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	<title>L&#039;Autre Sexe &#187; amour</title>
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	<description>Le magazine des sexualités au pluriel (manifestement)</description>
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		<title>L&#8217;amour et le sexe selon Lagerfeld</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Mar 2010 15:12:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monsieur R.</dc:creator>
				<category><![CDATA[Zapping]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Je n&#8217;aime pas coucher avec les gens que j&#8217;aime vraiment. Je n&#8217;aime pas coucher  avec eux car le sexe ne dure pas, mais l&#8217;affection peut durer pour toujours. Je  pense que c&#8217;est plus sain.&#160;&#187;
(Karl Lagerfeld)
source
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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Je n&#8217;aime pas coucher avec les gens que j&#8217;aime vraiment. Je n&#8217;aime pas coucher  avec eux car le sexe ne dure pas, mais l&#8217;affection peut durer pour toujours. Je  pense que c&#8217;est plus sain.&nbsp;&raquo;</em></strong><br />
(Karl Lagerfeld)<br />
<a href="http://www.leparisien.fr/laparisienne/mode/quand-karl-lagerfeld-nous-parle-de-pornographie-20-03-2010-856648.php" target="_blank">source</a></p>
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		<title>Il était une fois… une saint valentin et des célibattantes.</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Jan 2009 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lina C.</dc:creator>
				<category><![CDATA[Février 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Il était une fois...]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[célibat]]></category>
		<category><![CDATA[couple]]></category>
		<category><![CDATA[Saint Valentin]]></category>

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		<description><![CDATA[Il était une fois un 14 février du début de ce siècle, quatre jeunes femmes hétérosexuelles célibataires et un sapin de Noël.
Je fêtais la Saint Valentin avec ma colocataire et deux de ses amies, au pied du sapin que, pour faire plaisir à ma mère, j’avais acheté quelques semaines auparavant, et qui finissait là de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Il était une fois un 14 février du début de ce siècle, quatre jeunes femmes hétérosexuelles célibataires et un sapin de Noël.</strong></p>
<p>Je fêtais la Saint Valentin avec ma colocataire et deux de ses amies, au pied du sapin que, pour faire plaisir à ma mère, j’avais acheté quelques semaines auparavant, et qui finissait là de crever doucement.</p>
<p>Quelques éléments de contexte. Ma colocataire et ses copines étaient diplômées, professionnellement actives, gagnaient honorablement leur vie et correspondaient à peu près au profil de ce qu’on commençait à l’époque à appeler les « célibattantes ». Plutôt jolies, talons, maquillage, shopping le samedi après-midi, afterwork en semaine et sorties les week-ends dans des lieux dits branchés de la capitale, and Co.</p>
<p>Un autre point commun les réunissait : elles avaient passé la majeure partie de leur vie sans hommes en particulier, et se défendaient plutôt d’en avoir besoin, alors même qu’elles parlaient beaucoup, beaucoup d’eux. Quelques aventures ici ou là, quelques « sexfriend » ou coups d’un soir, mais, sauf pour l’une d’elles qui avait connu une histoire à l’âge de vingt ans, jamais un homme n’avait pris une place dans leur vie. Non. Je les connaissais, de plus ou moins loin, depuis presque dix ans : elles avaient cheminé seules, sans s’installer dans une relation amoureuse un tant soit peu durable, sans même une vie sexuelle régulière.</p>
<p>Moi pour qui le sexe et les relations amoureuses étaient grosso modo le point central de l’existence, j’avais jusqu’ici vécu, pour beaucoup, dans l’espoir de construire avec un homme, une relation épanouissante : leur situation m’était tout-à-fait étrangère. Même dans mon célibat, qui durait depuis six mois environ, les hommes et le sexe étaient omniprésents et j’allais de rencontres en expérimentations. Je sortais, me baladais sur Meetic, discutais, écrivais, rencontrais. J’en profitais pour flirter avec la diversité des essences masculines.</p>
<p>Revenons à cette St Valentin. La discussion est partie en vrille précisément au moment où l’une d’elles, prenant moult pincettes je le voyais, m’a dit que j’avais peut-être un problème avec les hommes et l’amour, qu’il n’était pas normal que ça soit si important pour moi, notamment que je passe si longtemps sur des sites de rencontres. Mais pourquoi avoir tant besoin d’un homme ? me demanda-t-elle en faisant les gros yeux. A l’entendre, ça l’étonnerait pas que ça soit un peu pathologique.</p>
<p>Ma première réaction, outre que je me demandais comment elle pouvait bien avoir une idée du temps que je passais sur des sites de rencontres et donc soupçonnais ma colocataire d’en faire un sujet de conversation de leurs soirées désœuvrées entre filles, fut de protester. Non, je n’avais pas de problèmes, j’appréciais de vivre seule. Et puis très vite, je n’étais pas à l’aise dans cette argumentation. Elle avait raison : je passais un temps considérable sur ces sites, à écrire des mails, à tchatter, j’avais du rencontrer une douzaine d’hommes au cours des six derniers mois, mais surtout, je ressentais depuis quelques temps un manque terrible de ne pas partager ma vie avec quelqu’un. Fort agréable au début, mon célibat commençait sérieusement à me peser. J’avais bien essayé, je n’y arrivais pas. J’étais seule, trop seule, ma vie sexuelle avec plusieurs « amants » ne me satisfaisait plus. J’avais besoin d’un homme dans ma vie. Un seul, longtemps.</p>
<p>Je leur ai dit. Là, ça y’était, j’avais avoué ma faute, elles pouvaient me dire ce qu’elles semblaient avoir sur le cœur depuis des mois : je n’étais pas indépendante, je n’étais pas capable de vivre pour moi-même. Elles avaient même l’idée que j’étais prête à rencontrer n’importe qui plutôt que personne. Mais le plus important dans leur discours était que mon « problème » était mis au regard de leur indépendance à elle, de leur liberté féminine. Et puis, les ami(e)s, ça apporte tout ce qu’il faut. D’ailleurs, si homme elles rencontraient, hors de question d’y renoncer à cette liberté et à leur groupe d’ami(e)s à tel point qu’elles ne savaient pas si elles étaient « prêtes » à vivre une histoire amoureuse. Effectivement, depuis toutes ces années, leur identité s’était construite en dehors d’une relation suivie avec quelqu’un, en dehors d’une dimension sexuée et sexuelle partagée. Elles n’avaient jamais été la femme de, et ne s’en portaient pas si mal à les voir pavaner ainsi devant ma faiblesse.</p>
<p>Elles continuaient : il ne faudrait pas que je m’étonne si ça ne marche pas, les sites de rencontre. L’amour, on ne le provoque pas, c’est inutile. Il vient quand on ne l’attend pas, c’est la règle. Mais où ? Quand ? leur demandais-je ? N’importe où, n’importe quand. Dans une manif, un homme les ayant d’abord discrètement regardées derrière sa banderole, les inviterait naturellement à prendre un café lors de la dispersion des troupes ; ou au supermarché, dans un même élan qu’elles, il tenterait de rattraper la bouteille de vin prête à tomber du tapis roulant ; ou bien il ferait un peu trop de bruit avec sa petite cuiller au café pour attirer leur regard et entamerait dans la foulée une conversation passionnante ; ou encore, au gymnase ou à la piscine, il leur ramènerait gentiment la veste qu’elles avaient oublié après le cours. Voilà, c’était simple. L’homme surgirait.</p>
<p>Et puis même, imaginons que je rencontre quelqu’un sur internet, qu’est-ce que j’allais raconter à mes enfants et petits-enfants ?</p>
<p>Fichtre, je n’y avais pas pensé. C’est vrai que ça fait moins bien que le type à la banderole, une histoire d’amour qui part d’un rencard sur meetic. Ce que j’ai réussi à leur dire, c’est qu’il me semblait ne pouvoir être pleinement femme sans un homme avec qui partager cette « condition », et accueillir la sienne. Que je me sentais sans cela inachevée, frustrée. A ce moment de la discussion, je l’ai vu dans leurs yeux, on touchait du doigt mon véritable problème : une conception de la femme liée à l’homme, donc complètement archaïque et qui remettait en cause toutes ces luttes féministes qu’elles convoquaient sans les connaître.</p>
<p>Mais voilà, comment dire la valeur de la confrontation de deux histoires, deux identités, en outre de genre différent, dans une relation impliquant sentiments, émotions, plaisirs, sexe, enjeux à court, moyen, éventuellement long terme ? comment dire son rôle dans la construction de soi, à quelqu’un qui ne l’a jamais connu ? Je ne pouvais leur répondre, j’étais déclarée malade par des jeunes femmes n’ayant non seulement jamais connu la santé, mais prétendant que la santé, finalement, hein, on s’en passe bien.</p>
<p>En effet, dans ces conditions, on s’en passe. A bien y regarder, les demoiselles en question n’étaient pas idéalement placées pour me faire la leçon sur la manière dont je gérais mon rapport à l’amour, au sexe, aux hommes. Ce sont les mêmes qui se sont retrouvées à des rendez-vous foireux, où personne n’a rien à se raconter. A passer des nuits avec des rustres qui leur ont sauté dessus et les ont laissées avec un goût amer le lendemain. Les mêmes qui évaluent la qualité d’un rendez-vous au temps que le premier texto de l’homme en question met à arriver après leur rencontre, puis débattent collectivement pendant des heures du sens de la moindre virgule dudit texto (si tant est qu’il ait été envoyé). Mais aussi, ce sont elles qui se rendent, pour des soirées entre copines dans quelque bar, apprêtées davantage encore que lorsque je me rendais à les rendez-vous ouvertement sexuels avec mes amants. Leur rapport aux hommes est entravé par le jeu de dupes qu’elles cultivent entre filles : si elles sont seules, ce n’est pas parce que personne ne s’intéresse à elle, non, c’est parce qu’elles n’ont pas trouvé un homme à leur hauteur. Et les filles qui n’ont pas trouvé d’homme à leur hauteur, elles se maquillent, beaucoup, et marchent la tête haute.</p>
<p>Cette soirée m’a laissée avec un peu de colère et de tristesse. Nos relations avec les hommes souffrent de conceptions féminines de l’amour et de la liberté qui laissent peu d’espace à l’altérité. Aujourd’hui, deux ans plus tard, je crois encore davantage à la puissance de la relation amoureuse dans la construction de soi : célibattante je ne serai jamais, célibataire épanouie guère longtemps, célibattue d’avance. J’ai besoin d’expérimenter, le temps qu’elle dure, une relation avec ses chaos, ses tristesses, son temps qui passe, son désir qui se transforme, pour caresser de temps à autres le petit plaisir fou de partager l’essentiel. Construire ce lien privilégié que constitue le partage d’une condition sexuelle, pour vivre, mûrir et vieillir pleinement en tant qu’individu femme. Reconnaître ce besoin, c’est faire un pas vers l’autre, pour la véritable cause des femmes, et celle des hommes.</p>
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		<title>Interview d&#8217;Alexandre Gamberra, octobre 2008</title>
		<link>http://lautresexe.com/2008/11/01/interview-dalexandre-gamberra-octobre-2008/</link>
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		<pubDate>Fri, 31 Oct 2008 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monsieur R.</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'interview du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Novembre 2008]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[SM]]></category>

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		<description><![CDATA[« Un amour sans merci », c&#8217;est une histoire de cul ? Une histoire de SM ? Une histoire d&#8217;amour ? Une histoire de quête introspective ? Une histoire de quoi ?
C’est l’histoire déraisonnable d’un homme de 44 ans qui s’éprend d’une jeune femme qui pourrait être sa fille, elle a en effet 23 ans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: black; font-weight: 700;">« Un amour sans merci », c&#8217;est une histoire de cul ? Une histoire de SM ? Une histoire d&#8217;amour ? Une histoire de quête introspective ? Une histoire de quoi ?</span></p>
<p><span style="color: black;">C’est l’histoire déraisonnable d’un homme de 44 ans qui s’éprend d’une jeune femme qui pourrait être sa fille, elle a en effet 23 ans au moment de leur rencontre, et qu’il aime parce qu’il la voit comme l’incarnation même de la totalité de ses désirs. Et ce malheureux, qui a pourtant lu Proust et qui sait par cœur son <em>Amour de Swann</em>, qui d’ordinaire est un esprit fort, suffisamment adroit pour déjouer les illusions et les mirages d’une société de l’information fondée sur l’empire du simulacre et le règne des objets, va faire les frais, faute de distance et de lucidité suffisante, d’une passion qui n’en est une que par la rhétorique de son discours.</span></p>
<p><span style="color: black;">Ce récit met surtout l’accent sur la difficulté, pour ne pas dire la quasi impossibilité de la relation amoureuse.</span></p>
<p><span style="color: black;">Comme les protagonistes ont une sexualité sadomasochiste, le livre évoque cette communauté émergente et décrit quelques-unes des pratiques qui y ont cours. Il n’est pas pour autant un document, encore moins une enquête sociologique.</span></p>
<p><span style="color: black;">Certains trouveront l’ouvrage sulfureux, d’autres aimeront son caractère érotique, et ici et là transgressif. Comment pourrait-on parler d’amour en faisant l’économie du sexe et du jouir ? L’amour ne se fait-il pas dans des draps, avec de la sueur, du sperme et de la cyprine ?</span></p>
<p><span style="color: black;">Ce faisant, j’ai construit la trame narrative en entremêlant deux voix : celle du narrateur qui s’en tient aux faits, et celle plus en retrait de cet homme qui, en se remémorant sa débâcle, s’efforce de la comprendre et de l’analyser.</span></p>
<p><span style="color: black; font-weight: 700;">Vous empruntez beaucoup au vocabulaire psychanalytique. Est-ce un postulat stylistique, ou l&#8217;écriture naturelle de l&#8217;écrivain (analysé ?) que vous êtes ?</span></p>
<p><span style="color: black;">Je ne suis pas analysé. Je n’ai jamais été analysant. Je n’ai pas fait d’analyse. Mais je lis de la psychanalyse et m’y intéresse depuis la fin de mon adolescence. J’étais en Terminale quand j’ai eu l’occasion de rencontrer Marc Soriano qui avait remarquablement commenté les contes de Perrault. Je me souviens d’un déjeuner en sa maison du bassin d’Arcachon durant lequel il s’était adressé à nous, les amis de l’une de ses filles, pour nous conseiller de tout oublier de nos études et de nos lectures, mais de ne jamais tourner le dos à Marx et à Freud. Nous avions pris de haut cet homme, qui avait pendant des années travaillé aux <em> Lettres françaises</em>, le jugeant assagi et rangé. Quelque temps plus tard, j’ai beaucoup fréquenté Althusser, pour des raisons politiques, mais il m’est souvent arrivé de discuter avec lui de Lacan et de la psychanalyse. En fait, voilà trente ans que je m’efforce de me comprendre, sachant que je suis agi, le plus souvent, quand je crois agir.</span></p>
<p><span style="color: black;">Ces références à la psychanalyse ne relèvent donc pas d’un procédé d’écriture. Elles participent d’une grille d’interprétation du monde et des êtres qui requiert une permanente lecture symptomale des rapports dans lesquels nous sommes pris.</span></p>
<p><span style="color: black;">En rédigeant <em>Un amour sans merci</em>, j’avais en tête de trouver la langue, le style, qui me permettrait de dire l’amour et le sexe aujourd’hui. Pas dans la langue de Proust, que j’admire, mais qui n’est pas la langue que nous parlons désormais, ni pour communiquer ni pour nous aimer. Je n’ai pas cherché à écrire un livre susceptible d’échauffer les sens et l’esprit du lecteur. Certains passages sont érotiques, voire pornographiques, mais c’est avant tout un livre de littérature. Evidemment, les choses étant ce qu’elles sont dans cette société d’apparence, l’ouvrage est au rayon « érotique » des librairies. Je m’en amuse : <em>Un amour sans merci</em> côtoie ainsi <em>Un roman sentimental</em> d’Alain Robbe-Grillet… </span></p>
<p><span style="color: black; font-weight: 700;">En complément de ce « cadre psychanalytique », votre histoire évolue dans un « cadre littéraire » omniprésent, en l&#8217;occurrence celui du surréalisme, spécialité du professeur d&#8217;université et de son étudiante qui forment le couple amoureux du livre. Pourquoi cadrer ainsi votre récit ?</span></p>
<p><span style="color: black;">D’abord, parce que l’histoire vécue par le narrateur avec Tristars, son étudiante, s’est déroulée sous ces ors. Et qu’il a cru que cette jeune femme serait dans sa vie ce que Nadja avait été pour Breton, la survenante.</span></p>
<p><span style="color: black;">Ensuite, en tant qu’auteur, et en tant qu’homme,- je laisse momentanément de côté l’universitaire qui a consacré pas mal d’énergie à l’étude de l’œuvre de René Crevel -, je suis particulièrement sensible à une conception de l’art et de la littérature en rapport direct avec l’existence.</span></p>
<p><span style="color: black;">Vous savez, à 50 ans comme à 20 ans, je suis de celles et de ceux qui se reconnaissent dans le poème d’André Breton : « Plutôt la vie… » C’est mon « programme ». C’est à cette aune que j’appréhende la production littéraire et artistique.</span></p>
<p><span style="color: black;"><strong>Vous vous référez aussi à plusieurs reprises à Houellebecq, et de fait, la fille jeune et fraîche qui échappe inexorablement à l&#8217;homme vieillissant qu&#8217;incarne votre héros évoque beaucoup l&#8217;amour tragiquement dépeint dans « La possibilité d&#8217;une île ». Le si décrié Houellebecq est-il une référence que vous revendiquez ?</strong></span></p>
<p><span style="color: black;">Le lien de parenté entre Tristars dans <em>Un amour sans merci</em> et Esther dans <em>La possibilité d’une île</em> est bien plus grand que ce que l’on pourrait imaginer. Mais… Je suis rentré des Etats-Unis en mai 2005 avec le premier jet de mon récit. Houellebecq n’avait pas encore publié son roman. Quand je l’ai lu, j’ai constaté que ses analyses concernant notamment la jeunesse recoupaient ou convergeaient avec mes propres vues. Comme j’ai quelques défauts, j’en ai retiré une certaine satisfaction…</span></p>
<p><span style="color: black;">Mais je reviens à votre question.</span></p>
<p><span style="color: black;">Je lis Houellebecq, en effet. Et je trouve que cet écrivain a le mérite d’avoir une ambition, celle de contribuer à ce que la littérature française renoue enfin avec l’Histoire et du même coup avec ce qu’il était convenu d’appeler jadis « la Grande Littérature »… Houellebecq n’a pas peur des livres qui dérangent, il veut déranger avec les siens. Alors j’applaudis !</span></p>
<p><span style="color: black;">Je ne m’inscris pas pour autant dans son esthétique. Encore moins dans sa philosophie. Accordez-moi le droit de saluer un écrivain, la hardiesse de son questionnement, sans devoir pour autant <em>adhérer</em> à sa vision du monde… J’ai passé, heureusement, l’âge de l’adhésion !</span></p>
<p><span style="color: black;">A titre d’anecdote, comment pourrais-je me reconnaître dans ce que Houellebecq peut énoncer du sadomasochisme ? Sa description du défunt « Bar-Bar » dans <em>Les Particules élémentaires </em> est loin de faire l’apologie de ma sexualité<em>…</em> Je m’en fiche parce qu’au moins ces livres donnent à penser sur l’épuisement du désir en Occident, la farce de l’amour, le devenir incertain d’une humanité en proie aux bio-technologies, etc. .. Je regrette juste que ces dernières semaines, en participant avec BHL à la promotion de leur livre d’entretiens, il n’ait jamais cru bon de faire entendre qu’il n’était pas dupe du cirque médiatique auquel il se prêtait avec son compère…car… enfin… Houellebecq écrivain maudit… cela fait sourire… mais je me trompe peut-être… il se pourrait qu’il ait, comme Céline, une ficelle en guise de ceinture pour tenir ses pantalons…</span></p>
<p><span style="color: black; font-weight: 700;">Comme Houellebecq dans « La possibilité d&#8217;une île », vous évoquez à la fin de votre texte la Lolita de Nabokov. Votre Tristars est-elle une Lolita de plus dans l&#8217;histoire de la littérature ? </span></p>
<p><span style="color: black;"> Si Tristars est une Lolita de plus, c’est déjà pas mal du tout… Le compliment n’est pas mince. Même si je me suis longtemps demandé ce que je pouvais dire de plus que Nabokov ou Philip Roth en la matière… Allez, je me « lâche » : j’aimerais que Tristars ait sa propre vie et qu’elle existe par elle-même.</span></p>
<p><span style="color: black;"><strong>Quelle est la part autobiographique de votre histoire ?</strong></span></p>
<p><span style="color: black;">Sous réserve des limites du genre (la difficulté ou l’impossibilité à dire le « vrai »), <em>Un amour sans merci</em> n’est pas un roman mais un récit. Je n’ai pas projeté une part de ma vie dans la déroute que connaît mon narrateur, je me suis efforcé de raconter l’histoire d’amour dans laquelle je me suis embraqué de décembre 2000 à avril 2003.</span></p>
<p><span style="color: black;">Si vous voulez classer et identifier mon ouvrage, il ressort de l’écriture de l’intime. Et comme j’ai parfois de la suite dans les idées, je soutiendrai qu’il est un récit de vie. Un récit de vie ne mimant pas ceux de Breton, mais qui a été conçu et élaboré en vue de donner une forme contemporaine au genre (si genre il y a). Vous avez remarqué, n’est-ce pas, que Georges Sebbag, dont l’ancrage dans le surréalisme n’est plus à démontrer, a été mon premier lecteur. Le livre lui est d’ailleurs dédicacé.</span></p>
<p><span style="color: black; font-weight: 700;">Alexandre Gamberra est votre « nom d&#8217;écrivain » ; sans aller jusqu&#8217;à révéler votre nom civil, quel est votre métier, votre fonction originelle si vous n&#8217;êtes pas écrivain. Bref : qui êtes vous ?</span></p>
<p><span style="color: black;">Je ne me nomme pas Gamberra à l’état-civil, c’est vrai. J’ai pris un nom d’écrivain pour signer ce livre. Pas un pseudonyme, mais un nom d’écrivain. N’oublions jamais que Philippe Sollers et Christine Angot ne se nomment pas ainsi à l’état-civil…</span></p>
<p><span style="color: black;">Est-ce que je me cache derrière Gamberra. Je ne le crois pas. Juste avant de signer le contrat que me proposait mon éditeur, Thierry Plée, la jeune femme qui était alors ma compagne m’a demandé d’opter pour cette solution afin de la protéger, elle. J’ajoute que j’ai un fils de 14 ans et que j’aimerais bien qu’on le laisse tranquille, qu’on n’aille pas l’importuner en l’interrogeant à propos de son père.</span></p>
<p><span style="color: black;">C’est une première raison.</span></p>
<p><span style="color: black;">Il y en a une seconde : depuis la sortie du livre, j’ai pris goût à me glisser dans les habits de l’écrivain… A l’université où j’enseigne, cela me permet non pas de cloisonner ma vie mais de bien distinguer le travail de l’universitaire, de ma vie privée, de mon travail d’écriture… Maintenant je ne cache pas que j’écris… que je suis publié… Et ma vie ? Je ne suis pas au centre des préoccupations de mes collègues et de nos étudiants, mais celles et ceux qui veulent savoir, savent… Pour les uns, je ne suis guère fréquentable, pour les autres, je fais passer un vent nouveau dans une institution plutôt percluse de rhumatismes et de préjugés. Les thèmes de mes colloques et de mes publications universitaires, les invités que je reçois me marginalisent dans le paysage universitaire français. Il faudrait le déplorer. Je m’en arrange. Ni dans ma vie ni dans mon travail je ne suis dans la dissimulation. Et le narrateur d’<em>Un amour sans merci</em> n’est pas un leurre : je suis bien universitaire, en poste dans une ville française, où j’enseigne la littérature contemporaine, les avant-gardes artistiques, les questions relatives aux représentations du corps, des sexualités et des genres en arts et dans la littérature, les littératures noires d’expression française… Si vous me « googler », vous trouverez aisément mon identité. Mais est-ce l’essentiel ? A mes yeux, ce qui est déterminant, c’est de savoir si <em>Un amour sans merci</em> est un bon livre, bien écrit, et portant un regard décapant sur notre monde et nous-mêmes…</span></p>
<p><span style="color: black; font-weight: 700;">Ce livre doit-il être considéré comme un manifeste pour l&#8217;amour SM ? Ou à défaut, comme un point de vue militant sur la question ?</span></p>
<p><span style="color: black;">Vous y allez vraiment fort ! C’est entre 15 et 25 ans que j’ai milité. Aujourd’hui, non ! quelle idée ! Un manifeste, un point de vue militant ? En aucune façon. Je pense que la société française, jacobine et républicaine, est en pleine mutation et que son avenir passe par les communautés. Ce futur ne m’effraie pas. La communauté BDSM est en train de se constituer. Timidement. Dans la confusion. Dans la parodie. Mais le mouvement est lancé. Si cela permet à des milliers de femmes et d’hommes de mieux vivre, je m’en réjouis par avance. Et sans la moindre réserve. Mais là n’était pas le but de ce livre. Je ne verse pas dans le prosélytisme et mon propos n’est pas de « convertir » quiconque à la sexualité SM.</span></p>
<p><span style="color: black;">J’ai écrit <em>Un amour sans merci</em> parce qu’un tournant s’est opéré dans ma vie et que j’ai trouvé ma voix. A 20 ans, à 30 ans, j’ai essayé d’écrire et j’ai trouvé ces tentatives si dérisoires que j’ai tout balancé. Un soir d’été, en 2003, au <em>Sélect</em> (je n’y peux rien, c’est ainsi) une amie, l’écrivaine Judith Brouste, a déclenché en moi le processus d’élaboration. Je l’ai écoutée. J’ai commencé à consigner sur mon ordinateur mes premières réflexions, des bribes de récit, et il m’a semblé que, pour la première fois, ce que j’écrivais « tenait »… La suite a été simple. Quand je me suis trouvé au Texas pour un <em>Faculty Exchange Program</em>, j’étais dans les conditions idéales pour écrire. C’est donc dans la Rio Grande valley qu’est né <em>Un amour sans merci</em>. </span></p>
<p><span style="color: black;"><strong>Que différencie &laquo;&nbsp;Un amour sans merci&nbsp;&raquo; d&#8217;un autre livre sur le SM ?</strong></span></p>
<p><span style="color: black;">Je vous répondrai sans hésiter la figure du « Maître » : dans tous les livres SM que je connais,- j’en ai lu beaucoup -, le « Maître » apparaît comme un être raide comme la statue du Commandeur qui précipite Don Juan aux enfers… C’en est une caricature… Je ne peux pas m’y reconnaître. Aussi n’ai-je pas besoin de m’abriter derrière Gilles Deleuze et son texte sublime consacré à Sacher-Masoch et à sa <em>Vénus à la fourrure</em> pour avancer que le « Maître » n’est pas, n’est jamais celui qui dirige… Il est instrumenté par la soumise laquelle induit ses désirs et ses rêves. J’adore <em>Histoire d’O</em> – une si belle écriture – mais, excusez-moi, je n’ai pas beaucoup rencontré d’individus pouvant prétendre s’identifier à Sir Stephen. Ou alors ils avaient perdu le sens de la réalité…</span></p>
<p><span style="color: black;">Le narrateur d’<em>Un amour sans merci</em> est un « Maître » qui exige, dresse, corrige, punit… et que son amoureuse dupe, retourne, manipule… et qui pour échapper à la folie, sans doute à la mort volontaire, doit recourir à la camisole chimique…</span></p>
<p><span style="color: black;">Je ne sais ce que vous en pensez mais je suis enclin à croire que la force de mon livre réside dans ce parti-pris de dévoiler la fragilité du « Maître », c’est-à-dire son humanité.</span></p>
<p><span style="color: black; font-weight: 700;">Vous êtes sélectionné pour le Prix Sade qui sera remis le mois prochain. Vous êtes heureux ? Flatté ? Avez le trac ?</span></p>
<p><span style="color: black;">Je mentirais si je ne reconnaissais pas que je suis heureux que mon livre figure dans la Sélection du Prix Sade 2008. C’est mon premier livre, personne ne connaît Gamberra, la presse ignore <em>Un amour sans merci </em>depuis sa sortie fin mai. Et voilà que le livre est sélectionné par le jury du Prix Sade ! Vous allez rire : dans mon travail d’universitaire, pour mon plaisir de lecteur, je connais et lis les travaux et les ouvrages de Guy Scarpetta…</span></p>
<p><span style="color: black;">Et il se trouve qu’<em>Un amour sans merci</em>, ce récit publié chez un petit éditeur dont la maison n’a que trois ans d’existence, est sélectionné au même titre que le livre de Scarpetta !!! je laisse le soin aux imbéciles de s’entêter à présenter mon livre comme un ouvrage « érotique »…</span></p>
<p><span style="color: black;">Je suis donc heureux de cette sélection. Elle confirme ce que plusieurs ami(e)s – de bons lecteurs, des écrivains – m’avaient confié : le livre « tient »…</span></p>
<p><span style="color: black;">Et maintenant ? J’évite de spéculer. J’ai la conviction qu’<em>Un amour sans merci</em> tient un discours et présente une écriture dont l’économie correspond à merveille avec l’esprit du Prix Sade, en l’occurrence un attachement indéfectible à la liberté. C’est en vertu de ce principe que je m’efforce de me conduire, c’est en fonction de cette exigence que je veux continuer d’écrire.</span></p>
<p><span style="color: black;">Pour autant, j’en remets au Jury. La décision lui appartient. </span></p>
<p><span style="color: black; font-weight: 700;">Quelque chose à ajouter ?</span></p>
<p>Oui, d’abord je vous remercie, très sincèrement, pour l’intérêt que vous voulez bien porter à mon livre et à ma personne.</p>
<p>Ensuite, je voudrais dire mon affection et ma reconnaissance envers l’écrivaine Marie L., ma petite sœur spirituelle, qui a toujours cru à ce livre et ne cesse de m’encourager.</p>
<p>Et enfin, à travers vous, j’envoie des pensées trempées d’amour « carmin » à Anaïs (qui se reconnaîtra).</p>
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		<title>Alexandre Gamberra &#8211; Un amour sans merci</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Oct 2008 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monsieur R.</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Novembre 2008]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[SM]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Un amour sans merci</em> est la toute première parution dans la collection &laquo;&nbsp;Vertige Roses&nbsp;&raquo; des éditions Tabou, collection autoproclamée &laquo;&nbsp;de romans populaires&nbsp;&raquo;, ce que la couverture très S.A.S. du livre ne démentit en effet pas. Mais attention, <em>Un amour sans merci </em>n&#8217;est pas un roman de gare pour autant, pas un roman à consommer mais plutôt à comprendre et intégrer, et donc à lire avec concentration et minutie. Du reste, <em>Un amour sans merci </em>n&#8217;est pas un roman mais un récit, celui de l&#8217;histoire d&#8217;amour SM tragique qu&#8217;a vécue l&#8217;auteur du livre, qui s&#8217;exprime à la première personne en ne travestissant que son nom civil au profit d&#8217;un pseudonyme d&#8217;écrivain. Une histoire vraie donc, vraie dans un sens qui outrepasse les limites de la véracité des faits qui ne constituent pas une fin un soi, mais plutôt une trame qui sert de point de départ à une longue et passionnante réflexion introspective et psychanalytique sur l&#8217;amour, l&#8217;engagement, la confiance, l&#8217;abnégation&#8230; mais aussi sur le SM, donné à voir sous un jour nouveau en révélant un maître aussi manipulé par son esclave qu&#8217;il la domine de ses sévices, un maître qui s&#8217;avère aussi fragile et vulnérable qu&#8217;il peut se montrer dur avec son aimée. Ce soucis de transparence et de vérité, associé à un style mâture et épuré, fait d&#8217;<em>Un amour sans merci </em>un livre important, un livre qui dit des choses sur l&#8217;époque, un livre apte à traverser les âges et offrir un témoignage précieux aux générations futures comme peuvent l&#8217;être ceux de Houellebecq, dont la forme du propos partage nombre de points communs avec celui de Gamberra. Peu d&#8217;auteurs peuvent se targuer de signer de tels livres, y compris chez les éditeurs les plus influents du sérail chez lesquels Gamberra aurait du être publié si le marché littéraire n&#8217;était pas entre les mains des couards. Car enfin, une femme qui se fait baiser par un chien, trop risqué&#8230; Grâce soit rendue aux intrépides éditions Tabou d&#8217;avoir donné vie à ce texte précieux.</p>
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