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	<title>L&#039;Autre Sexe &#187; Livres</title>
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	<description>Le magazine des sexualités au pluriel (manifestement)</description>
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		<title>Shim Chong, fille vendue</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 12:10:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dr. Karl Gustav II von Laks</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Mars 2010]]></category>
		<category><![CDATA[Numéros]]></category>
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		<description><![CDATA[Hwang Sok-yong, Shim Chong, fille vendue, roman traduit du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Jutte, Editions Zulma, 576 pages, 23 euros 50.
Le principe de la littérature est d’être à plusieurs entrées. Il n’y a jamais une interprétation qui vaille, elles s’ajoutent toutes les unes aux autres, et complètent un tableau jamais terminé. Pour le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/03/shim_chong.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-925" title="shim_chong" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/03/shim_chong.jpg" alt="" width="295" height="449" /></a>Hwang Sok-yong, </strong><strong><em>Shim Chong, fille vendue</em></strong><strong>, roman traduit du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Jutte, Editions Zulma, 576 pages, 23 euros 50.</strong></p>
<p>Le principe de la littérature est d’être à plusieurs entrées. Il n’y a jamais une interprétation qui vaille, elles s’ajoutent toutes les unes aux autres, et complètent un tableau jamais terminé. Pour le dire autrement, on peut tout dire d’un grand livre sans le réduire à un seul argument. En ce qui concerne le dernier roman de Hwang Sok-yong, <em>Shim Chong, fille vendue</em>, cela tombe bien puisque c’est à peu de choses près, un chef-d’œuvre. Je dis à peu de choses près pour ne pas céder à la précipitation de mon enthousiasme. A vous de voir, à vous de lire.</p>
<p>L’intrigue repose sur une vieille légende coréenne, maintes fois écrite et transposée, notamment en opéra. Une jeune fille est vendue pour permettre à son père de recouvrer la vue. Dans son roman, ce dernier aspect est passé sous silence, puisque Hwang Sok-yong resitue la légende au dix-neuvième siècle et qu’il l’intègre à une toute autre problématique : la traite des femmes. Shim Chong est une fille que l’on vend à des proxénètes, et c’est tout. Le reste est une odyssée, celle de Shim Chong sur les deux mers de Chine, celle de son corps qu’elle vend et qu’elle utilise pour satisfaire ses ambitions. Elle ira ainsi de Corée en Chine, puis à Singapour, à Taiwan, au Japon.</p>
<p>A l’évidence, le sujet de ce livre est avant tout une cartographie humaine et politique. Il s’agit de montrer des courants immuables qui emportent les femmes et les hommes dans cette région du monde, depuis toujours. Avec l’arrivée des occidentaux et l’introduction du capitalisme, les courants se transforment en tourbillons. Shim Chong devient une courtisane et une femme de pouvoir, pourtant. Car elle renverse à son avantage l’objet du délit : son corps de jeune fille. Elle décide d’en éprouver du plaisir plutôt que d’en souffrir. D’en tirer parti plutôt que de subir.</p>
<p>En Corée, ce livre a fait jaser, notamment les féministes qui ont reproché à Hwang Sok-yong de rentre acceptable la prostitution, de faire de son héroïne une femme finalement satisfaite. Dans la ligne de mire, évidemment, les nombreuses scènes de sexe, particulièrement belles, particulièrement sordides parfois, en tout état de cause terriblement ambiguës. Car comment raisonnablement tolérer de s’amollir et de s’attendrir au récit d’une esclave qui jouit. Son initiation est particulièrement difficile pour les belles âmes. De l’initiation sexuelle, du roman de formation ou du témoignage d’une prostitution infâme, on ne sait dire de quoi il s’agit vraiment.</p>
<p>Ce roman dit une fascination : celle des hommes (mais aussi des femmes) pour l’expertise du plaisir. D’aucuns sauraient faire jouir à coup sûr. Sinon jouir eux-mêmes. Moralement, cela relève d’un vieil interdit, celui qui norme et régule la sexualité. Que l’on associe le sexe au sentiment amoureux, à la procréation ou à toute autre chose, cela revient au même : il nous faut une part d’indécision, voire d’incertitude. La mythologie des geishas et des courtisanes tient à cela. A leur caractère moralement impossible. Ce sont elles, les mythes.</p>
<p>La force de l’écrivain, c’est de maintenir ce mythe sans perdre de vue la femme. Certes Shim Chong est une experte, mais il n’empêche qu’elle est violée, prostituée, ou encore amoureuse ou déçue. Le sexe est un levier de pouvoir politique et économique. Tout tourne autour. Et pourtant, cela ne suffit, nous dit-il. Car si la respiration de ce livre est sexuelle, c’est dans l’expiration du reste – le désespoir, les ambitions, la responsabilité, le goût du savoir – que se trouve la vérité. Dans ce qui peine à jouir. Dans ce qui n’est pas satisfait, forcément.</p>
<p>Pour être tout à fait prévenant avec nos lecteurs, signalons que <em>Shim Chong, fille vendue</em> compte 600 pages et qu’on ne le finit pas d’un coup d’œil entre Saint-Lazare et Place Monge (même avec de nombreuses correspondances superflues). Mais disons-le tout de go : on s’en moque, on le dévore, poussé par un mélange de curiosité malsaine, de désir et de sentiment persistant de la beauté. Un grand écrivain. Un grand livre. Et l’érotisme qui ne se contente pas de titiller vaguement une zone érogène – même à considérer qu’il puisse s’agir du cerveau.</p>
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		<title>&#171;&#160;La bâton et le carotte&#160;&#187; et &#171;&#160;La baronne n&#8217;aime pas que ça refroidisse&#160;&#187;, deux nouveautés La Musardine lues par le tatillon David Vauclair.</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 12:10:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Vauclair</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Mars 2010]]></category>
		<category><![CDATA[Numéros]]></category>
		<category><![CDATA[Esparbec]]></category>
		<category><![CDATA[La Musardine]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Bertrand]]></category>
		<category><![CDATA[pornographie]]></category>

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		<description><![CDATA[Monsieur R. responsable de la bande d’anarchistes qui compose ces articles originaux et pointus qui font votre plaisir ô lecteur, m’a appelé pour me confier une tâche sous la forme de deux livres à recenser. Deux ouvrages érotico-pornographiques publiés par la Musardine, que cette maison d’édition dans son infinie bonté et par la grâce attentive [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Monsieur R. responsable de la bande d’anarchistes qui compose ces articles originaux et pointus qui font votre plaisir ô lecteur, m’a appelé pour me confier une tâche sous la forme de deux livres à recenser. Deux ouvrages érotico-pornographiques publiés par la Musardine, que cette maison d’édition dans son infinie bonté et par la grâce attentive de son attaché de presse nous a envoyé parce que voyez-vous « L’Autre Sexe », c’est quand même le kiffe man, de la balle, ou trop top, ou superbath, ou chouette en diable selon votre âge et votre milieu ; selon cette étude en vocabulaire j’aurais d’ailleurs entre 89 et 278 ans, je suis donc fort aise d’avoir pu m’adapter à ce nouvel outil informatique dont tout le monde parle tout le temps.</p>
<p><a href="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/03/esparbec.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-933" title="esparbec" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/03/esparbec.jpg" alt="" width="172" height="275" /></a>Bref, je me suis penché tout d’abord sur Le Bâton et la Carotte d’un des plus connus et prolifiques écrivains de la pornographie française selon Jean-Jacques Pauvert et Wolinski, le sieur Esparbec (Georges Pailler). Sa réputation d’auteur  se base sur un vocabulaire choisi et un style qu’il souhaite neutre et efficace pour tous ceux qui ne voudraient lire que d’une main. Je devais avoir choisi la mauvaise main car je fus plus irrité qu’excité. La platitude de cet écrit n’était rehaussée que par des expressions qui en 1970 étaient peut-être audacieuses mais qui depuis ont perdu de leur mordant : « Vous venez encore me tripoter, hein, sale individu !», tout le charme de l’obsolescence.</p>
<p>Je suppose que vous n’êtes que vaguement intéressé par l’argument, sachez qu’après lecture de ces 218 pages je vous comprends. Il s’agit de deux jeunes filles bourgeoises, Marie-Hélène et Amandine, qui dans des relations de pouvoir, de soumission et domination, à la base de la plupart des pornos, s’éveillent aux sens propres et figurés de la carotte et du bâton, séparément ou dans la même expression. Elles ont la cuisse fraiche, le sein arrogant et les dialogues de votre arrière grand-mère lors de ses moments les plus polissons, voire obscènes. « Sucez-moi le bouton Isidore, ici oui ! »</p>
<p>Comme Esparbec reste le pornographe le plus vendu en France, il est probable que mon goût ne rejoigne pas celui du plus grand nombre. On m’avait vanté les talents littéraires de l’auteur, son humour (à moins que le titre … non, tout de même pas), la croustillance de sa crudité, son art de trouver le mot qui titille le creux des reins. Ses autres œuvres doivent certainement refléter ces qualités, je vous laisserai donc aller les explorer.</p>
<p>La baronne n’aime pas que ça refroidisse n’a pas les mêmes ambitions littéraires, il s’agit beaucoup plus d’un divertissement revendiqué par le dessinateur fripon que peut être Philippe Bertrand. Que les aficionados de France Inter ne le confonde par avec son homonyme journaliste, les psychopathes-amateurs avec la jeune victime de Patrick Henry, et les contempteurs de l’UMP avec le rond Xavier, ce Philippe fait dans la bande dessinée. Dernièrement Le Montespan avec Jean Teulé, ou auparavant Rester normal et Rester normal à Saint-Tropez avec Beigbeder ont bénéficié de ses talents graphiques, de son trait détaché et doux, presque indifférent faisant ressortir avec drôlerie l’anormalité ou le choquant des situations représentées.</p>
<p><a href="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/03/labaronne.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-934" title="labaronne" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/03/labaronne.jpg" alt="" width="200" height="323" /></a>Ce court roman policier illustré reprend cette même structure et le résultat est attachant. L’auteur s’amuse à reprendre les règles du pulp et du porno anonyme où sexe, inceste, sang, blasphème et viol abondaient sans vergogne suivant le fil ténu d’un scénario cousu de fil blanc. Le jeune inspecteur Morel est chargé d’infiltrer le manoir de la baronne, que son commissaire soupçonne d’être une terrible tueuse en série. Désormais majordome, Morel est alors immergé dans un monde de stupre et de turpitudes luxurieuses dans lesquelles Thanatos suit souvent Eros. L’humour décalé omniprésent, l’absurdité des scènes et son héros dépassé ne mène pas à l’extase, ni même franchement à l’excitation, mais la lecture est plaisante et l’expérience amusante.</p>
<p>Je ne suis pas un lecteur régulier de ce genre de littérature mais n’ai pu m’empêcher de remarquer dans ces deux ouvrages une fascination toute chabrolienne pour la haute bourgeoisie provinciale, apparemment fort débauchée. Et si je n’ai pas été très surpris de croiser plus de jeunes femmes accortes et délurées en deux fois deux cents pages que de détracteurs de Domenech (Raymond), j’ai été surpris par les dialogues, me demandant naïvement si ils représentent ne serait-ce que lointainement une quelconque réalité. Je passe incidemment un appel solennel à la gente féminine lectrice de ces lignes : avez-vous à l’instar des jeunes demoiselles consentantes de ces deux romans énoncée avec régularité des paroles fortes telles « Oh, je suis contente, Amandine, on est deux salopes toi et moi, pas vrai ? Deux perverses ! » ou encore « Oui, c’est ça, jutez-moi sur la tronche. Ne vous gênez pas ! » ? Parce que parfois, il me vient des envies de littérature certes fantasmatique mais crédible.</p>
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		<title>Vers l’indifférence entre hommes et femmes ?</title>
		<link>http://lautresexe.com/2010/01/01/vers-l%e2%80%99indifference-entre-hommes-et-femmes/</link>
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		<pubDate>Fri, 01 Jan 2010 05:00:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lina C.</dc:creator>
				<category><![CDATA[Janvier 2010]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Numéros]]></category>
		<category><![CDATA[guerre des sexes]]></category>
		<category><![CDATA[Jeanine Mossuz-Lavau]]></category>

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		<description><![CDATA[Critique(s) sur l’essai « Guerre des sexes : stop ! » de Jeanine Mossuz-Lavau (éditions Flammarion, 2009). Lina C. et David Vauclair donnent leurs avis éclairés.



« Plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien.
Plus je connais les femmes, moins j’aime ma chienne »
Pierre Desproges, 1984.

L’essai de Jeanine Mossuz Lavau, paru récemment chez Flammarion, défend la thèse selon laquelle notre société [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Critique(s) sur l’essai « Guerre des sexes : stop ! » de Jeanine Mossuz-Lavau (éditions Flammarion, 2009). Lina C. et David Vauclair donnent leurs avis éclairés.<br />
</strong></p>
<p><strong><img class="aligncenter size-full wp-image-698" title="adameve" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/01/adameve.jpg" alt="adameve" width="520" height="416" /><br />
</strong></p>
<p align="right"><em>« Plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien.</em><em><br />
Plus je connais les femmes, moins j’aime ma chienne »<br />
Pierre Desproges, 1984.</em></p>
<p align="right">
<p><img class="alignleft size-full wp-image-699" title="livre_mossuz_lavau" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/01/livre_mossuz_lavau.jpg" alt="livre_mossuz_lavau" width="304" height="475" />L’essai de Jeanine Mossuz Lavau, paru récemment chez Flammarion, défend la thèse selon laquelle notre société prend le chemin de l’ « indifférenciation » entre les sexes :<br />
« On n’est pas encore dans l’indifférence des sexes mais on est en train de chausser des bottes de sept lieues pour y parvenir ».</p>
<p>L’auteur illustre, à partir de nombreux résultats d’études, le recul du genre, ce « sexe social ». Elle compare pour cela la situation des femmes et celles des hommes au 19è siècle, après la guerre, et maintenant, et montre qu’en prenant le chemin de l’égalité en droit avec les hommes, les femmes ont adopté des comportements et des sphères autrefois réservés aux hommes et associés à l’identité masculine (le travail, la vie politique, etc). Inversement, les hommes ont investis des sphères traditionnellement « féminines », telles que la famille et l’affectivité. Ainsi, l’idée qu’il existe une identité féminine et une identité masculine spécifiques, deviendrait caduque.</p>
<p>Pour Jeanine Mossuz-Lavau, ce chemin vers l’indifférenciation est particulièrement difficile à reconnaître et admettre dans notre société, en raison de la prégnance de trois grandes idées reçues :<br />
-         L’idée selon laquelle la ressemblance tuerait le désir (le mystère et l’étrangeté de l’autre sexe provoquant l’élan vers lui) ;<br />
-         L’idée selon laquelle les femmes auraient désormais tout le pouvoir (les mères évinceraient les pères, notamment) ;<br />
-         L’idée selon laquelle hommes et femmes seraient radicalement différents (les thèses différentialistes et essentialistes, où la procréation constitue une différence fondamentale entre hommes et femmes).</p>
<p>L’essai se structure autour de ces trois axes. L’auteur réfute ainsi ces trois grands préjugés sur les évolutions en cours, afin de rassurer ou de contrecarrer les personnes que cette indifférenciation inquiète ou ne convainc pas.</p>
<p>L’essai suppose ainsi qu’au bout du processus, les seules différences qui subsisteront entre les hommes et les femmes, seront biologiques :<br />
&laquo;&nbsp;Pour un homme, la nécessité d&#8217;avoir une érection pour faire l&#8217;amour et la présence dans son corps d&#8217;une certaine dose de testostérone. Pour une femme, la procréation (avec le cortège de règles, grossesse, accouchement, allaitement qui l&#8217;accompagne). Des organes génitaux spécifiques. Des différences biologiques.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Et l’auteur d’ajouter :<br />
« Cela suffit-il pour structurer des manières opposées, ou du moins dissemblables, d&#8217;être au monde? Pour forger des personnages dans l’impossibilité de jouer le même rôle, dans le public et dans le privé ? Je ne le crois pas&nbsp;&raquo;</p>
<p>Après la lecture de cet essai, l’auteur convainc sur le dépassement du genre tel qu’il se structure aujourd’hui, avec ses attributs féminins et masculins. Mais de là à affirmer que la différence de sexe n’influence aucunement la manière d’être au monde, il reste un pas à franchir, sur lequel il semble que le livre manque d’arguments. L’auteur postule, en même temps que l’égalité, la similitude totale entre hommes et femmes, et enferme le biologique avec le biologique, en écartant ses liens possibles avec l’identité et le vécu.</p>
<p>Le concept d’identité a été forgé par la psychologie sociale, discipline elle-même née des limites de la psychologie et de la sociologie, constatées par certains chercheurs, pour expliquer certains phénomènes individuels et collectifs. L’identité d’un individu est le résultat d’une articulation entre l’ensemble des influences qu’il reçoit, influences associées à sa marge de manœuvre (l’individu n’étant pas une éponge dans laquelle pénètrent les influences de manière directe). L’identité est donc une composition entre des aspects biologiques, historiques, sociaux, psychologiques, psychiques, etc.</p>
<p>Ainsi, si l’on enlève les aspects sociaux (tels que le genre) à l’identité des individus, il ne reste pas que les aspects biologiques : il reste aussi d’autres éléments constitutifs de l’identité, aux confluents des influences sociales et biologiques, individuelles et collectives : le psychologique et le psychique.</p>
<p>Il semble qu’une partie des thèses dites « différentialistes », que l’auteur pourfend, l’emporte sur un point par manque d’argument : il existe une différence entre un homme et une femme, dans son rapport à la procréation, aspect biologique de l’identité. Une part irréductible de « féminin » et de « masculin » existe dans la construction du rapport à l’enfantement, donc à son corps, à celui de l’autre, ou encore à des institutions telles que la famille. Cet aspect se manifeste, d’une manière ou d’une autre, dans la construction de l’identité d’une personne, et se manifeste différemment selon son sexe.</p>
<p>Cela ne veut pas dire que « les » femmes ont toutes le même rapport à leur corps, parce qu’elles sont des femmes, idem pour les hommes. Non. Mais prenons un homme, une femme, n’importe lequel et n’importe laquelle, la construction de leur rapport au corps comportera au moins une différence, parce qu’il est biologiquement homme, parce qu’elle est biologiquement femme. Ainsi, contrairement à la construction du « genre » et des identités féminines et figées, le résonnement consiste non pas à dire : les femmes ont tel rapport au corps, parce qu’elles sont des femmes, mais : dans le rapport au corps de telle femme, la dimension de l’enfantement est présente de telle manière, parce qu’elle est une femme. Ce qui est différent.</p>
<p>C’est pourquoi il est difficile de croire qu’au bout du processus d’indifférenciation, le sexe biologique constitue la seule différence entre hommes et femmes. Qu’ensuite, cette différence ne soit pas fondamentale, qu’elle ne se traduise pas socialement par une distribution des tâches et des attributs identitaires figés, des attitudes, capacités ou compétences particulières (les fameuses identités masculines et féminines), en effet. Socialement et psychologiquement, l&#8217;indifférenciation fait son chemin, c’est indéniable.</p>
<p>Il semble donc nécessaire, concernant les conséquences de cette différence biologique des sexes, de cesser de parler « des » hommes et « des » femmes de manière générale, mais d’envisager les possibles différences entre les individus femmes et les individus hommes dans leur construction identitaire. Il subsisterait alors, à une conception d’une grande différence sociale entre les sexes, (le genre), une conception considérant les millions de différences psychiques possibles, entre les individus.</p>
<p>Pour mettre fin à la guerre entre les sexes, si guerre il y a, le premier pas à franchir serait donc non d’affirmer l’indifférenciation, mais de reconnaître et d&#8217;accepter le « sexe », empreinte du biologique, et les différences psychiques possibles qu’il engendre, et dans le même mouvement réfuter le « genre », c’est à dire toute différence sociale, ou en termes d’aptitudes, de compétences, de caractère. Cela demande avant tout de se vivre et de percevoir l’autre, quel que soit son sexe, comme un individu, qui ne nie pas sa part sexuée, mais la comprend et l&#8217;apprivoise, la lie avec ses autres influences, psychologiques et sociales, pour devenir une création unique. Individus hommes et femmes sont différents dans la dimension sexuée de leur identité, mais semblables et égaux devant l’aventure de leur construction identitaire.</p>
<p>Développer une conception à la fois différentialiste et égalitariste, qui admet la différence des sexes, rejette l’inégalité de genre et postule la ressemblance des individus, ne permettrait-il pas d’aller vers cette « paix des sexes », que Jeanine Mossuz-Lavau appelle de ses vœux ?</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>Passons maintenant la parole à David Vauclair, qui a lu le même livre, et en pensé les choses suivantes&#8230;</em></span></p>
<p><strong>Guerre des sexes, non !</strong></p>
<p>La période de Noël est passée, l’an neuf s’est transformé en nouvelle année bien entamée, et il vous vient des envies d’arguments, de polémiques, de réflexions sur notre société, ne dîtes pas non, vous êtes francophone, et ces envies viennent avec la langue. Vous n’êtes pas tout à fait d’accord, vous souhaitez me disputer ? Vous voyez bien !</p>
<p>Afin de commencer doucement, je vous propose l’une des dernières productions de la collection « Café Voltaire », de Flammarion, un bref pamphlet de l’auteure de La vie sexuelle en France, la professeure et directrice de recherches au CEVIPOF, Janine Mossuz-Lavau. Intitulé Guerre des sexes : stop ! son essai annonce que si « on n’est pas encore dans l’indifférence des sexes, on est en train de chausser des bottes de sept lieues pour y parvenir » et à l’opposé de Michel Schneider qui deux ans plus tôt dans La confusion des sexes, dans la même collection, s’en émouvait et le déplorait, Mme Mossuz-Lavau en serait plutôt réconfortée. En quatre chapitres, elle expose ses réponses à ce qu’elle estime être les idées reçues du plus grand nombre sur cette tentation de nos sociétés à aller vers l’indifférenciation.  Elle explique tout d’abord qu’elle n’est en rien persuadée que la ressemblance puisse tuer le désir, elle s’attache ensuite à brocarder les défenseurs de l’idée que les femmes ont désormais tout le pouvoir. Enfin elle tente de réfuter la proposition que les femmes et les hommes sont radicalement différents.</p>
<p>Là, il s’agit de son plan, car la réalisation est autre, il ne suffit pas toujours d’exposer la structure de son argumentation pour que celle-ci fut pertinente. Tout d’abord comme souvent dans le genre du pamphlet certaines assertions manquent de sources ou de démonstration mais surtout les exemples sont tous français et la tendance de l’auteure à universaliser laisse dubitatif ou franchement perplexe : comment croire qu’internationalement la majorité des hommes et des femmes aillent vers une indifférenciation tant sociale que culturelle ?</p>
<p>A cela ajoutons un inconvénient majeur. Il tient au titre que Mme Mossuz-Lavau a choisi, car de guerres des sexes il n’est pas vraiment question, hormis dans ses parties introductives et conclusives. L’auteure se concentre plutôt sur deux tâches qu’elle remplit à merveille : elle synthétise avec clarté et talent les positions actuelles des différents féminismes français et elle définit très judicieusement le mot « genre », si souvent utilisé, si rarement avec précision et avec pertinence. Ainsi, le « genre » serait strictement le rôle social des sexes, et ce serait en conséquence les « genres » qui évolueraient et se rapprocheraient puisqu’à l’évidence le rôle social d’une Parisienne de la classe moyenne en 1950 est bien différent et sans doute plus sexué qu’aujourd’hui.</p>
<p>«Celui qui promettra à l’humanité de la délivrer de l’embarrassante sujétion sexuelle, quelque sottise qu’il choisisse de dire, sera considéré comme un héros» prédisait Freud. Le respectable père de la psychanalyse s’était peut-être un peu vite avancé car Mme Mossuz-Lavau ne se hausse pas du col, ni ne cherche à être mieux considérée que les intellectuels et penseurs auxquels elle s’attaque et sa promesse si elle ne m’a pas vraiment convaincue est si heureusement abondante en remarques judicieuses et intellectuellement stimulantes qu’on ne peut que conseiller à ceux que cette question intéresse la lecture de ce texte. La guerre ne s’arrêtera probablement pas, Mme Mossuz-Lavau nous fournit suffisamment d’armes pour cela. Sa brièveté  fait ressortir avec éclat l’intelligence de son auteure et donne du grain à moudre pour toute bonne discussion polémique sur le mauvais genre de vos amis et connaissances.</p>
<p>Vous avez envie d’en débattre, ô lecteur pugnace : <a href="http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=37041&amp;levelCode=home">http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=37041&amp;levelCode=home</a></p>
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		<title>Brève Histoire des fesses</title>
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		<pubDate>Thu, 31 Dec 2009 10:12:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Vauclair</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vous rendez-vous compte lecteur curieux et de passage que L’Autre Sexe est le seul site qui vous garantit du cul. Car, nom d’un pétard !, il faut en avoir  pour être le récipiendaire de tant d’articles de fond, de témoignages et d’enquêtes révélant le devant et surtout le derrière, et d’une bande d’éditorialistes de tous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-671" title="hening_fesses" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2009/12/hening_fesses.jpg" alt="hening_fesses" width="197" height="300" />Vous rendez-vous compte lecteur curieux et de passage que L’Autre Sexe est le seul site qui vous garantit du cul. Car, nom d’un pétard !, il faut en avoir  pour être le récipiendaire de tant d’articles de fond, de témoignages et d’enquêtes révélant le devant et surtout le derrière, et d’une bande d’éditorialistes de tous les hémisphères et de tous les bons coups qui iraient jusqu’à vous décrocher la lune, si vous la demandez aimablement. Jean-Luc Hennig est en ce sens un modèle, sa « Brève histoire des fesses » l’illustre : tous les culs du monde à votre portée en moins de 300 pages. Sous forme alphabétique, Hennig se promène dans l’histoire de l’art, de la littérature, de la médecine, du cinéma et de bien d’autres histoires encore. Il égraine les anecdotes, enseigne, éclaire et divertit afin que rien de votre séant ou celui de votre voisine ne vous soit plus étranger. Et c’est un bonheur, l’écriture est alerte et souriante, les informations précises, les références classiques et originales. Saviez-vous que le mystérieux sourire de la Joconde serait l’entrefesson du derrière joufflu d’un jeune garçon ? Etiez-vous conscient des milles manières de parler d’un trou ? N’avez-vous pas envie de découvrir la meilleure façon d’utiliser un pal, en tout cas celle qui ira jusqu’à émouvoir un bourreau chinois et esthète ? N’hésitez plus, courrez parler  croupes rondelettes à votre libraire, elle (ou il) saura vous aiguiller, en langues multiples s’il le faut. L’ouvrage fut traduit depuis sa première sortie en 1995: russe, anglais, grec ou suédois, choisissez ! Je vous conseille la jolie réédition française de ce mois-ci, idée brillante de chez Zulma. Seul point négatif, le prix, car si cette œuvre ne coûtera pas la peau des fesses, ce seront tout de même 18 euros qui vous seront exigés, soit le prix d’un livre grand format pour ce que nos amis éditeurs appellent un semi-poche – un livre de poche qui se serait embourgeoisé, pour vous donner une idée. Cependant, à la défense de Zulma, maison d’édition sise dans le Gers, leurs livres flattent le bibliomane : ici, la couverture coquine de silhouettes variées en forme de pommes et poires avive l’imagination, la mise en page, la qualité du papier ajoutent au plaisir du fond, celui de la forme et du toucher. Une lecture érudite et sensuelle pour vos soirées d’hiver, en vous conseillant de la partager avec l’être tendre, fougueux et fessu qui veut bien vous écouter. (Si vous aimez déjà ce livre, ô lecteur, et désirez encore plus de (po)potins, allez visiter :<br />
<a href="http://www.zulma.fr/livre-breve-histoire-des-fesses-140.html" target="_blank">http://www.zulma.fr/livre-breve-histoire-des-fesses-140.html</a>)</p>
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		<title>Bhabhi Doll</title>
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		<pubDate>Thu, 31 Dec 2009 10:05:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Vauclair</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vous avez déjà entendu parler, peut-être êtes-vous même un lecteur avide, des œuvres de Manara, Serpieri, ou même Zep, dont le dernier opus Happy Sex a déjà eu droit à sa recension en cet illustre site. Mais le dessin coquin connaît d’autres cieux, d’autres plumes que celles occidentales auxquelles nous sommes habituées. Les artistes japonais  [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-662" title="love_in_bollywood_savita_bhabhi" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2009/12/love_in_bollywood_savita_bhabhi.jpg" alt="love_in_bollywood_savita_bhabhi" width="267" height="384" />Vous avez déjà entendu parler, peut-être êtes-vous même un lecteur avide, des œuvres de Manara, Serpieri, ou même Zep, dont le dernier opus Happy Sex a déjà eu droit à sa recension en cet illustre site. Mais le dessin coquin connaît d’autres cieux, d’autres plumes que celles occidentales auxquelles nous sommes habituées. Les artistes japonais  de leurs célèbres estampes jusqu’aux hentaï contemporains représentent fièrement l’Orient. Ils ne sont plus seuls. L’Autre Sexe se devait de poursuivre la tâche ardue consistant à donner un coup de pouce à la bande dessinée érotique alternative, même si en l’occurrence il s’agit de l’une des plus lues au monde. Elle est indienne, très pornographique et vous pouvez la trouver en 10 dialectes au moins, en hindi, en anglais et maintenant en français.</p>
<p>Il s’agit des aventures de la gironde Savita Bhabhi, créée en mars 2008 par « Deshmukh », pseudonyme de Puneet Agarwal, Indien de Londres, homme d’affaire matois, pornographe passionné, attristé qu’il n’y ait aucune bande dessinée x ayant une héroïne indienne et hindoue. Il crée donc une femme faussement modeste et traditionnelle, réellement très libertine, aux formes généreuses et aux appétits gourmands.  D’après lui &laquo;&nbsp;<a href="http://www.dnaindia.com/bangalore/column_save-savita-bhabhi_1270664" target="_blank">elle représente une minorité non-conventionnelle de femmes indiennes qui sont sexuellement averties et qui n&#8217;ont pas peur d&#8217;aller voir ailleurs quand leur relation ‘traditionnelle&#8217; manque de piment</a>&laquo;&nbsp;. Et il se met à publier une planche par semaine sur son site <a href="http://www.savitabhabhi.com" target="_blank">Savitabhabhi.com</a>. Celui-ci attire désormais plus de 60 millions de visiteurs par mois &#8211; un bel objectif à suivre pour le nôtre. Le site de Savita est le 82ème site le plus consulté d’Inde, et la bande dessinée la plus lu et la plus populaire du pays (selon le <a href="http://www.hindustantimes.com/Homepage/Homepage.aspx" target="_blank">Hindustan Times</a>). Sa célébrité ne cesse de grandir nationalement et internationalement depuis juin dernier lorsque le gouvernement indien a tenté de bloquer l&#8217;accès au site. M. Agarwal  a jugé les responsables de cette censure &laquo;&nbsp;aussi impuissants que le mari de Savita Bhabhi&nbsp;&raquo;, puisqu’Internet permet mille stratagèmes pour échapper à ce genre d’interdiction.</p>
<p>Pourtant, si votre côté fripon l’emporte et que vous partez admirer les exploits de Savita, l’esthète en vous sera sans doute déçu. Le dessin est d’un réalisme un peu brut, sans inspiration, les couleurs sont criardes, et les scénarii rudimentaires, voire sommaires. Comment peut-on alors expliquer un tel succès ? Pour trois raisons majeures :<br />
- L’originalité et la provocation d’avoir choisi un cadre et des protagonistes typiquement indiens (joueurs de cricket, dacoïts, acteur de Bollywood, etc.). Avec son sari traditionnel, ses longs cheveux noirs et ses formes voluptueuses, Savita correspond au parfait fantasme de l’Indien lambda. D’avoir en plus choisi de faire d’elle une &laquo;&nbsp;Bhabhi&nbsp;&raquo; (belle-soeur) est judicieux. Elle évoque grâce à ce rôle social à la fois le fruit défendu, la relation incestueuse, et la femme mariée aux moeurs légères. Le dessin fait bien ressortir l’adultère puisque même nue Savita porte un trait vermillon à la racine de ses cheveux et sur sa poitrine ample le mangalsutra, pendentif d’or équivalent de l’alliance.<br />
-  La simplicité du trait et le côté peu recherché des histoires. Paradoxalement les faiblesses de l’œuvre sont aussi ses forces. La banalité du dessin permet toutes les imaginations, la simplicité et les clichés proposés dans chaque épisode rassurent le lecteur et lui proposent des ingrédients connus et une structure familière auxquels il est déjà sensible.<br />
-  Le message politique de Savita Bhabhi, enfin, correspond précisément aux tensions et contradictions auxquelles fait face la société indienne contemporaine.  Si Savita est soumise au plaisir de l’homme qu’elle a choisi, elle est en revanche toujours l’initiatrice réjouie, habile et volontaire de ses aventures. Et si ce n’est physiquement, le souvenir de son mari Ashok est omniprésent. En cela elle se définit à la fois comme le fantasme et la peur première des hommes  indiens des classes moyennes et supérieures. Les libertés professionnelles et financières acquises par les femmes indiennes depuis une vingtaine d’années émeuvent la population masculine qui se sent de plus en plus menacée, jusque dans sa virilité. Un des psychiatres et conseillers conjugaux éminents de Madras, Vijay Nagaswami, écrit que « du point de vue masculin il semblerait qu’être une femme soit une activité en soi. C’est pourquoi les hommes se sentent menacés par la libération des femmes. Non pas, parce que les femmes envahissent leur sphère mais parce qu’ils ne peuvent jamais totalement envahir la leur. Résultat, l’homme redouble d’agressivité ce qui l’isole encore plus » (« Weaker Sex », dans le quotidien The Hindu). Ainsi le malaise lié à l’engagement professionnel des femmes et leur prise de distance vis-à-vis des traditions se reflètent dans les choix de Savita. Selon le psychologue Shalfali Sandhya, deux tiers des mariages en Inde s’achèvent par une séparation quelque fois officielle, mais le plus souvent officieuse, les conjoints décidant de vivre parallèlement leur vie, en restant mariés pour des raisons sociales, culturelles et économiques</p>
<p>La coquine héroïne représente bien l’évolution des mœurs et les angoisses masculines d’une femme « libérée », indépendante, consommatrice pour son seul plaisir, ne restant avec son cocu et naïf de mari que par confort et respect de façade des traditions.</p>
<p>Si vous voulez mieux comprendre Savita et la ramener chez vous, il vous est possible d’acquérir Love in Bollywood (les aventures de Savita Bhabhi, tome 1), Paris, éditions blanches, 2009 – 13,95€. Si, anglophone, vous préférez vous immerger gratuitement dans son univers, c’est par ici :  <a href="http://www.kirtu.com/index.php" target="_blank">http://www.kirtu.com/index.php</a></p>
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		<title>Erotisme et cinéma</title>
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		<pubDate>Thu, 31 Dec 2009 06:40:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benjamin Fau</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il n’est jamais inutile, avant de parler de quoi que ce soit d’un peu construit et constructif, de s’entendre sur quelques points de repères, références ou éléments de culture communs. Ainsi, avant de disserter doctement sur les attraits comparés de Louise Brooks, Brigitte Bardot ou Ludivine Sagnier, autant se documenter un minimum sur les rapports [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-691" title="erotisme_et_cinema" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2010/01/erotisme_et_cinema.jpg" alt="erotisme_et_cinema" width="240" height="313" />Il n’est jamais inutile, avant de parler de quoi que ce soit d’un peu construit et constructif, de s’entendre sur quelques points de repères, références ou éléments de culture communs. Ainsi, avant de disserter doctement sur les attraits comparés de Louise Brooks, Brigitte Bardot ou Ludivine Sagnier, autant se documenter un minimum sur les rapports entretenus entre deux des sujets fondamentaux de la conversation de l’honnête homme social du XXIe siècle : le sexe et le cinéma. Réédition considérablement augmenté d’un ouvrage ayant déjà connu trois éditions depuis les années 70, <em>Erotisme et Cinéma</em> est une bible, ni plus ni moins. Grâce à un habile parti pris historico-thématique (six grands thèmes structurent l’ouvrage : histoire de la censure, histoire de la nudité, représentation des perversions, sacralisation ou désacralisation de l’érotisme à l’écran, sociologie sexuelle du cinéma, et enfin petite histoire du cinéma X), c’est toute l’histoire du cinéma, ou quasiment (le premier baiser filmé connu date de 1896), qui est explorée à la lumière de la représentation du sexe et de la sexualité – et, bien entendu, de ce que celle-ci nous apprend de la société qui a prévalu à sa création. L’iconographie est aussi magnifique que richement fournie (plus de 500 reproductions – c’est le cas de… –, autant dire que cela permet de se faire une idée de quoi l’on parle…), mais le texte de Gérard Lenne est également passionnant, d’une érudition ahurissante mais aussi d’une ouverture d’esprit remarquable et d’une pertinence constante. Histoire du cinéma, mais aussi histoire de notre société, <em>Erotisme et cinéma</em> est une acquisition indispensable pour tous ceux qui aiment remettre en perspective, rechercher activement le petit bout de la lorgnette, gratter la surface des évidences culturelles. Il est heureux que les éditions de La Musardine, qui agace parfois par ces petits livres trop nombreux écrits trop vite (je vous ai déjà parlé de <em>Osez : 1001 Secrets Erotiques</em> ? Non ? Eh bien c’est normal), se soient attelées à la réédition et à la remise à jour d’un tel ouvrage, aussi érudit… qu’excitant. Si.</p>
<p>Gérard Lenne, <em>Erotisme et Cinéma, </em>La Musardine, 2009, 34,90<sup> </sup>euros.</p>
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		<title>Happy sex</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 10:16:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Vauclair</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Novembre 2009]]></category>
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		<category><![CDATA[BD]]></category>
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		<description><![CDATA[Amenons une pointe de gaudriole en ce site reconnu pour son humour glacé et sophistiqué et pour ces articles et témoignages qui ne sont que pertinence éditoriale, informations fouillées et pédagogie ludique, parlons de Zep (Philippe Chappuis) et de son dernier opus, réservé aux adultes : « Happy Sex ».
Un sexe pas forcément joyeux, turgescent, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-564" title="happy-sex-cover" src="http://lautresexe.com/wp/wp-content/uploads/2009/11/happy-sex-cover1.jpg" alt="happy-sex-cover" width="200" height="268" />Amenons une pointe de gaudriole en ce site reconnu pour son humour glacé et sophistiqué et pour ces articles et témoignages qui ne sont que pertinence éditoriale, informations fouillées et pédagogie ludique, parlons de Zep (Philippe Chappuis) et de son dernier opus, réservé aux adultes : « Happy Sex ».</p>
<p>Un sexe pas forcément joyeux, turgescent, humide ou vainqueur, mais un sexe tendre, taquin et gentiment moqueur qui montre bien la curiosité amusée de l’auteur et sa volonté de parler simplement d’un sujet central mais à son avis encore trop tabou. S’il parlait déjà quelque peu de sexe dans « Titeuf », la série qui le rendit riche et célèbre, Zep abandonne ici son univers enfantin pour se consacrer aux adultes uniquement. Ce ne sera pas la première fois. On peut se souvenir de ses premières œuvres ou plus récemment de ses fugues musicales telles « Dans l’enfer des concerts », ou autobiographiques comme « Découpé en tranche ». « Happy Sex » poursuit néanmoins dans la veine de la dérision ludique et camarade, plutôt que de choisir l’exagération obscène ou le fantasme pornographique.</p>
<p>L’album est composé de 64 planches, à l’aquarelle. Chaque histoire dépassant rarement la page, une soixantaine de scénettes esquissent un panorama de la vie sexuelle et des expériences du plus grand nombre. Celles-ci vont de la masturbation au triolisme, de l’éjaculation précoce à l’usage du godemiché, de l’usage du porno au SM. Il est à noter que ces explorations restent bien sages et qu’elles ne s’aventurent pas dans les terrains pourtant amplement labourés de l’homosexualité, la bissexualité ou les territoires plus en jachère de la zoophilie ou autres déviances moins acceptées. La BD, quoiqu’interdite aux moins de 18 ans, reste bon enfant et ne s’éloigne jamais d’un très léger érotisme grand public, familial et hétérocentré. Comme le souligne l’auteur, il s’agit surtout de « gags de société mais avec des gens tout nus ».</p>
<p>Zep propose ainsi des tranches de vie, dans lesquels le lecteur lambda devrait se reconnaître. Pas de situations exceptionnelles, somme toute c’est une déclinaison humoristique de ce qu’on pourrait  considérer comme la normalité sexuelle chez nos contemporains, sans fards. Et si les situations parfois dérapent ou virent à l’absurde leurs points de départ restent assez ordinaires. Le talent de l’artiste tient à jouer sur le décalage, en particulier celui qui s’instaure entre le sexe imaginé qui peuple nos magazines et nos télévisions (culte de la performance, etc.) et la réalité dans laquelle le ridicule et l’éclat de rire peuvent intervenir à tout moment.</p>
<p>Et c’est ce qui arrive à la lecture de cet album pas vraiment « sex » si vous cherchez le frisson, mais qui normalement devrait vous laisser « happy ». Delcourt ne s’y est pas trompé,  75’000 exemplaires supplémentaires ont été publiés en plus des 150’000 initiaux depuis sa sortie le 14 octobre dernier.</p>
<p>(Pour combler votre curiosité ô lecteur : <a href="http://www.happy-sex.fr" target="_blank">http://www.happy-sex.fr</a>)</p>
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		<title>Michael  Lucey –  Les ratés de la famille &#8211; Fayard</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Dec 2008 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dr. Karl Gustav II von Laks</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce livre est avant tout une réponse à une tentation critique courante en ce qui concerne l’œuvre balzacienne : la psychanalyse. La Comédie Humaine s’y prête, il faut le reconnaître, jusque dans son titre qui est une invitation à peine déguisée au divan. Malheureusement, les catégories psychanalytiques ont souvent été plaquées sur l’œuvre balzacienne, au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce livre est avant tout une réponse à une tentation critique courante en ce qui concerne l’œuvre balzacienne : la psychanalyse. La <em>Comédie Humaine</em> s’y prête, il faut le reconnaître, jusque dans son titre qui est une invitation à peine déguisée au divan. Malheureusement, les catégories psychanalytiques ont souvent été plaquées sur l’œuvre balzacienne, au mépris des catégories de l’auteur lui-même – théories dont Michael Lucey nous fait rapidement comprendre qu’elles sont plus lâches, plus élastiques et plus poreuses que ce que l’on voudrait nous faire croire. Surtout, nous dit-il, la lecture psychanalytique s’est construite d’après un certain modèle familial et sexuel traditionnel : le couple hétérosexuel avec ou sans enfant (mais dans sa fonction inséminatrice, comme dirait l’autre)…</p>
<p>Négligées, les autres formes de sexualité – notamment homosexuelles. Abolies, les autres formes de relations, de couples –« marginales » au sens large, « <em>queer </em>» comme il dit.</p>
<p>Plutôt que d’ajouter une énième problématique psychanalytique à un paquet d’autres, Michael Lucey choisit le pouvoir, comme porte d’entrée dans l’ouvre balzacienne. D’où, ce titre, les <em>Ratés de la famille</em>. On mesure avec une délectation certaine l’ironie tout à fait psychanalytique, justement, de ce titre et de cet angle.</p>
<p>A l’évidence, pour celui qui connaît mal l’œuvre balzacienne, le livre de Michael Lucey semblera un peu sec, voire hermétique. Son propos n’est pas l’homosexualité au début du XIXe siècle, ou le célibat, ou la différence sexuelle. Ce n’est que dans le cadre de la <em> Comédie Humaine </em>que cela l’intéresse. En revanche, pour l’amateur du <em> Cousin Pons</em>, du <em>Père Goriot</em> ou du <em>Lys dans la vallée</em>, une fois au chaud entre les pages des romans de Balzac, on a justement l’occasion d’un très beau regard sur la différence sexuelle, le pouvoir et la famille au début du XIXe siècle. Armé de sa compétence balzacienne, ce livre se lit comme un récit, comme une chronique, de ces années-là – sous le patronage de Foucault et en compagnie de quelques écrivains parfois trop rares, comme Arsène Houssaye ou Georges Sand. On assiste alors à l’affrontement entre une forme établie, traditionnelle, légale de famille bourgeoise et des formes déviantes, alternatives ou marginales de relations humaines et sexuelles.</p>
<p>Etude solide, abordable, <em>Les ratés de la famille</em> réussit le tour de force de renouveler la critique balzacienne classique sur des questions aussi rabattues que celles du pouvoir ou de la sexualité (et pourtant, on publie sa bonne vingtaine de livres tous les ans sur le romancier, et ces questions-là ne sont pas les dernières). C’est probablement cette alliance si particulière d’une culture européenne qui a Foucault pour seconde nature, et d’une méthode ouverte de recherche – très pluridisciplinaire, très américaine.</p>
<p>La lecture intégrale est recommandée, mais il est possible de prendre un chapitre ici, un passage-là – et d’en faire une lecture de chevet agréable. Il y a seulement le risque que votre partenaire de lit vous trouve un peu bizarre. Mais de cela, vous avez l’habitude, non ?</p>
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		<title>Enquête sur la sexualité en France &#8211; Nathalie Bajos et Michel Bozon &#8211; La Découverte</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Dec 2008 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sania R.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’enquête sur la sexualité en France (La découverte, 2008) est la troisième enquête du genre réalisée par une équipe de chercheurs de l’INSERM, de l’INED et du CNRS. Enquête d’une ampleur exceptionnelle, elle s’est étalée sur un an, durant lequel 12300 personnes âgées de 18 à 69 ans ont été interrogées sur leur sexualité. Cet [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>L’enquête sur la sexualité en France</em> <em>(La découverte, 2008)</em> est la troisième enquête du genre réalisée par une équipe de chercheurs de l’INSERM, de l’INED et du CNRS. Enquête d’une ampleur exceptionnelle, elle s’est étalée sur un an, durant lequel 12300 personnes âgées de 18 à 69 ans ont été interrogées sur leur sexualité. Cet éventail de générations permet d’analyser l’évolution des mœurs sur les cinquante dernières années.</p>
<p>Les résultats montrent que lors du demi-siècle dernier, c’est la <strong>sexualité des femmes</strong> qui a le plus évolué. L’abaissement de l’âge du premier rapport sexuel n’est que de 1 an et demi pour les hommes, mais de 3 ans pour les femmes (17,6 ans aujourd’hui). Il en résulte un rapprochement de l’âge du premier rapport sexuel entre hommes et femmes.</p>
<p>Mais l’évolution concerne surtout la signification de ce premier rapport. Si les premiers partenaires des femmes devenaient dans 70% des cas leur conjoint il y a 50 ans, aujourd’hui c’est le cas dans seulement 20% des cas, signe qu’elles ont acquis la <strong>liberté de multiplier les expériences avant de se stabiliser</strong>. Il reste cependant un déséquilibre très grand avec les hommes, dont seulement 6% ont vécu en couple avec leur première partenaire.</p>
<p>L’évolution de la sexualité des femmes est encore plus frappante lorsqu’on s’intéresse au <strong>nombre de partenaires sexuels</strong> : si le nombre de partenaires sexuels des hommes n’a pas bougé d’un iota depuis 50 ans (une dizaine), celui des femmes a doublé (on est passé de 2 à 4 en moyenne). On peut regretter cependant que ce chiffre reste faible, et surtout que le fossé avec les hommes soit une fois encore si marqué. Signe supplémentaire de l’inégalité persistante entre hommes et femmes en matière de liberté sexuelle.</p>
<p>Nouvelle très enthousiasmante, la <strong> sexualité des femmes de plus de 50 ans</strong> augmente significativement depuis les années 1970. A l’époque, 53% des femmes interrogées disaient avoir eu des rapports sexuels dans les 12 derniers mois, en 1992, elles étaient 77%, en 2008, elles sont 90% à avoir une activité sexuelle.</p>
<p>Les <strong>rapports homosexuels</strong> sont mieux acceptés qu’il y a 50 ans, et considérés par la majorité comme une sexualité « normale ». Néanmoins, de fortes résistances persistent, notamment lorsqu’il s’agit de l’homosexualité de sa propre descendance. L’intolérance est toujours beaucoup plus marquée chez les hommes, notamment de la jeune génération.</p>
<p>Chez les femmes, celles qui jugent l’homosexualité « contre-nature » sont les mêmes qui pensent que les hommes ont plus de besoins sexuels que les femmes, et qui acceptent plus souvent un rapport non désiré.</p>
<p>On voit que la <strong>naturalisation du désir</strong> est ainsi corrélée à une vision différentialiste de la sexualité (les hommes et les femmes n’ont pas les mêmes besoins) qui cautionne les inégalités dans le couple. L’étude montre en effet que ceux qui pensent que les femmes et les hommes sont différents ont plus souvent des pratiques inégalitaires dans la vie du couple.</p>
<p>Il y a donc un lien entre la croyance en l’existence de rôles féminins et masculins et l’homophobie. Ceux qui croient fermement à la nature des hommes et des femmes sont ceux qui rejettent une vision du couple qui leur paraît « contre-nature ».</p>
<p>L’évolution des mentalités offre pourtant des raisons de se réjouir : hommes comme femmes semblent peu à peu s’affranchir de ces rôles et s’ouvrir à des modes de vie plus ouverts sur la diversité des expériences.</p>
<p>Il en est ainsi des <strong>pratiques sexuelles</strong> : le cunnilingus et la fellation sont clairement rentrés dans les mœurs, la sodomie est en augmentation. Depuis les années 70, on observe une décentration de la représentation associant la sexualité à la pénétration, notamment vaginale. Encore une fois, cette évolution va de pair avec une sexualité affranchie d’une fonction purement reproductive.</p>
<p>Détail intéressant à noter : en matière de <strong>sodomie</strong>, les chercheurs ne distinguent pas la pratique active de la pratique passive ; il est donc impossible de savoir si les hommes hétérosexuels affirmant la pratiquer ne sont pas seulement les pénétrants, mais aussi les pénétrés. La sodomie est peut-être ce qui nous renseigne le mieux sur l’évolution des rapports de domination entre les genres, renvoyant à une symbolique ancestrale, on peut donc poser l’hypothèse qu’un accroissement des hommes osant dire qu’ils sont sodomisés par leur partenaire féminine irait dans le sens de rapports plus égalitaires. Dimension qu’il serait intéressant d’inclure dans la prochaine enquête, mais c’est l’évolution des représentations des chercheurs dont il est question ici…</p>
<p>La <strong>dissociation entre sexe et affectivité</strong> progresse et ouvre sur une sexualité départie du carcan conjugal, on peut cependant regretter que cette progression soit beaucoup plus lente chez les femmes, qui restent ancrées dans une logique conjugalo-affective liée aux enjeux procréatifs. La sexualité masculine quant à elle, reste pensée comme un fait de nature et associée au besoin et au plaisir.</p>
<p>En conclusion, si les mœurs semblent progresser et tirer les individus vers une vie sexuelle plus libre et diversifiée, le clivage masculin/féminin persiste et nous empêche encore de jouir véritablement <em>ensemble</em>, j’entends par là, femmes et hommes, hommes et hommes, femmes et femmes.</p>
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		<title>Alexandre Gamberra &#8211; Un amour sans merci</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Oct 2008 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monsieur R.</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Novembre 2008]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[SM]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Un amour sans merci</em> est la toute première parution dans la collection &laquo;&nbsp;Vertige Roses&nbsp;&raquo; des éditions Tabou, collection autoproclamée &laquo;&nbsp;de romans populaires&nbsp;&raquo;, ce que la couverture très S.A.S. du livre ne démentit en effet pas. Mais attention, <em>Un amour sans merci </em>n&#8217;est pas un roman de gare pour autant, pas un roman à consommer mais plutôt à comprendre et intégrer, et donc à lire avec concentration et minutie. Du reste, <em>Un amour sans merci </em>n&#8217;est pas un roman mais un récit, celui de l&#8217;histoire d&#8217;amour SM tragique qu&#8217;a vécue l&#8217;auteur du livre, qui s&#8217;exprime à la première personne en ne travestissant que son nom civil au profit d&#8217;un pseudonyme d&#8217;écrivain. Une histoire vraie donc, vraie dans un sens qui outrepasse les limites de la véracité des faits qui ne constituent pas une fin un soi, mais plutôt une trame qui sert de point de départ à une longue et passionnante réflexion introspective et psychanalytique sur l&#8217;amour, l&#8217;engagement, la confiance, l&#8217;abnégation&#8230; mais aussi sur le SM, donné à voir sous un jour nouveau en révélant un maître aussi manipulé par son esclave qu&#8217;il la domine de ses sévices, un maître qui s&#8217;avère aussi fragile et vulnérable qu&#8217;il peut se montrer dur avec son aimée. Ce soucis de transparence et de vérité, associé à un style mâture et épuré, fait d&#8217;<em>Un amour sans merci </em>un livre important, un livre qui dit des choses sur l&#8217;époque, un livre apte à traverser les âges et offrir un témoignage précieux aux générations futures comme peuvent l&#8217;être ceux de Houellebecq, dont la forme du propos partage nombre de points communs avec celui de Gamberra. Peu d&#8217;auteurs peuvent se targuer de signer de tels livres, y compris chez les éditeurs les plus influents du sérail chez lesquels Gamberra aurait du être publié si le marché littéraire n&#8217;était pas entre les mains des couards. Car enfin, une femme qui se fait baiser par un chien, trop risqué&#8230; Grâce soit rendue aux intrépides éditions Tabou d&#8217;avoir donné vie à ce texte précieux.</p>
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