! Cela coûte quoi après tout, si ce n’est une belle chance de croquer la vie qualitativement et durablement </em>! » Alors, qualitativement, coco, ne te vante pas trop vite s&#8217;il-te-plaît, et durablement, ce n&#8217;est pas avec les litres de champagne que tu auras ingurgités que tu risques d&#8217;assurer de ce côté-là&#8230;.. « <em>Vivre ses rêves et non rêver sa vie est un art ! En plus il va faire froid dès ce soir et tout le we !!!</em> » Voilà&#8230; l&#8217;argument choc&#8230; j&#8217;avais oublié qu&#8217;il allait faire froid, ça change tout, forcément&#8230;<br />
Encore plus expéditif, que Monsieur « Pack », voici la nouvelle version de la centrale vapeur JP525, en vente dans tous les bons magasins d&#8217;électro-ménager : « <em>Si tu n&#8217;a pas le temps tu peut trouver l&#8217;homme d&#8217;une nuit ou de plusieurs suivant ton bon vouloir je suis un bon amant sain physiquement et moralement a ta disposition  bise  jean pierre</em> ». Je n&#8217;en demandais pas tant, cher Jean-Pierre&#8230;<br />
La version ultime de cette « efficacité par la franchise » se résume dans cette formule on ne peut plus sincère et droite : « <em>Je recherche une future amie qui serait l&#8217;exacte contraire de mon ex-epouse </em>».</p>
<p>Qu&#8217;il s&#8217;agisse de maladresse verbale, d&#8217;une méconnaissance totale des femmes et des lois de séduction à appliquer auprès d&#8217;elles, ou d&#8217;un humour déplacé, le « franc du collier », dans 9 cas sur 10, se juge plutôt fin et habile dans son approche. Pour exemple, citons Eric, qui, après s&#8217;être épanché sur son « fantasme de bureau », conclut son mail de façon fort charmante, qualifiant son approche de « proposition élégante et originale » :<em> Alors si jamais, tu en as plus dans la culotte (petite ou grande&#8230;) et la tête, que dans le soutien-gorge, si jamais, tu es une femme assez directe, curieuse, mais avec une optique constructive, si tu es ouverte d’esprit, spontanée, coquine évidemment, aimante, bonne vivante, si tu sais enfin faire la différence entre une proposition élégante, originale, concrète et inopinée, avec une proposition glauque… et si, bien entendu, si tu as envie de saisir la première, et bien lance toi… Je suis prêt et libre. Alors appelle-moi au 06-60-** ** **. Je m’engage à te mettre à l&#8217;aise dans tous les cas. </em>Pour ça, je n&#8217;en doute pas, très cher&#8230;</p>
<p>Je finirai en citant la palme des mails « francs du collier » : « Plus je connais les hommes, plus j&#8217;aime mon chien ; plus je connais les chiennes, plus j&#8217;aime ma femme&#8230; definitively. » J&#8217;ignore comment l&#8217;auteur de ce message pouvait espérer, ne serait-ce qu&#8217;une seconde, pouvoir séduire une femme avec ce type d&#8217;approche, mais il aura au moins eu le mérite de surpasser tous ces congénères&#8230;</p>
<p align="right">
<p><em> </em></p>
<p><em>NB : tous les extraits cités sont évidemment de véritables extraits de mails récoltés sur internet, avec patience et minutie, par votre cher serviteur, et restitués tels quels, fautes d&#8217;orthographe comprises.</em></p>
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		<title>L&#8217;homme marié</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Jan 2009 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bob</dc:creator>
				<category><![CDATA[Février 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Le meetocard du mois]]></category>
		<category><![CDATA[adultère]]></category>
		<category><![CDATA[infidélité]]></category>
		<category><![CDATA[mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Meetic]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est Monsieur tout le monde, il a entre 35 et 45 ans, et se met en ligne sous des pseudos d&#8217;une originalité déconcertante : « stephane_37ans_paris », « charmeur_et_câlin », ou « epicurien75 ». Ce n&#8217;est pas de sa faute s&#8217;il est là : sa femme ne le comprend plus, elle ne comble plus ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS">C&#8217;est Monsieur tout le monde, il a entre 35 et 45 ans, et se met en ligne sous des pseudos d&#8217;une originalité déconcertante : « stephane_37ans_paris », « charmeur_et_câlin », ou « epicurien75 ». Ce n&#8217;est pas de sa faute s&#8217;il est là : sa femme ne le comprend plus, elle ne comble plus ses désirs sexuels, et depuis que les gosses sont là, même leurs disputes ont un goût de molle redite&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS">Il lui arrive d&#8217;ailleurs parfois de chatter sur meetic avec sa chère et tendre épouse, depuis son petit bureau gris, entre deux réunions, mais, drame moderne de la toile, ou bénédiction du virtuel, il ne le saura jamais, puisque ni lui ni elle n&#8217;aura eu l&#8217;honnêteté de montrer son visage&#8230; et ils fantasmeront chacun de leur côté, le soir venu, durant la séance hebdomadaire de coït marital, sur cet-te inconnu-e avec qui ils ont conversé et qui les comprend tellement mieux que celui ou celle qui partage leur lit&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS">Mais revenons à notre mari comblé, et à ses velléités de bonheur virtuel :<br />
Le plus souvent, en matière de proie, il cible large&#8230; il n&#8217;a pas les moyens de ses confrères célibataires, alors il faut aller à l&#8217;essentiel : </span><em> <span> Bonjour, je m’appelle Gérard*, dans la quarantaine, au visage plutôt agréable, je souhaite nouer une relation avec une femme de 20 à 45 ans pour trouver de la complicité et de l’affection partagée.</span></em></p>
<p><span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS;color: black"> Dans son annonce, il n&#8217;hésite pas à vanter la marchandise. Il ne fait ni dans l&#8217;humour, ni dans l&#8217;originalité, il n&#8217;est pas là pour trouver quelqu&#8217;un d&#8217;extraordinaire, il est là pour se trouver une petite maîtresse gentille et obéissante, qui lui fera oublier le fait qu&#8217;il aurait peut-être dû réfléchir deux minutes la dernière fois qu&#8217;on lui a posé une question devant une assemblée de plus de vingt personnes&#8230; </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS;color: black">Là, bizarrement, à la lecture de sa description, on constatera qu&#8217;il se voit toujours invariablement comme un chic type :</span><em><span> </span></em> <span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS;color: black">le mariage ne lui a apporté qu&#8217;une seule chose : la certitude (étrange) d&#8217;être quelqu&#8217;un sur qui on peut compter (et il en donne la preuve&#8230;), quelqu&#8217;un de fiable, de doux, de compréhensif et à l&#8217;écoute&#8230; Bref, il vous dépeint sans sourciller le mari idéal qu&#8217;il saurait être pour une femme (sauf la sienne, visiblement&#8230;).<br />
Enfin, il n&#8217;omet pas de vous préciser que c&#8217;est un épicurien né : il aime la vie, il est « </span><em><span>à la recherche de morceaux volés au temps qui passe</span></em><span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS;color: black"> », et est bien décidé à cueillir avec vous « </span><em><span>des pêches juteuses à l&#8217;arbre de la vie</span></em><span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS;color: black"> »&#8230; Sous-titre : pensez à emmener un bon lubrifiant&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS">Stratégiquement parlant, l&#8217;homme marié a le choix entre deux postures : avancer masqué ou jouer franc jeu.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS">Dans le premier cas, en face de la rubrique « Il vit : » vous verrez un prometteur « tout seul », jamais un ambigu « en colocation ». D&#8217;abord parce que l&#8217;homme marié manque souvent d&#8217;imagination (sans quoi, il s&#8217;imaginerait une autre vie possible, et qui sait, aurait peut-être l&#8217;audace de la vivre&#8230;), ensuite parce qu&#8217;il considère que, d&#8217;une certaine façon, c&#8217;est la vérité : qu&#8217;il vous emmène dans sa garçonnière, dans l&#8217;appartement d&#8217;un copain compréhensif, ou dans une chambre d&#8217;hôtel, quelque part, il y « vit » tout seul.<br />
Feindre le célibataire permet à notre gaillard d&#8217;avancer à pas de velours, tel un loup dans la bergerie. Celui-là ne vous donnera jamais son vrai nom de famille, s&#8217;arrangera pour que vous ne puissiez pas le joindre, et vous calera entre sa séance d&#8217;UV du mardi et son trajet en voiture pour aller chercher les gosses chez la baby-sitter&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS">Dans le deuxième cas, l&#8217;homme marié jouera franc jeu, mais non sans quelques précautions. Vous n&#8217;aurez pas droit à une photo, ou alors, c&#8217;est que Madame est consentante ou déjà partie&#8230; Mais surtout, règle d&#8217;or quasi absolue : il se justifiera toujours de la conjugaison étrange de son statut marital avec sa présence sur un site de rencontres. Et si il peut, au passage vous tirer la larme à l&#8217;oeil, en vous dépeignant une vie digne d&#8217;un roman de Dickens, il ne s&#8217;en portera que mieux : </span><em> <span> Suite à un mariage pas assez réfléchi et probablement trop précipité (en vue de régulariser la situation d’une femme étrangère), très déçu, je me retrouve aujourd’hui avec une compagne « froide », détachée et indifférente.</span></em><br />
<span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS;color: black"> Puis, il fera appel à votre compassion et à votre générosité, en enrobant votre future rencontre dans un flot de bons sentiments :<br />
</span><em> <span> Si vous êtes une femme pouvant comprendre ce genre de situation ou ayant subi aussi de l’indifférence alors je serai heureux de vous rencontrer pour pouvoir discuter ensemble de notre expérience personnelle. Vous pouvez me joindre au 06 61 09 XX XX et me laisser un message car mon portable doit être éteint en raison de mon travail qui l’exige.<br />
</span></em> <span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS;color: black">Il vous promettra ensuite un avenir radieux, fait d&#8217;amour et d&#8217;eau fraîche, qui en ferait rêver plus d&#8217;une</span><span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS;color: navy"> : </span><em> <span> Je recherche une rencontre sans prise de tête et pourquoi pas pour une relation durable puisque nous avons prévu de rompre ma femme et moi.<br />
</span></em> <span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS;color: black"> Franchement, qui refuserait une rencontre dans un contexte aussi romantique que celui-ci? Un homme qui a épousé à la va-vite une étrangère, qui n&#8217;a vraisemblablement plus de relations sexuelles avec elle, et qui souhaite une femme, tout en précisant que celle-ci n&#8217;aura pas intérêt à être trop chiante, mais qu&#8217;en lui évitant les prises de tête, elle peut peut-être espérer pouvoir se dévouer à lui durant le restant de ses jours, puisqu&#8217;il a prévu de lourder sa grognasse prochainement&#8230; il faudrait être folle pour refuser, non?</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS;color: black">La version extrême de ce pragmatisme sans failles serait la suivante :<br />
</span><em> <span> Bjr.Je recherche depuis quelques temps une femme charmante et sympa pour relation sex suivie, prenant la pilule ou autre pour rapports naturels.Si tu es intéressée écris moi à cette adresse : pragmatique</span></em><span><a href="mailto:polonium94300@hotmail.fr">@hotmail.fr</a></span><em><span>. On fera connaissance. Bizz. Phil.<br />
</span></em> <span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS;color: black">On admirera au passage la délicatesse de la formule de fin : « On fera connaissance ». En guise de premier rendez-vous, on s&#8217;attend plus à passer un interrogatoire d&#8217;évaluation des risques MST, mais soit&#8230;<br />
Deux indices nous soufflent ici que Monsieur Phil-viens-là-que-je-t&#8217;enfile est marié : un célibataire ne cherche pas de « relation sex suivie » avec une seule partenaire, quand il peut en avoir plusieurs pour le même prix&#8230; l&#8217;homme marié, lui, aurait trop de peines à gérer plusieurs maîtresses : il veut bien prendre du bon temps, mais pas que cela devienne un job à temps plein&#8230; (et puis, ses enfants ont besoin de lui&#8230;. Monsieur est quelqu&#8217;un de responsable). Aussi annonce-t-il d&#8217;emblée la couleur, afin de s&#8217;assurer que la demoiselle ne s&#8217;attachera pas, là où le célibataire aurait, de façon tristement classique, fait croire à un tempérament romantique et une propension à l&#8217;engagement, pour pouvoir parvenir à ses fins.<br />
La délicieuse précision « prenant la pilule ou autre pour rapports naturels » vient confirmer la bague au doigt : le célibataire fringant manie le préservatif comme une seconde peau&#8230; L&#8217;homme marié, lui, a perdu l&#8217;habitude du latex, et craindra toujours plus la grossesse inattendue d&#8217;une maîtresse inconnue qu&#8217;une méchante MST qu&#8217;il s&#8217;empresserait d&#8217;ailleurs de refiler sans vergogne à sa femme&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt;font-family: Trebuchet MS;color: black"> Bref, vous l&#8217;aurez compris : sur Meetoc, l&#8217;homme marié est aussi doué pour passer inaperçu qu&#8217;un Sarkozy à Disneyland&#8230;<br />
Alors, n&#8217;ayez crainte, vous parviendrez toujours à le repérer&#8230; et à l&#8217;éviter&#8230; hopefully !</span></p>
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		<title>La victime de déformation professionnelle</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Dec 2008 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bob</dc:creator>
				<category><![CDATA[Janvier 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Le meetocard du mois]]></category>
		<category><![CDATA[drague]]></category>
		<category><![CDATA[Meetic]]></category>

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		<description><![CDATA[Doit-on souhaiter en matière de rencontres virtuelles un certain « mélange des genres»? On ne songe point, cela va de soi, au mélange des genres qui fait de Don Giovanni un grand opéra, ni à un mélange des genres sur le plan sexué, mais à un mélange des genres plus&#8230; trivial. Celui qui pousse les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span>Doit-on souhaiter en matière de rencontres virtuelles un certain « mélange des genres»? On ne songe point, cela va de soi, au mélange des genres qui fait de </span><em><span>Don Giovanni</span></em><span> un grand opéra, ni à un mélange des genres sur le plan sexué, mais à un mélange des genres plus&#8230; trivial. Celui qui pousse les vieilles bourgeoises à accueillir un jeune plombier à peine diplômé de son CAP, en déshabillé rouge digne d&#8217;un vieux travesti de chez Madame Arthur. Ce mélange des genres qui pousse les patrons quinquagénaires à laisser traîner nonchalamment leur main sur l&#8217;épaule de leur jeune secrétaire payée au SMIC. Ce mélange des genres qui vous pousse, vous mesdemoiselles, à mettre une jupe courte le jour où vous songez demander une augmentation à votre supérieur (ce que vous appelez pudiquement « mettre tous les atouts de votre côté »), ou qui vous incite, vous messieurs, à exhiber la grosse cylindrée de votre entreprise dès le premier rendez-vous, pour convaincre Madame que vous en avez dans le pantalon&#8230;<br />
En un mot, le mélange des genres qui fait flirter et se confondre dans les esprits « vie privée et vie publique » (Mireille, si tu nous lis&#8230;), vie sentimentale et vie professionnelle, salaire et mensurations intimes&#8230;</span></p>
<p><span>Et bien, c&#8217;est ce mélange des genres là, qui fait qu&#8217;un dimanche matin, à 11 heures, le cerveau encore embrumé des vapeurs éthyliques de vodka pomme de la veille, vous vous demandez avec consternation si vous n&#8217;avez pas confondu votre compte meetic avec votre boîte aux lettres professionnelle&#8230; Car, contre toute attente, vous venez de recevoir un exemplaire de mail dit « mail de motivation », censé permettre à son auteur de décrocher un&#8230; disons&#8230; « entretien d&#8217;embauche », auprès de vous&#8230;<br />
Autant dire que le candidat sera recalé d&#8217;office&#8230; Car, ces mails, directement inspirés du célèbre best-seller « 100 modèles de lettres administratrives », vous donneront indubitablement l&#8217;envie de vous pendre avant même d&#8217;avoir rencontré leur auteur.</span></p>
<p><span>Entrée en matière tout en souplesse, avec une formule simple et courtoise, adressée directement à l&#8217;opératrice de saisie du service remboursements de la caisse d&#8217;assurance maladie, que vous n&#8217;êtes pas : </span><em> <span style="font-family: Trebuchet MS;color: blue">Chère Mademoiselle, Veuillez, je vous prie, avoir l’amabilité d’excuser par avance la liberté que je prends en vous demandant de consacrer un peu de temps à lire cette lettre*.</span></em><span style="font-family: Trebuchet MS;color: black"><br />
Contredisant toutes les règles de la nature qui veulent que, dans la brousse, le mâle soit conquérant et actif dans son approche de la femelle, l&#8217;auteur s&#8217;empresse ici de s&#8217;excuser de vous déranger, non sans ajouter quelques justifications des plus glamours : </span><em> <span style="font-family: Trebuchet MS;color: blue">Je fréquente le site depuis peu de temps : en fait, je profite de l&#8217;offre de meetic 1 mois offert pour 1 mois acheté. </span></em> <span style="font-family: Trebuchet MS;color: black">(Au moins, vous avez déjà une petite idée de qui paiera l&#8217;addition à votre premier resto). Précisions immédiatement suivies de l&#8217;objet de la missive : </span><em> <span style="font-family: Trebuchet MS;color: blue">Si je vous contacte bien entendu c’est tout d’abord pour faire votre connaissance et faire naître une amitié qui nous permettra d’échanger quelques courriels.</span><span style="font-family: Trebuchet MS;color: navy"> </span></em><span style="font-family: Trebuchet MS;color: black"> (incroyable&#8230; on pensait que c&#8217;était pour nous proposer de faire un bridge&#8230;)</span></p>
<p><span style="font-family: Trebuchet MS;color: black">Vient ensuite la traditionnelle présentation du candidat, censée donner une image flatteuse de ce dernier : </span><em> <span style="font-family: Trebuchet MS;color: blue">pas encore trop courbé (1m79), ma chevelure est chatain, n&#8217;a pas blanchi et reste bien épaisse. </span></em><span>Avec des formules saisissantes de subtilité langagière : </span><em> <span style="font-family: Trebuchet MS;color: blue">j&#8217;ai 32 ans de bon sens et d&#8217;adresse.</span><span> </span></em> <span>Et une maîtrise de l&#8217;art de la communication à la hauteur du PS aux dernières présidentielles : </span><em> <span style="font-family: Trebuchet MS;color: blue">Salarié, je me lève chaque jour ou presque, pour exercer ma fonction de chef de projet RH. Mes collègues mais aussi mes ami(s) (es) car j&#8217;ai une vie sociale en dehors de mon job, semblent me trouver supportable. </span></em> <span>(tout de suite, on a envie d&#8217;y goûter&#8230;). Les qualités sont énumérées, avec une précision et une virtuosité stylistiques qui feraient pâlir de jalousie un membre de l&#8217;Académie Française : </span><em> <span style="font-family: Trebuchet MS;color: blue">bon bricoleur et créatif, j&#8217;aime les belles choses contemporaines ou traditionnelles, l&#8217;art abstrait, j’aime la nature, la simplicité, la bonne bouffe, les gens souriants. Je suis plutôt doux, plutôt tendre, plutôt respectueux, plutôt réservé, avec un grain de folie. </span></em> <span>(c&#8217;est gentil de préciser le grain de folie, effectivement, ça ne sautait pas aux yeux..)</span></p>
<p><span>Quelques détails montrent avec certitude que nous avons affaire à un fin connaisseur de la gente féminine, sachant communiquer en conséquence : </span> <em><span style="font-family: Trebuchet MS;color: blue">Je ne regarde pas le foot toutes les semaines à la télé, juste quelques matchs d&#8217;équipe de France, j’aime les sports mécaniques, le poker, aller au ciné, resto, faire les magasins ne me dérange pas. </span></em> <span>Puis le message précise la recherche du candidat en matière de partenaire, et là, ça rigole pas : </span><em> <span style="font-family: Trebuchet MS;color: blue">S&#8217;agissant de ma recherche, mon objectif est clair et ambitieux : une femme pour la vie, prête à s&#8217;engager, à fonder une famille. Bien entendu cette personne est idéalement agréable, attentionnée, intelligente, cultivée et jolie.</span><span> </span></em><span> (tout comme toi, en somme&#8230;.)<br />
Avant de s&#8217;achever par </span> <span style="font-family: Trebuchet MS;color: black">une formule de conclusion des plus engageantes :</span><span style="font-family: Trebuchet MS;color: navy"><br />
</span><em><span style="font-family: Trebuchet MS;color: blue">Pour de plus amples informations, et avoir ma photo, voici mon mail et msn : <span style="text-decoration: underline;">gros </span> <a href="mailto:boulet@hotmail.com">boulet@hotmail.com</a></span></em></p>
<p><span style="font-family: Trebuchet MS;color: black">Passées la consternation de la première lecture, l&#8217;envie humaine d&#8217;aider ces pauvres internautes à retrouver le chemin du bons sens, et la logique question « Pourquoi, bon sang, pourquoi s&#8217;auto-saboter à ce point?!! » qui brûlerait les lèvres de toute femme normalement constituée, une autre interrogation surgit dans notre esprit : Peut-on envisager la possibilité que cette approche cache en fait une stratégie de séduction savamment orchestrée?<br />
Après tout, peut-être avons-nous affaire à des serial dragueurs, qui ont vu là le moyen imparable d&#8217;attirer dans leurs filets de pauvres et innocentes célibataires à la recherche d&#8217;un mari fiable et sérieux? La prose administrative serait ici un gage de sérieux pour la destinataire, une façon de lui faire comprendre qu&#8217;avec ce genre d&#8217;individus, il n&#8217;y aura jamais de souci de découvert sur le compte commun, et que la date de l&#8217;anniversaire de mariage sera soigneusement marquée dans un petit agenda (avec un code couleurs, pour la distinguer des autres dates&#8230;).<br />
Ou peut-être sont-ce simplement de jeunes internautes incultes et nuls en orthographe (pléonasme?), qui, ayant constaté le peu de succès de la prose SMS auprès de la gente féminine, se lancent dans une adaptation/compilation des différents modèles de lettres qu&#8217;ils ont pu dénicher sur internet, sans voir que ceux-ci sont tirés d&#8217;un site d&#8217;aide aux contribuables en difficulté&#8230;<br />
Non. La réalité, à l&#8217;instar de ces missives plates et insipides, est plus simple que cela, et aucune stratégie tordue n&#8217;est à trouver là-dedans. Ici, le degré zéro de l&#8217;écriture rejoint le degré zéro de compréhension, et tout est à prendre au premier degré.</span></p>
<p><span style="font-family: Trebuchet MS;color: black">Alors, dans ce cas, qui se cache donc derrière ces messages, qui rivalisent de romantisme et de lyrisme avec tant de subtilité?<br />
Ne cherchez pas plus d&#8217;originalité dans leur pseudo que dans leur prose : vous les retrouverez invariablement sous des pseudos tels que David_32ans, Lionel_de_paris, ou encore sérieux_et_tendre. Ils sont à plus de 60% des comptables, à 30% des employés service clientèle, ou des fonctionnaires de l&#8217;administration, et 100% des perdants ont tenté leur chance.<br />
Leur déformation professionnelle est telle que, si il vous venait l&#8217;envie de partager votre vie avec un de ces « Veuillez trouver ci-jointe ma personnalité », vous risqueriez fort de vous trouver confrontées à des situations un brin ubuesques : après un dîner en amoureux, plutôt que de vous demander si vous avez passé une bonne soirée, il vous ferait remplir un questionnaire détaillé de « satisfaction client ». En plein ébat, l&#8217;animal serait capable de vous demander si vous en êtes au petit 1) ou au petit 2) de votre orgasme. Et comme message de Saint-Valentin, il vous ferait le fameux coup de la « recette de l&#8217;amour » (mais si, vous savez : « Pour faire une histoire d&#8217;amour, il faut une pincée de générosité, une bonne dose d&#8217;écoute, un soupçon de compréhension, etc etc&#8230; »).</span></p>
<p><span style="font-family: Trebuchet MS;color: black">En conclusion, vous aurez aisément deviné que si vous rêvez, telle Emma Bovary, qu&#8217;on vous emporte très loin, mieux vaut, pour cette fois-ci encore, passer votre chemin&#8230; </span></p>
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		<title>Le vieux beau &#8211; car « c&#8217;est dans les vieux pots&#8230; »</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Oct 2008 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bob</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le meetocard du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Novembre 2008]]></category>
		<category><![CDATA[chronophilie]]></category>
		<category><![CDATA[drague]]></category>
		<category><![CDATA[Meetic]]></category>
		<category><![CDATA[vieux beau]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p><span>Le voyez-vous arriver de loin, à bord de sa Renault Laguna rutilante? Il dissimule un sourire plein de fierté masculine (« tu vas y passer ma cocotte ») en vous voyant l&#8217;attendre sur le trottoir, et vous klaxonne avec la délicatesse du beauf en goguette, vous donnant ainsi la délicieuse sensation d&#8217;être une prostituée qui vient de se faire ramasser par un client. Il jette un dernier regard dans son rétroviseur (frôlant au passage son petit sapin vert désodorisant parfum « sève des pins ») pour se congratuler une dernière fois d&#8217;être aussi belle gueule. Il se penche, tendant son bras droit vers quelque chose. Ralenti. Aurait-il la délicatesse de vous ouvrir la portière de l&#8217;intérieur?&#8230; Non, il vient seulement de couper RMC sur son auto-radio au profit d&#8217;un truc plus classe : « Les 4 saisons » de Vivaldi, par l&#8217;orchestre d&#8217;André Rieu (festival de la choucroute &#8211; Francfort, 2001). Il vous hurle un « Grimpe ! » des plus avenants à travers la vitre ouverte. Vous montez, hésitante, regrettant déjà d&#8217;avoir eu la faiblesse de penser que parfois, il faut dépasser ses a priori, et rencontrer les gens « pour de vrai ».</span></p>
<p><span>Mais avant de parvenir à ce rendez-vous plein de promesses, il lui faut d&#8217;abord vous séduire sur la toile, tout en finesse, tout en rond de jambes&#8230; Rewind&#8230;</span></p>
<p><span>Cet oiseau rare, vous le trouvez à coup sûr dans les pages « ils sont online » : il est connecté en permanence. Et oui, c&#8217;est lui, il est frais, il est en promo, c&#8217;est&#8230;. le vieux beau&#8230; un quinqua divorcé qui traîne dans les boîtes de nuit, à la recherche de « minettes » à pendre à son bras&#8230; un type qui se parfume encore à l&#8217;aftershave, et qui porte une chevalière au petit doigt. Un type à mi-chemin entre la ringardise assumée et un rêve de dandysme qui sent la naphtaline. Un ancien beauf qui lutte contre sa nature première, en somme.</span></p>
<p><span>Dans le meilleur des cas, il gratifie son profil d&#8217;une photo du plus bel effet : il y apparaît mèche au vent, implants cicatrisés, teint auto-bronzé, sourire carnassier pré-polydenté, légèrement de biais façon Gérard Lanvin. Il s&#8217;arrange pour exhiber son torse velu, mais a bien pris soin de photoshoper l&#8217;image, histoire de recadrer au-dessus de son bidon disgracieux rebaptisé « 50ème anniversaire ».</span></p>
<p><span>Si il n&#8217;a pas Photoshop (ou que son fils aîné le lui a installé, mais sans lui expliquer comment s&#8217;en servir), il préfèrera de loin l&#8217;anonymat du gros oeil bleu, plus secure. Certes, il se trouve beau, très beau, mais il vous veut aussi jeune, très jeune&#8230; Et puis, il a beau tenter de se convaincre qu&#8217;il est « vachement bien conservé », il se dit qu&#8217;il y a tout de même une petite concurrence. Alors, il préfère miser sur les valeurs sûres : esbrouffe et grosses ficelles.</span></p>
<p><span>Le compte en banque est son premier atout : il n&#8217;hésite pas à l&#8217;afficher ouvertement, puisque, c&#8217;est bien connu, toutes les femmes sont vénales. Pour lui, il est très important de vous faire savoir au plus vite qu&#8217;avec Bibi, vous allez connaître la grande vie, les grands hôtels Niçois, les épilations hebdomadaires, et le buffet tout compris du Bistro Romain&#8230; ça déconne pas&#8230; Monsieur vous fera la totale spéciale poule de luxe&#8230; mais version low cost. Car le vieux beau qui vient traîner sur meetic, n&#8217;est pas plus fortuné que son concurrent de 25 ans (les divorces, ça coûte cher)&#8230; Mais personne ne le sait&#8230; pas même lui, apparemment&#8230;</span></p>
<p><span>Après avoir secoué ses biffetons virtuels, il vous saupoudre le tout d&#8217;un peu de romantisme bon marché, vous dit qu&#8217;il pourrait vous parler de l&#8217;Italie pendant des heures (mais sorti du capuccino et de l&#8217;AS Roma, y a plus personne), vous promet de vous emmener en week-end à Venise après deux minutes de dialogue, le tout noyé dans un style langagier faussement suranné : mais non !! il vous assure, il ne connaît pas tous ces « MDR », « LOL », et autres « on se croise IRL? », lui qui se dit prêt à vous écrire des lettres d&#8217;amour enflammées à la plume de cygne&#8230;</span></p>
<p><span>Et si il vous sent encore réticente après tous ces bons et loyaux efforts déployés, il vous sortira sa carte maîtresse, son argument qui tue : l&#8217;expérience. Car Monsieur se dit expert en femmes, il sait comment « donner du plaisir à une femme », dit-il&#8230; avec lui, pas de risque de panne, ni de cafouillages sous la couette. Pas de place non plus pour la fantaisie et l&#8217;improvisation, d&#8217;ailleurs&#8230; il appliquera avec vous toutes ses bonnes vieilles recettes qui, selon lui, ont fait leurs preuves, son parfait « Petit manuel de l&#8217;orgasme féminin en 5 étapes »&#8230; Mais comme il aura pris soin de vous décrire tout ça en long, en large, et en travers (sans mauvais jeu de mots), lors de votre échange online, si vous n&#8217;êtes pas trop truffe, vous aurez flairé l&#8217;arnaque, et vous vous serez déconnectée depuis belle lurette, le laissant seul devant son écran, tapant encore frénétiquement, avec ses deux petits index, une de ses phrases fétiches « Vous aimez les dîner en tête-à-tête, en compagnie d&#8217;un bon verre de vin, et d&#8217;une musique douce? », ou encore le fameux « Et si nous partions, vous et moi, là, maintenant, tout de suite, pour un week-end en Italie? ».</span></p>
<p><span>Mais il partira tout seul, cette fois encore&#8230; et il l&#8217;aura bien cherché, tout de même&#8230; Non?</span></p>
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		<title>Le poète maudit &#8211; ou comment mixer Rimbaud avec Didier Barbelivien&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Sep 2008 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bob</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le meetocard du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Octobre 2008]]></category>
		<category><![CDATA[drague]]></category>
		<category><![CDATA[Meetic]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est commercial, « cadre finances » ou DRH. Il a le regard lourd, la coupe bien proprette. Jusque là, passe encore. Les ennuis surviennent lorsque Monsieur se met en tête de vous séduire en employant les gros moyens, l&#8217;artillerie lourde, la kalash nikov : garez-vous, Monsieur a décidé de vous conter fleurette à coup [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><span>Il est commercial, « cadre finances » ou DRH. Il a le regard lourd, la coupe bien proprette. Jusque là, passe encore. Les ennuis surviennent lorsque Monsieur se met en tête de vous séduire en employant les gros moyens, l&#8217;artillerie lourde, la kalash nikov : garez-vous, Monsieur a décidé de vous conter fleurette à coup de sonnet&#8230; Décorticage. </span></em></p>
<p><span>En apparence, il a l&#8217;âme tourmentée, et la souffrance classieuse ; il se dit bouleversé par l&#8217;être humain, et célèbre la Femme avec un grand F, comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;une muse boticellienne. En réalité, il croit avoir trouvé LE truc pour appâter le thon et la morue&#8230; Et ce n&#8217;est d&#8217;ailleurs que le début d&#8217;une longue métaphore marine&#8230; </span></p>
<p><span>Mais revenons d&#8217;abord à notre thonier : </span></p>
<p><span>Il a passé la trentaine et sa franchise décomplexée, et approche plutôt la quarantaine bredouillante. Il a connu la femme moderne, et en est revenu avec un mal de crâne à ruiner le stock de paracétamol du pharmacien du coin. Il le reconnaît volontiers, le soir, en tête-à-tête avec ses pantoufles : il n&#8217;a rien compris à ces nouvelles femmes, si pressées, si exigeantes, si consommatrices&#8230; si masculines, en somme. Avec celles-là, il n&#8217;a connu que des revers, des pannes, des ratés, des humiliations. Alors, dans le marécage virtuel, il décide de revenir aux fondamentaux : la poésie, en espérant bien racoler les dernières fleurs bleues désespérées qui traîneront dans le coin. </span></p>
<p><span>Bien entendu, il cible la génération « quinze ans de moins que moi », pour s&#8217;assurer un relatif ascendant, et s&#8217;arrange pour ne pas dépasser les candidates « bac +2 », histoire de ne pas se faire coller trop vite au chapitre « poètes célèbres ». </span></p>
<p><span>Une fois sa proie choisie consciencieusement (vous, donc), il vous aborde par un compliment maladroit (« <em><span>votre visage a le charme d&#8217;une rose qui fâne au soleil, à force d&#8217;attendre qu&#8217;on vienne la cueillir</span></em><span> »), ou pire, vous met en scène dans une carte postale digne d&#8217;un remake bon marché d&#8217;<em><span>Emmanuelle 4,</span></em><span> du genre<em><span> </span></em><span>: <em><span>« Allongée sur la plage, tes jambes abandonnées aux caresses des vagues, tu entends un murmure, murmure qui devient chanson, sais-tu ce qu&#8217;elle te dit ? ».</span></em><span> Non, et à vrai dire, je m&#8217;en tape, coco, de ta chanson&#8230;</span></span></span></span></span></p>
<p><span>Le « poète crotté » comme l&#8217;appellerait<span> à juste titre Angélique Marquise des Anges, vous noie ainsi sous des couches de poésie bon marché, à grands renforts de métaphores marines grossières, dissimulant tant bien que mal des allusions sexuelles. Oui, va savoir pourquoi, l&#8217;élément liquide semble être la clé de sa prose&#8230; Enfant, il a sans doute vu sa grande soeur coller dans son journal intime des couchers de soleil embrasant la mer. Plus tard, il a entendu sa voisine renifler devant Leonardo di Caprio coulant à pic dans <em><span>Titanic, </span></em><span>et maté Loana se faire chatouiller le bouton dans la piscine. Il en a logiquement déduit que les filles et l&#8217;eau avaient l&#8217;air de faire bon ménage, et que le romantisme devait bien avoir un rapport avec tout ce qui mouille, en somme.</span></span></span></p>
<p><span>Le hic, c&#8217;est qu&#8217;à force de barboter dans la mièvrerie, son charabia aquatique devient aussi compréhensible que le « GBRLLGGLBRL » d&#8217;un nageur débutant. Et là, autant vous accrocher au mât (non, pas celui-là, l&#8217;autre) car ses comparaisons ne manquent pas de sel : «<em><span> Je suis le prince des marées, je viens signer ta peau de mon écume, t&#8217;aimer encore, t&#8217;aimer jusqu&#8217;à user ton corps, je viens et reviens encore, saler tes lèvres, mouiller ton corps, je suis le prince des marées </span></em><span>».</span></span></p>
<p><span>Et bien, mesdames, encore sur le pont, ou déjà en train de dégobiller votre quatre heures par-dessus bord?&#8230; </span></p>
<p><span>Alors, bien sûr, il serait facile malgré tout de se laisser attendrir par les maladresses langagières et les bonnes intentions affichées de ce Rimbaud du dimanche. Mais ne vous y trompez pas, mesdames&#8230; La poésie est salée, et le poète salace.</span></p>
<p><span>Il affirme qu&#8217;il veut vous conter fleurette, vous parler littérature autour d&#8217;un chocolat chaud, vous lire des poèmes de Lamartine au coin du feu (« le Lac » faisait partie de ses textes pour le bac de français, autant le mettre à profit), et susurrer à votre oreille les chansons de Cali (pour vous montrer qu&#8217;il connaît des chanteurs de votre génération). Il vous embobine avec quelques citations qu&#8217;il juge particulièrement bien senties (le fameux « j&#8217;aimerais être une larme pour naître dans tes yeux, vivre sur tes joues et mourir sur tes lèvres » qui a bercé nos années de collège)&#8230;</span></p>
<p><span>Mais ôtez ce voile de candeur de vos yeux : vous avez déjà vu un homme bosser gratuitement, vous? S&#8217;il est capable d&#8217;apprendre du Victor Hugo par coeur pour vous, croyez-le bien, il faut que cela en vaille le coup. Aussi, si il vous dit que votre visage le touche, comprenez que c&#8217;est autre chose qu&#8217;il compte bien toucher. Et si il vous écrit que vous provoquez en lui un battement de coeur incontrôlable, songez un peu à ce que vous provoquez un peu plus bas. </span></p>
<p><span>Non, mesdames, ne vous en déplaise : le meetocard poète n&#8217;est pas plus romantique que les autres&#8230; il est juste un peu plus malin&#8230; </span></p>
<p><span>Quoique&#8230;</span></p>
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